Cave In – Heavy Pendulum

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Style: Post Hardcore Psyché GrungisantAnnee de sortie: 2022Label: Relapse

Cave In est décidément imprévisible! Après nous avoir laissés sur notre faim avec le plus court album de son histoire en 2019, le néanmoins excellent Final Transmission, voilà que la bande de Stephen Brodsky prend le contre-pied absolu en sortant tout simplement l’album le plus… long de son histoire. 1h10 au compteur, et on ne va pas essayer de se raconter des blagues en cachant le fait que c’est évidemment et sans surprise trop long… On aurait en effet facilement pu tailler dans le vif pour alléger cet album et le rendre encore meilleur et plus percutant. Ce sera le seul regret à l’écoute de Heavy Pendulum, car pour le reste, le groupe, mis à mal par le décès brutal de son bassiste (et chanteur à la voix si emblématique) Caleb Scofield en 2018, s’est relevé et se montre sous un jour nouveau sur ce nouvel album, fort d’un line-up renforcé par l’arrivée de Nate Newton, bassiste de Converge qui, en plus de son instrument, met aussi sa voix puissante au service du groupe. Fort aussi d’un nouveau deal avec le label Relapse sur lequel le groupe sort ici son huitième album.

Par rapport à son excellent prédécesseur, Heavy Pendulum se montre globalement plus heavy et rentre-dedans (même s’il y avait du violent aussi sur Final Transmission, ne serait-ce qu’avec « Night Crawler » et « Led to the Wolves »), sans renouer avec l’esprit du frondeur White Silence sorti en 2011, notamment du fait d’une production bien plus « clean » d’abord mais aussi parce que Cave In ne sort jamais deux fois le même album. Cette tonalité plus heavy ressort à l’évidence aussi du fait du chant davantage partagé entre Brodsky et les autres membres du groupe, en particulier Nate Newton qui prend la suite de Scofield avec son timbre hardcore sur plusieurs morceaux et en particulier sur l’excellente triplette introductive « New Reality »/ »Blood Spiller » / « Floating Skulls ». Mais il n’est pas le seul à seconder Brodsky, et on retrouve presque un registre à la Alice in Chains sur les couplets de « Blood Spiller » sur lesquels il est cette fois secondé par le guitariste Adam McGrath. Ce dernier fait merveille en duo avec Brodsky, mais aussi en solo (en alternance avec Brodsky) sur « Reckoning », petite merveille de titre. Là où Brodsky était le seul (ou quasi) à chanter sur Final Transmission, qui apparaissait finalement presque davantage comme un album de Brodsky (s’appuyant sur des ébauches de titres venant notamment de Scofield) plutôt qu’un album de Cave In (tout en étant excellent), Heavy Pendulum ressemble bien davantage à l’effort collectif d’un groupe ressoudé et en grande forme, sur lequel le chant est vraiment partagé (même si le chant de Brodksy reste néanmoins le plus mis en avant comme « Careless Offering », un titre qui se transforme d’ailleurs passé sa moitié en déliré psyché et sur lequel Newton intervient finalement vers la fin).

L’ombre de Scofield plane néanmoins encore sur ce nouvel album, le mythique bassiste/hurleur étant encore à l’origine de plusieurs éléments (riffs, ou même paroles) utilisés sur cet album, sur « New Reality », ou « Amaranthine ». Et même si Newton fait un super job également pour remplacer celui qui est si difficile à faire oublier (jusque dans le rôle de grand frère qu’il semble avoir repris, pour notamment empêcher -dixit Brodsky- le groupe de faire de Heavy Pendulum un album de grunge au lieu d’en faire un album de Cave In), son timbre brutal est efficace et fonctionne bien, mais il n’est pas aussi bestial que l’incroyable organe dont était doté Scofield (réécoutez « Serpents » par exemple pour le vérifier rapidement). Une grande perte donc, mais le groupe semble décidé à aller de l’avant, avec l’assentiment de la famille de Caleb.

Et malgré cette page du passé difficile à tourner, malgré aussi la longueur excessive de cet album, l’impression d’homogénéité qu’il dégage est très appréciable et l’on apprécie à sa juste valeur cet album alors que les écoutes passent. On a également moins l’impression que le groupe part dans tous les sens, comme c’était le cas souvent sur les albums de Cave In, par exemple sur White Silence (qui reste néanmoins un excellent album, il ne s’agit pas de remettre cela en cause). Pour autant comme évoqué en introduction, certains titres laissent à penser qu’un travail d’élagage aurait été bénéfique à la solidité et l’efficacité générale de l’album : si « Blinded by a Blaze » est par exemple réussi malgré sa longueur, on ne sera pas aussi enthousiaste s’agissant de « Nightmare Eyes » et ses 7 minutes, et surtout concernant le dernier titre de la plaque (heureusement d’ailleurs qu’il se trouve en dernière position du coup) « Wavering Angel », dont le développement est plutôt intéressant mais s’étire vraiment trop en longueur (ses 12 min auraient pu être ramenées à 6-7 sans porter préjudice au morceau, bien au contraire). Ces moments de longueur qui surviennent aussi à des moments plus surprenants (le passage à vide sur « Careless Offerings ») vont souvent de pair avec les moments où Cave In retombe dans ses travers psyché/jam sur lesquels on aura tendance à penser qu’il n’est pas forcément le plus pertinent.

Il n’en reste pas moins que Cave In livre encore (évidemment!) un très bon album, peut-être pas le meilleur de son histoire, mais un album important pour marquer le démarrage d’une nouvelle ère et s’efforcer de regarder vers l’avenir, sans oublier les tragédies passées mais en essayant de les utiliser pour solidifier encore davantage les fondations du groupe. Un album de transition en quelque sorte, mais quand même un putain de bon album!

Tracklist :
01 – New Reality
02 – Blood Spiller
03 – Floating Skulls
04 – Heavy Pendulum
05 – Pendulambient
06 – Careless Offerings
07 – Blinded by a Blaze
08 – Amaranthine
09 – Searchers of Hell
10 – Nightmare Eyes
11 – Days of Nothing
12 – Waiting for Love
13 – Reckoning
14 – Wavering Angel

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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