Les signes avant-coureurs n’étaient pas géniaux, à commencer par le même très inquiétant départ annoncé de Blakkheim (Anders Nyström) en mars 2025, complice de longue date de Jonas Renkse et compositeur génial (réécoutez Diabolical Masquerade et en particulier Nightwork). Le guitariste de talent était déjà semble-t-il éloigné du processus de composition du groupe depuis plusieurs albums, apparemment peu en phase avec l’évolution plus progressive du groupe et avec elle une orientation de moins en moins metal. Comme par hasard cela fait justement plusieurs albums que le groupe suédois semblait être déjà pas mal en roue libre, plus tellement inspiré, depuis le très bon The Fall of Hearts sorti en 2016 en fait. J’ai pour ma part adoré ce groupe en particulier de 2001 à 2009, qui restera ma période favorite et ça me fait mal d’écrire ça aujourd’hui, alors que j’avais déjà fait l’impasse sur les deux précédents albums du groupe pour les mêmes raisons. Katatonia n’est aujourd’hui plus synonyme que d’une seule chose : l’ennui. A l’image de cette pochette auto-parodique et vraiment clichesque au possible.
On ne peut pas ignorer l’envie de Renkse de fignoler des compositions aux petits oignons, avec des arrangements soignés, des synthés, une basse bien audible (et ça c’est toujours appréciable) et même (pour la première fois il me semble) des chœurs majestueux pas inintéressants sur « Wind of No Change », et évidemment la voix claire toujours magnifique du désormais seul maître à bord du groupe.
Mais pour autant, l’émotion ne passe pas, on n’est jamais pris aux tripes (même sur le titre « Efter Solen » quasi piano-chant sur une bonne partie du titre, avant de rajouter une bonne couche d’électronique, et qui présente aussi la particularité d’être chanté en suédois), et comme malheureusement les riffs et les parties agressives se sont globalement bien fait la malle (même si on pourrait croire qu’elles sont encore là avec le faux démarrage puissant du premier et du dernier titres, comme une ultime demi-molle qui s’évanouit finalement en quelques secondes et sur « The Light Which I Bleed » qui est peut-être le meilleur titre de l’album ou le moins inintéressant, mais le fade-out sur lequel il se termine est peut-être encore un symptome du manque d’inspiration du combo en 2025), il n’y a au final pas grand chose à quoi se raccrocher (on y croit fugacement sur « Warden » mais ce titre a surtout le mérite de nous en rappeler d’autres plus anciens et largement meilleurs). Aucune accroche véritable, aucun passage fort, c’est quasiment le désert absolu pendant la traversée qui dure 46 minutes. Le néant de l’inspiration, le désespoir du vide.
Dans le genre choisi par Renkse et son orientation « rock progressive » qui n’a plus rien de metal, on préférera largement se tourner vers les derniers albums d’Anathema avant le split, ou les albums de nos français de Klone, qui savent toujours nous captiver avec des morceaux beaucoup plus intéressants.
Bref, en 2025 il y a déjà et il y aura sans nul doute bon nombre d’albums beaucoup plus intéressants et inspirés à écouter, quel que soit le genre, que cet album sur lequel chacun pourra faire l’impasse à moins bien sûr d’être die-hard fan de Jonas Renkse.
Tracklist :
01. Thrice
02. The Liquid Eye
03. Wind of no Change
04. Lilac
05. Temporal
06. Departure Trails
07. Warden
08. The Light Which I Bleed
09. Efter Solen
10. In the Event of
Katatonia
jonben
il y a 1 anJe comprends qu’on puisse être nostalgique du Katatonia des années 2000, mais réduire Nightmares as Extensions of the Waking State à un désert d’inspiration me paraît injuste. Oui, Blakkheim est parti, mais il avait déjà pris du recul depuis un moment. Ce nouvel album confirme que Jonas Renkse est bien le capitaine à bord, et Katatonia reste fidèle à sa signature : une mélancolie soignée, des compositions maîtrisées, et une ambiance unique.
Des titres comme « Lilac », « Wind of No Change » ou « The Light Which I Bleed » montrent que le groupe sait encore captiver, je trouve qu’il y a vraiment de bons riffs. Certes, tout n’est pas inoubliable, mais l’album reste solide. Il parlera peut-être moins à ceux qui espéraient un retour en arrière, mais il a tout pour séduire ceux qui apprécient leur virage plus progressif — comme moi.
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