Post Rock ?

Post Rock ?

jonben
jonben
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18 mars 2012
il y a 14 ans
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L'évolution du Rock a donné naissance au Post-Rock, un mouvement musical qui se caractérise par une libération des structures traditionnelles, privilégiant des compositions instrumentales riches en textures et en atmosphères, souvent influencées par divers genres tels que le jazz et la musique électronique.
Post Rock ?

Les contours du rock sont en perpétuelle évolution et entourent un phénomène bien trop large pour espérer être décrypté d’une façon qui convienne à tous ses acteurs et surtout amateurs de cette musique. Ce n’est pas forcément plus facile de s’attaquer à une sous-branche, mais je vais tout de même tenter de présenter mon point de vue sur un terme qui fait souvent sourire puis intrigue ceux qui le découvrent, le post-rock.

« Music using rock instrumentation for non-rock purposes, using guitars as facilitators of timbre and textures rather than riffs and power chords. […] Perhaps the really provocative area for future development lies… in cyborg rock; not the wholehearted embrace of Techno’s methodology, but some kind of interface between real time, hands-on playing and the use of digital effects and enhancement. » Simon Reynolds (The Wire, 1994).

L’apparition du post-rock dans les années 90 amènent une série de groupes à proposer une musique se libérant des contraintes du format chanson. C’est peut-être là qu’il faut trouver un semblant de définition du post-rock, c’est à dire un rock libre du carcan que pose la présence d’une voix mise en avant mais continuant à tourner autour de l’instrumentation guitare/basse/batterie et, pour la plupart, du rythme binaire. Les premiers musiciens à s’engager dans cette direction cherchaient d’ailleurs certainement également à débarrasser le rock d’un quelconque discours, du culte de la personnalité associé au rôle de frontman, et des contraintes que pose la présence d’une voix pop sur la structure d’un morceau.Pour reprendre l’historique, à la fin des années 80, le post-punk (Joy Division) et la new wave (The Cure) laissent la place à d’autres groupes rock indépendants qui seront qualifiés d’indie-rock, des groupes comme My Bloody Valentine, Dinosaur Jr, The Jesus and Mary Chain, The Cocteau Twins qui influencèrent ensuite toute une génération de rockers. Une partie d’entre eux initia le shoegaze, style de rock où les guitares sont utilisées pour créer des textures sonores noyées d’effet, sur des notes ou accords joués au médiator dans un staccato rapide, qui depuis fleurissent dans une bonne partie des groupes post-rock.

Slint – Spiderland (1991)
Bark Psychosis – Hex (1994)

 

Tortoise – Millions Now Living Will Never Die (1996)
Mogwai – Young Team (1997)

Au milieu des années 90, certains groupes comme Tortoise et Mogwai gagnent ainsi en notoriété en proposant une musique dans la continuité de ces groupes. Le terme post-rock prend au fur et à mesure une définition de plus en plus large, si bien que certains groupes qualifiés ainsi aujourd’hui n’ont pas grand chose à voir entre eux.Apparu en 1994 sous la plume d’un chroniqueur du magazine The Wire, Simon Reynolds, au sujet de l’album Hex de Bark Psychosis, le terme désigne à l’origine l’initiative de musiciens rock de créer une musique qui n’est plus basée sur des riffs ou des accords, les formes d’arrangements sur guitare les plus adaptées comme support pour du chant, qui sont la base du rock classique, mais sur une instrumentation libérée, ainsi le style est souvent associé à de la musique instrumentale. Pourtant ce n’est pas l’absence de chant qui le définit mais l’utilisation de rythmes et mélodies qu’on ne trouvait pas dans le rock classique, inspirés du jazz, de la musique classique, de la musique électronique, de l’ambient et en général de musiques expérimentales, et des formats de morceaux ne correspondant plus aux structures « couplet-refrain-pont ». En fait une sorte de version plus complexe et théorisée du rock qui en garde tout de même ce qui l’a rendu si populaire, son énergie et ses sonorités, mais auquel on aurait accolé l’esprit Do It Yourself du punk et le côté arty du jazz, ce qui lui forme une image « nerdy » de musique élitiste.Finalement le post-rock est un mouvement assez récent, qui ne se précise vraiment qu’à la fin des années 90 et qui continue à proposer des albums majeurs au court des années 2000. Certains auront tendance à penser que les groupes apparaissant désormais sur cette scène semblent incapables d’innover, de se séparer de l’influence de leurs ainés, d’autres, dont je fais partie, sont souvent surpris par l’inventivité et l’intérêt de certaines sorties du style. Le fait est que le terme post-rock est désormais ancré dans l’histoire du rock, et se décompose même désormais en différents courants.

