Spiritbox – Eternal Blue

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Style: Djenty & Poppy MetalcoreAnnee de sortie: 2021Label: Rise Records / BMG

Cela vous a peut-être échappé mais Spiritbox semble être depuis quelques temps l’objet d’un certain buzz dans le petit monde du metalcore. Buzz qui a évidemment pris de l’ampleur à l’approche de ce premier album longue durée très attendu et sorti il y a déjà plusieurs semaines, après plusieurs EP et singles qui avaient attisé l’appétit des fans du combo canadien. Si le groupe en tant que tel semble nouveau sur la scène (créé effectivement récemment, en 2017 précisément), il est en réalité composé aux 2/3 initialement (puis à la moitié lorsque le groupe s’est retrouvé à 4 membres, putain que je sais bien compter!) de deux membres du groupe Iwrestledabearonce, dont les sorties d’abord déliro/metalcore frénétique évoluant vers du deathcore avaient fait un peu parler du groupe (sans réellement convaincre, en particulier chez nous), avant qu’il plonge dans un hiatus apparemment permanent suite au départ des deux membres à l’origine de la création de… Spiritbox justement : la chanteuse Courtney Laplante (dont on peut voir sur les photos promo que le look a évolué vers bien davantage de sobriété par rapport à celui -metallo/nerd dira-t-on- qui était le sien à l’époque d’Iwrestledabearonce) et son mari Mike Stringer (guitariste).

Je parlais de buzz au début de la chronique, et Eternal Blue, bien reçu par la critique globalement, fait même l’objet de quelques appréciations dithyrambiques, certains voyant dans cet album rien de moins qu’un « game changer » (lui prédisant un impact aussi important que celui généré par la sortie de Hybrid Theory de Linkin Park) tandis que d’autres à peine plus mesurés y voient simplement (sic) un « futur classique ».

Au final si on s’emballe un peu (beaucoup) chez certains collègues, on n’ira tout de même pas jusqu’à dire qu’il s’agit de « beaucoup de bruit pour rien », car ce premier album de Spiritbox est effectivement un (très) bon album qui mérite qu’on s’y attarde un peu.

Œuvrant dans un registre bien plus apaisé que celui de leur précédent groupe, Laplante et Stringer ont néanmoins gardé un goût certain pour le metalcore tout en injectant dans leur musique des rythmiques syncopées évoquant le djent, et en parsemant le tout d’une alternance vocale (signée Courtney donc) entre beuglements metalcore et chant clair planant. Et les morceaux de l’album se baladent justement entre ces différents registres, entre pure orientation pop/metal (les excellents « Hurt You », « The Summit » ou « Constance »), moments plus atmosphériques (« Eternal Blue ») ou agressions beaucoup plus frondeuses (l’enchaînement « Silk in the Strings » / « Holy Roller » sur lequel Courtney s’égosille comme une bête sauvage est à ce titre un pur régal qui donnerait envie de voir Spiritbox durcir le ton sur la majorité de l’album), avec beaucoup d’aisance et de naturel, même si on pourra tout de même trouver la formule quelque peu générique et donc lassante. Petite variation bienvenue justement, la présence de Sam Carter des anglais de Architects, sur le très bon « Yellowjacket » qui envoie bien la purée également. L’atmosphère est parfois bien sombre, voire froide, à l’image des synthés et bidouillages électroniques claustrophobiques sur « Holy Roller ».

Souvent comparés/opposés aux ukrainiens de Jinjer qui font aussi sensation et qui viennent également de sortir un nouvel album (Wallflowers, leur déjà 5ème album) en proposant également du metalcore à chanteuse, il y a tout de même a priori une différence d’approche assez nette entre les deux groupes : Spiritbox étant plus pop et plus propre également, là où Jinjer notamment du fait du chant de Tatiana Shmailyuk, semble lorgner davantage vers le metal barré tout en ayant un son moins clinique et plus brut. Chacun pourra trouver son compte (ou pas) dans un des deux groupes (ou dans aucun), pour ma part du fait de mon goût assumé pour la pop, je me retrouve nettement plus dans le registre des canadiens, les morceaux de Jinjer me fatiguant rapidement sans me convaincre, bien que je reconnaisse que les deux chanteuses soient toutes deux excellentes chacune dans leur propre style (concernant Courtney Laplante cette vidéo illustre bien sa capacité à assurer dans les deux registres clair et brutal).

Alors il paraît tout de même très improbable que cet album marque l’histoire du rock/metal durablement, mais Eternal Blue avec sa pochette magnifique n’en constitue pas moins un très bon moment et une jolie carte de visite qui donne envie de suivre de pas trop loin ce que proposeront les canadiens à l’avenir!

Tracklist :
01 – Sun Killer
02 – Hurt You
03 – Yellowjacket (feat. Sam Carter)
04 – The Summit
05 – Secret Garden
06 – Silk in the Strings
07 – Holy Roller
08 – Eternal Blue
09 – We Live in a Strange World
10 – Halcyon
11 – Circle with Me
12 – Constance

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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