Protest The Hero – Kezia

8 Commentaires      2 161
Style: emo/metalcore techniqueAnnee de sortie: 2006Label: Vagrant Records

Il était une fois un jeune groupe canadien appelé Protest the Hero. Leur histoire ne fait que commencer et leur premier album n’est sorti qu’il y a quelques mois mais croyez moi, durant l’année 2007 vous allez entendre parler d’eux. Leur disque n’est pas bon. Il est très bon. Leur musique par contre vous fera vous reculer de plusieurs pas si, comme moi, le terme maudit de « metalcore » vous donne des crises aigues d’herpès à des endroits que vous n’aviez même pas encore découvert sur votre anatomie. Et pourtant, Protest the Hero est un très bon groupe. Et avant que vous ne refermiez la page, je précise quand même que le terme de metalcore étant l’étiquette extra large qu’elle est devenue, je ne fais pas référence à un clone de Killswitch Engage ou de All Out War quand je l’utilise en parlant de Protest the Hero mais plutôt en référence à un groupe comme Between the Buried and Me, c’est à dire capable d’enchainer des riffs par milliers sans craindre les changements de directions constantes. Everytime I Die aussi, pour le fun, l’énergie et les mélodies rock and roll plus accrocheuses que ces petites bestioles en plastique que nos parents ont très vite interdit dans les cours d’école après qu’un gosse s’en est prise une sur l’oeil. Je vous passe les détails.

Revenons à Protest the Hero. Une fois que la première chanson vous est rentrée dans la tête, les riffs sont assez technique pour vous donner envie de les décomposer un à un pour en comprendre la subtilité. Le mode marche / arrêt est enclenché sur les doigts des 4 musiciens virtuoses et c’est un déferlement de mélodies thrash à tendance At the Gates qui déboule, découpées en petits morceaux, qui nous prennent par le cou et nous envoient valser dans le jeu de quille qu’est cet album. Mais Slaughter of the soul est loin d’être la seule source d’inspiration ici car le groupe joue de toutes façons beaucoup plus vite et technique – les allés/retours fébriles sur le manche ou les tappings frénétiques sont légion – et leur musique sonne moins agressive car plus claire et mélodique, et de toutes façons beaucoup plus positive.

Protest the Hero ne se contentent pas d’un style et n’hésitent pas à inclure des apaisements d’ambiances qui ont de quoi brouiller les cartes. Les quelques mosh parts par contre remettent le disque dans un emplacement un peu plus typé metalcore. Typé, jusqu’à un certain point tout de même, car c’est sans compter le chant. La voix metalcore devrait être celle d’un gros monstre rugissant sur tous les couplets et montrant qu’il n’est qu’une bête gentille et tendre sur le refrain. Or, ici, les rôles sont inversés. C’est une voix rock quasiment emo/punk dans l’esprit avec un vrai coffre et un registre mélodique varié qui procure une grande partie de son attrait à la musique. Peu de chanteurs se sont risqués jusqu’à maintenant à poser ce genre de voix sur cette musique, et c’est ici des plus réussis. Quelques petits cris et gang shout hardcore font leurs apparitions de ci de là mais comme ce n’est pas le chanteur qui s’y risque, tout cela reste donc au second plan, tout comme une voix féminine qui vient parfois compléter les parties vocales de façon sporadique (comme sur « Blindfold aside »).

Un peu de guitare sèche occasionne des respirations et permet à votre rythme cardiaque de reprendre du souffle avant que l’énergie de ce quintet ne vous donne de nouveau envie de sautiller sur les murs. En fait, en ce qui concerne les petites originalités de ce disque, comme par exemple, des clappements de mains à un moment, il n’y a rien de vraiment différent de ce qui a pus être déjà fait sur d’autres disques. Le grand intérêt de Protest the Hero se trouve donc dans deux aspects : La voix envoûtante de son chanteur et la cohérence des chansons. Car si vous aurez envie de revenir sur cet album ce n’est pas parce que vous aurez besoin d’analyser chaque morceau avec une loupe. Bon, vous pouvez le faire. Mais la technique n’est pas l’attrait majeur ici, ce n’est qu’un instrument pour diversifier le jeu et le rendre plus surprenant. Les chansons, elles, sont bien là, et procurent assez de moments jouissifs pour que vous ayez besoin de revenir prendre un bon bol d’air frais dans les cheveux grâce à ces dix chansons une fois que le disque aura arrêté de tourner. « Turn soonest to the sea » (une chanson féministe, d’ailleurs les thèmes des paroles sont orientés sur des thèmes sociaux) en particulier, a un potentiel gigantesque pour se coincer dans vos oreilles sans prévenir grâce à une mélodie finale rappelant quasiment un chant de Noël à entonner en choeur. Et je ne dis pas ça histoire de me moquer, c’est plutôt un compliment. De toute façon, si vous en êtes arrivé jusque là dans cette chronique c’est que les termes de metalcore et de voix mélodique émo ne vous ont pas donné un haut le cœur ou ne vous on pas fait hurler un jugement hâtif. Kezia n’est pas un produit commercial bien calibré, c’est un album extrêmement efficace et agréable qui vous fera passer de très bons moments.

  1. no stars over bethlehem
  2. heretics & killers
  3. divinity within
  4. bury the hatchet
  5. nautical
  6. blindfold aside
  7. she who marre the skin of gods
  8. turn soonest to the sea
  9. the divine suicide of k.
  10. a plateful of our dead

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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8 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    Terrible cet album, je suis devenu accro immédiatement. Protest the Hero a un gros potentiel avec cet album alliant metal/hardcore ultra-technique et chant mélodique.

  2. Crusto says:

    Putain, oser comparer KsE à All Out War…

  3. Zepekegno says:

    Moi aussi cette comparaison m’a fait biler ;)

  4. Hororo says:

    Quel comparaison énervante ? Ce sont des groupes de metalcore qui ont engendré tout les deux des clones. Je les compare uniquement a ce niveau là.

  5. Crusto says:

    Ben c’est enervant parce qu’ils n’ont que les riffs thrash et le chant hurlé typé hardcore en commun. Ca s’arrete là. Niveau atmosphère AOW c’est du pur holy terror, des passages NYHC, des textes très agressifs et noirs.
    KsE c’est du metalcore dans le sens NWOAHM, genre passages mélo, riffs thrash, avec un son ‘propre’ au metalcore.
    Tu compares pas All Shall Perish à Entombed par exemple?

  6. Crusto says:

    Enfin bref on s’en fout, fini le hors sujet Hororo ;-)

  7. Jaynesis says:

    Un disque excellent, d’une richesse inouie, et une véritable décharge d’énergie pure… Je vous le recommande chaudement!

  8. jp76 says:

    + 666 ^^
    et leur second album « fortress » est encore plus mieux lol

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