Sigur Rós – () (2002)
Godspeed You! Black Emperor – Lift Yr. Skinny Fists Like Antennas To Heaven (2000)

 

Explosions In The Sky – The Earth Is Not A Cold Dead Place (2003)
From Monument to Masses – The Impossible Leap in One Hundred Simple Steps (2003)

De nombreux groupes de post-rock affectionnent des structures abusant de la répétition et du crescendo, les longues envolées apaisées évoluant en des montées de tension, et proposent en général une musique épique et atmosphérique (Mono, Sigur Rós, Gregor Samsa), parfois étayée de cordes (Godspeed You! Black Emperor, A Silver Mt. Zion, The Evpatoria Report). Certains groupes axent principalement leur musique sur un entrelacement de guitares arpégées et pianos (Explosions in the Sky, God Is An Astronaut), sur des cinématiques (Red Sparowes), s’inspirent directement du jazz (Do Make Say Think), où combinent instruments et sons électroniques (65daysofstatic) alors que d’autres réinjectent de l’énergie dans un post-rock musclé (From Monument To Masses).D’autres groupes rock instrumental proposent une musique résolument moins mélancolique, et beaucoup plus axée sur la complexité des arrangements, dans la veine directe des groupes progressifs des années 70 (King Crimson, Frank Zappa). Parmi eux, les groupes qualifiés de math rock sont dans le prolongement du post-rock dont ils gardent les principes tout en se limitant à des formations réduites axées sur les guitares et un batteur, parfois en duo, la plupart du temps sans chant, avec une énergie dédoublée et en accentuant énormément la technicité du jeu des musiciens. Le math rock est ainsi un rock surchargé, riche, aux signatures rythmiques difficiles à suivre, avec un côté « je t’en met plein la vue » qui peut parfois en être fatiguant. Dès la moitié des années 90, de nombreux groupes du style apparaissent ainsi : Slint, Polvo, Chavez, Don Caballero, Cul de Sac

Plus récemment, de nouveaux groupes de rock instrumental ont fait leur apparition, proposant une musique plus puissante, progressive et psychédélique. Influencés par le stoner (Karma to Burn) et le post-hardcore (Isis), ces groupes n’hésitent pas à apposer au discours post-rock des guitares à la saturation lourde, appuyées par une basse grondante, et à accentuer les crescendo vers des riffs d’inspiration metal. On pense à Pelican mais aussi à Russian Circles ou The Cancer Conspiracy.

Les sous-genres de Post-Rock :

Post-Rock épique à crescendo

C’est la famille la plus emblématique du genre, celle des montées en tension et des explosions émotionnelles. Les groupes majeurs du genre partagent l’idée d’une architecture dramatique : lente montée, climax cathartique, puis retombée.
Mogwai, Godspeed You! Black Emperor, A Silver Mt. Zion, Explosions in the Sky, Mono, The Evpatoria Report, This Will Destroy You, God Is an Astronaut, Caspian, We Lost the Sea, Sleepmakeswaves

Post-Rock atmosphérique

Catégorie plus introspective, où la dynamique remplace la narration. Ces groupes privilégient la texture, la lenteur, le climat sonore, l’immersion contemplative au crescendo violent. On y trouve des liens avec l’ambient, le shoegaze ou le slowcore.
Sigur Rós, Gregor Samsa, Apse, Landing, Labradford, Jakob, Stars of the Lid, Balmorhea, El Ten Eleven, Below the Sea, Lymbyc Systym, Helios

Post-Rock jazzy

Ces groupes incarnent une approche organique, à base d’improvisations et de grooves non binaires, et souvent d’instruments plus habituellement jazz tels que des cuivres. Kayo Dot tirant vers l’avant-prog et la musique de chambre, mais gardant la même sophistication instrumentale.
Tortoise, Do Make Say Think, The Drift, Kayo Dot, Jaga Jazzist, Cul de Sac, The Mercury Program, Toe

Post-Rock électronique/expérimental

Tous ces groupes sont très différents mais utilisent la même hybridation entre instrumentation rock (guitares/basse/batterie) et électronique (synthés, samples, beats programmés, glitches), avec des influences electronica, IDM, ambient, parfois drum’n’bass ou techno.
65daysofstatic, Tarantula Hawk, Mùm, And So I Watch You From Afar, The Album Leaf, Fuck Buttons, Vessels, Three Trapped Tigers

