Les choses sont allées vite pour Lockslip suite à la sortie en autoproduction de leur premier EP éponyme (2024). Ressorti chez Protagonist Music (je vous en avais parlé à l’époque), celui-ci a attiré l’attention de King Yosef au point de les faire signer sur Bleakhouse, sa propre structure. Le groupe de Los Angeles mené par la chanteuse d’Entry vient donc avec onze nouvelles compos sous le bras, des compos ultra agressives au chaos magnifié par la prod maison du batteur Noah Baxter tandis que le mastering a été assuré par Nick Townsend (Nails, Angel Du$t).
Doté d’une frénésie de tous les instants amplifiée par des basses bien imposantes, The Conversation s’inscrit dans les traces de l’EP, soit une avalanche de complexité et de hurlements hérités de Converge ou de Cult Leader. Exprimant leur goût pour les blastbeats, les breakdowns, ce en multipliant les contretemps, autant dire que la musique du quintet n’est pas de tout repos.
Et au milieu de ce bouillonnement quasi permanent émanent quelques phases sortant du lot, celles émotionnelles telles les mélodies de guitare plus sensibles de « I’m The Same », le climat oppressant sur le ralenti « Inglorious » ou encore les gros roulements hostiles de « Cut Out The Odds ». Et pour compléter le tableau, trois invités se sont joints à la fête, tout d’abord le patron de leur nouveau label King Yosef sur l’introductif « Gray World » (qui donne d’emblée le ton… et le tournis !), Kathryn Edwards de Thirdface sur « Paradise Is Not For Us » (tout à fond) et enfin Todd Jones de Nails sur « Iconoclast » (juste démentiel).
Une énorme tension qui se « calmera » par deux fois, d’abord sur l’interlude ambient « Young » puis sur la conclusion « End The Conversation », titre plus atmosphérique aux trémolos dramatiques avant un final bruitiste laissant entendre un saxo freestyle.
The Conversation se révèle comme un sérieux concurrent au titre de meilleur album de l’année catégorie chaos, cependant Lockslip ne s’enferme pas dans une seule case comme vous l’aurez compris, alliant sa lourdeur métallique et ses moments sensibles. Le résultat est renversant, sa sauvagerie débridée et sa puissance de feu en font un tout douloureux et addictif en même temps. Plus qu’une révélation, un essentiel du genre.
Lockslip
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