Mastodon – Marrow Deep

Mastodon – Marrow Deep

krakoukass
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Auteur
28 août 2026
il y a 1 mois
5 commentaire s
16,217 vues
Année de sortie
2026
Note
Le meilleur album de Mastodon depuis... Hushed and Grim. C'est tout ce qu'on attendait du meilleur groupe de metal en activité. Une constance dans la qualité qui force encore une fois le respect!
Mastodon – Marrow Deep

Y avait-il vraiment quelqu’un pour douter que Mastodon signerait avec ce neuvième album un nouveau chef-d’œuvre ? A la rédaction, on a signé un chèque en blanc aux américains depuis maintenant plus de deux décennies, eux qui n’ont commis aucun faux pas discographique depuis leurs débuts.

Pourtant, une ombre planait sur ce disque : l’éviction suivie de la disparition tragique de l’emblématique Brent Hinds. Mastodon allait-il survivre à cette perte ? Allait-elle nuire à son processus créatif ? L’écoute de Marrow Deep balaye instantanément ces doutes. Un constat logique, quand on se souvient que Hinds ne signait déjà presque plus de compositions sur les derniers efforts du groupe.

La catharsis par le drame

Impossible de ne pas voir les stigmates du deuil dans ce nouvel opus. Les paroles de l’excellent « Your Ghost Again » résonnent comme un hommage direct à leur ancien compagnon. Mais la tragédie ne s’arrête pas là. Le groupe extériorise ici ses traumatismes récents :

  • La tempête : « In the Ruins » relate l’ouragan Hélène de septembre 2024. Une catastrophe qui a inondé la maison d’Atlanta du bassiste Troy Sanders, forçant sa famille à se reloger pendant près de deux ans.
  • Le deuil : Le décès de la mère du batteur Brann Dailor vient alourdir le poids émotionnel du disque.

De cette matière noire, Mastodon tire un album viscéral, puisé jusque dans la moelle de ses géniteurs. Le titre Marrow Deep n’aurait pu être mieux choisi.

Une colère retrouvée et une alchimie vocale au sommet

Musicalement, le désormais quintet (depuis l’arrivée de João Noguera aux claviers qui collabore déjà avec Brann dans Arcadea, en plus de Nick Johnston qui remplace Brent Hinds) impressionne par sa fluidité. Le groupe passe d’une douceur bouleversante (« Mother and Bone ») à une agression brute (« A Vampire’s Demeanor ») avec un naturel désarmant. Globalement plus féroce et abrasif que Hushed and Grim (tout en étant également très varié) Marrow Deep sonne comme la fin d’un recueillement : le temps de la colère est venu.

Le secret du groupe réside plus que jamais dans l’alchimie vocale entre Brann Dailor et Troy Sanders. Leurs voix se doublent et se répondent, propulsant des refrains instantanés et imparables (mention spéciale à « Golden Spires »).

Une production audacieuse et une touche prog-vintage

Derrière la console, l’association improbable fait des miracles. Le Suédois Patrik Berger (producteur pop pour Charli XCX, Lana Del Rey) fait en effet équipe avec le sorcier du metal Kurt Ballou (Converge). Le résultat ? Un son clair, puissant et d’une richesse instrumentale folle.

L’orgue Hammond de Noguera s’impose comme le fil rouge de l’album (« Barbarian’s Blood », « Poisonous Weapons »). Il offre une teinte vintage et progressive savoureuse, qui culmine sur le break du conclusif « The Three Fates » aux accents de jam jazzy.

