Witch Ripper – Through the Hourglass
Chronique du Moment Sludge Prog Mélodique

Witch Ripper – Through the Hourglass

krakoukass
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Auteur
10 avril 2026
il y a 5 mois
15,518 vues
Année de sortie
2026
Note
Dans la lignée des meilleurs albums de Mastodon ou Dvne, Witch Ripper balance rien de moins qu'un album exceptionnel en guise de 3ème album. Un album absolument indispensable pour les amateurs du genre.
Witch Ripper – Through the Hourglass

Que voilà une délicieuse surprise! Certes les américains de Witch Ripper ne débarquent pas de nulle part, et leur précédent album (le 2ème), the Flight after the Fall, avait déjà été remarqué par quelques chroniqueurs éclairés, à commencer par le camarade Beunz dans nos propres colonnes. J’avais moi-même été intéressé par cet album que j’ai du écouter quelques fois avant de le laisser de côté, mais Witch Ripper n’avait pas encore affuté son songwriting comme c’est le cas aujourd’hui…

Car Through the Hourglass me semble présenter une franche et claire évolution par rapport à son prédécesseur et avec elle, un bond qualitatif indéniable. C’est bien simple Through the Hourglass est une vraie pépite, que j’installe d’ores et déjà dans mon top 10 annuel sans grand risque de me voire détrompé.

Des américains qui pratiquent un sludge mélodique aux atours prog, et qui ont recours à plusieurs chanteurs et donc plusieurs voix différentes sur leurs morceaux, ça ne vous évoquerait pas quelqu’un ? On pense en effet beaucoup à Mastodon, voire à Dvne, tant Witch Ripper partage avec ces groupes ce goût pour les gros riffs, les mélodies, et les développements parfois à la limite du prog’ avec des longueurs de titre à l’avenant (une intro et 6 morceaux oscillant entre 5min58 et 8min53) et surtout donc deux chanteurs aux timbres bien différents. L’approche vocale est pour le coup plus proche de Dvne que de Mastodon, puisqu’on a droit avec Witch Ripper à un chanteur/guitariste à la voix claire (Curtis Parker sauf erreur), qui évoque parfois le chant de Lazare (Solefald, Borknagar), et dont la prestation est complétée par le chant rauque du bassiste (Brian Kim si Metal Archives ne dit pas de conneries).

Le côté complémentaire de ces deux chants (sans compter les passages doublés et les quelques chœurs notamment sur « the Spiral Eye ») et leur omniprésence sur tous les titres (à l’exception de « Proxima Centauri ») sans qu’on puisse déplorer un systématisme prévisible et pénible (du genre couplet hurlé suivi de refrain chanté) apporte une variété bienvenue qui se marie à une musique parfaitement écrite et impactante pour que chaque titre s’avère marquant et réussi. Avec une instrumentation à l’avenant, que ce soit cette basse parfaitement audible et présente, des synthés qui viennent parfois se mêler discrètement à la fête (notamment sur le démarrage du monstrueux « the Clock Queen » dont le refrain me colle les poils à chaque fois), un batteur qui doit apprécier le jeu de Brann Dailor et le lui rend bien, une paire de guitaristes très compétents qui nous abreuvent qui de riffs puissants et accrocheurs, qui de soli remarquables et superbes, jusqu’à la présence ponctuelle (comme chez Mastodon) que certains (mais pas moi) jugeront anecdotiques, d’un tambourin (et même quelques percussions bien senties sur « The Spiral Eye »). Tout cela est mis au service de titres superbes, tous mieux écrits les uns que les autres, sur lesquels on trouvera en effet moult passages qui justifient de se pâmer et de s’extasier devant une telle science de l’écriture. Ecoutez moi ce splendide « Echoes and Dust » qui est un pur morceau Mastodonien, parfait de la première à la dernière note et réjouissez-vous d’apprendre que les autres titres sont tous du même acabit, même le plus intimiste « Proxima Centauri » qui démarre comme une ballade permettant d’apprécier les qualités de l’organe de Curtis Parker, avant que le titre se développe et accélère nettement son propos…

Bref, je ne vais pas vous gâcher le plaisir de la découverte en décrivant chaque titre : vous n’en pouvez plus d’attendre un successeur à Hushed & Grim ou à Voidkind ? Ruez vous sur Through the Hourglass, un GRAND album qui (comme tout grand album qui se respecte), vous volera à chaque écoute les 44 minutes qu’il dure en un clin d’œil, tant il s’avère absolument parfait de la première à la dernière note. Il ne lui manque finalement qu’une pochette un peu moins clichesque et fouillie pour être absolument parfait.

PS : A noter que le producteur de cet album est un certain Matt Bayles connu pour avoir déjà bossé avec… Mastodon sur rien de moins que Remission, Leviathan, et Blood Mountain.

Tracklist :
01 – Odyssey in Retrograde
02 – the Portal
03 – Symmetry of the Hourglass
04 – Echoes and Dust
05 – The Clock Queen
06 – Proxima Centauri
07 – The Spiral Eye

Artistes / Groupes

Genre selon le Chroniqueur

Sludge Prog Mélodique

Famille/Genre

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Krakoukass est cofondateur d’Eklektik Rock. Il s’est imposé comme l’une des plumes majeures du webzine depuis ses débuts en 2004, avec des goûts qui couvrent un large spectre allant de la Pop au Death Metal, en passant par le Black, le Neo ou l'Electro, sans oublier des incursions vers le Rock Alternatif, le Doom ou l'Indus. Fidèle aux scènes innovantes comme aux valeurs sûres, il a suivi de près la plupart des pointures du Rock et du Metal mais aussi énormément de groupes plus underground. Son regard critique s’attache autant à la créativité des formations émergentes qu’à l’évolution des grands noms des courants contemporains.

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