Un défilé d’invités prestigieux

Que serait un album de Mastodon sans un casting cinq étoiles ? Le groupe active son réseau et livre une nouvelle fois des collaborations majeures :

  • L’écurie Converge : Kurt Ballou à la production, Ben Koller qui martyrise les fûts sur l’ouverture, et Nate Newton qui apporte sa voix de bûcheron sur le dantesque « A Vampire’s Demeanor ». Il remplace numériquement un Scott Kelly définitivement banni depuis 2019.
  • Randy Blythe (Lamb of God) : En duo vocal destructeur avec Newton sur ce même morceau.
  • Joe Duplantier (Gojira) : Des hurlements monstrueux en fin de piste sur « The Vanishing ». Un titre qui s’ouvre d’ailleurs sur une ligne de basse signée Geezer Butler (Black Sabbath), conférant au morceau une vibe digne d’un morceau instrumental sorti d’un vieux Metallica.
  • Josh Homme (Queens of the Stone Age) : Il pose son timbre magnétique sur les litanies finales de « Snakes for Dinner ».
  • Neil Fallon (Clutch) : Le barbu pose ses spoken words reconnaissables entre mille sur le final épique et fleuve de « The Three Fates » (7min48).

Le verdict – no shit ?

Marrow Deep s’inscrit parfaitement dans la lignée de la discographie de Mastodon tout en affirmant sa propre identité. Riche, parfaitement dans la continuité des opus précédents tout en proposant ses petites nouveautés ets specificités bienvenues, ce disque, habité et d’une puissance émotionnelle rare, confirme le statut de Mastodon au sommet de la scène metal mondiale.

C’est, sans surprise, un prétendant direct au titre d’album de l’année. Mais spoiler alert, Beunz va dans quelques jours vous parler d’un autre candidat sérieux… dans un tout autre genre.

Tracklist :
01 – Barbarian’s Blood (feat. Ben Koller)
02 – Poisonous Weapons
03 – Your Ghost Again
04 – Snakes for Dinner (feat. Josh Homme)
05 – Out like a Lamb
06 – In the Ruins
07 – They’re Coming for You
08 – Golden Spires
09 – Mothe and Bone
10 – A Vampire’s Demeanor (feat. Randy Blythe & Nate Newton)
11 – The Vanishing (feat. Geezer Butler & Joe Duplantier)
12 – The Three Fates (feat. Neil Fallon)

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Metal Prog

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Krakoukass est cofondateur d’Eklektik Rock. Il s’est imposé comme l’une des plumes majeures du webzine depuis ses débuts en 2004, avec des goûts qui couvrent un large spectre allant de la Pop au Death Metal, en passant par le Black, le Neo ou l'Electro, sans oublier des incursions vers le Rock Alternatif, le Doom ou l'Indus. Fidèle aux scènes innovantes comme aux valeurs sûres, il a suivi de près la plupart des pointures du Rock et du Metal mais aussi énormément de groupes plus underground. Son regard critique s’attache autant à la créativité des formations émergentes qu’à l’évolution des grands noms des courants contemporains.

1363 articles publiés

5 commentaires

Louiz' Mitch

il y a 1 mois

J’avais lâché Mastodon après Remission, c’est dire ! Juste parce que je n’ai pas continué à les suivre, rien ne me posait problème dans la zik. Ta chro m’a redonné envie d’y jeter une oreille. C’est quand même un sacré groupe, effectivement, et je vais rattraper rapidos mon retard.

Krakou
il y a 1 mois

Tu nous diras!

jonben

il y a 1 mois

Comme tu dis, c’est le meilleur depuis Hushed and Grim, qui était pour moi un retour au top du groupe. Je regrette quand meme Brent Hinds car ses compos étaient toujours les plus « prog », les plus surprenantes. Ça manque un peu de cette touche de complexité ici (c’est prog, mais pas « technique »).

Et c’est concrètement leur album le moins énervé, faut vraiment attendre la fin de l’album pour avoir quelques passages (et jamais un morceau entier) qui rappellent les débuts du groupe. C’est pas forcément un défaut, ils vieillissent et sont plus posés, ils chantent et hurlent moins.

Krakou
il y a 1 mois

Je ne le trouve pas moins énervé que Hushed and Grim pour ma part.

Joss

il y a 1 mois

Superbe chronique, qui fait honneur à ce superbe album. Hushed and Grim m’avait déjà bien réconcilié avec le groupe mais là ils font encore mieux. Respect.

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