Post-Rock progressif/cinématographique

Catégorie pertinente pour les groupes à narration visuelle ou à construction complexe, utilisant les codes du rock instrumental mais avec un sens narratif, voire conceptuel, et souvent des visuels en concerts.
From Monument To Masses, Red Sparowes, The Cancer Conspiracy, Goodbye Diana, Microfilm, Shora, Gifts From Enola, Maserati, Ostinato, Albinobeach, Maybeshewill

Post-Rock/Post-Metal

La transition vers la lourdeur du Metal, et beaucoup des groupes Post-Metal ont dévié vers le Post-Rock en fin de carrière, Neurosis, Isis, Pelican et Russian Circles en sont les archétypes.
Isis (derniers), Pelican, Russian Circles, Cult of Luna, Rosetta, Mouth of the Architect, Year of No Light, Amenra, Tides, Irepress, S-pam, Bossk, Constants, Junius, Tacoma Narrows Bridge Disaster

Chroniques regroupées par esprit :

  • Mogwai – Mr Beast

    Mogwai – Mr Beast (2006)

    Avec Mr. Beast, Mogwai signe un retour à une écriture plus immédiate après les détours ambient de Happy Songs for Happy People. Les Écossais y redécouvrent le goût du contraste : entre explosions de guitares rageuses et plages de piano apaisées, chaque morceau oscille entre tension contenue et relâchement cathartique. Plus concis mais toujours puissamment évocateur, l’album concentre l’essence du groupe : une mélancolie brute, parfois violente, parfois fragile, mais toujours saisissante.


  • This Will Destroy You – This Will Destroy You

    This Will Destroy You – This Will Destroy You (2008)

    Premier album du groupe texan, This Will Destroy You illustre à la perfection l’école du crescendo émotionnel popularisée par Explosions in the Sky. Longs développements instrumentaux, guitares lumineuses, batterie mesurée : tout converge vers des déflagrations finales d’une intensité quasi orchestrale. Derrière la formule se cache une sincérité désarmante, un sens de la beauté simple et mélancolique qui explique la place centrale de cet album dans la décennie post-rock.


  • Mono – You Are There

    Mono – You Are There (2006)

    Le groupe japonais pousse ici à son paroxysme l’art du crescendo héroïque. You Are There se déploie comme une suite symphonique où chaque note semble pesée pour amplifier l’émotion. Cordes somptueuses, guitares en apnée, batterie martiale : tout respire la solennité. C’est un disque d’une beauté tragique, presque religieuse, qui impose Mono comme les artisans les plus lyriques du post-rock orchestral.


  • The Evpatoria Report – Golevka

    The Evpatoria Report – Golevka (2005)

    Le collectif suisse emprunte au spatial autant qu’au symphonique. Golevka évoque le vide intersidéral autant que l’introspection humaine, à coups de guitares étirées, de violons lancinants et d’une rythmique d’une lenteur majestueuse. L’émotion se construit dans la durée, sans précipitation, jusqu’à l’explosion finale. Un album rare, à la fois scientifique et poétique, où le post-rock devient contemplation cosmique.


  • Magyar Posse – King of Time

    Magyar Posse – King of Time (2005)

    Sur Kings of Time, les Finlandais jouent une carte cinématique et rétro-futuriste, entre krautrock et post-rock progressif. Les claviers analogiques et les rythmiques métronomiques côtoient des guitares fluides et narratives, créant une bande-son imaginaire entre science-fiction et polar nordique. Une œuvre hypnotique et élégante, plus cérébrale qu’émotive, mais fascinante dans sa précision.


  • Sigur Ros – Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust

    Sigur Ros – Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust (2008)

    Après la froideur éthérée de leurs débuts, Sigur Rós livre ici son disque le plus terrestre. Les percussions y prennent le dessus, les voix se font plus claires, presque joyeuses, et la lumière traverse enfin leur univers habituellement brumeux. Moins mystique mais toujours envoûtant, Með suð í eyrum við spilum endalaust respire une humanité nouvelle, une célébration fragile de la vie.


  • Gregor Samsa – Rest

    Gregor Samsa – Rest (2008)

    Le duo américain signe une œuvre d’une lenteur infinie, où chaque silence semble peser plus que les notes. Rest baigne dans une atmosphère feutrée, quasi somnambulique, où voix murmurées, piano et guitares nappées forment une brume intime. C’est un post-rock de chambre, minimal et bouleversant, un disque qui s’écoute comme on observe la pluie tomber derrière une vitre.


  • Apse – Spirit

    Apse – Spirit (2007)

    Mystique et opaque, Spirit dégage une tension permanente, entre art-rock, ambient et rituels païens. Les percussions tribales, les guitares réverbérées et les voix lointaines évoquent une transe primitive. Apse y développe un univers à part, à mi-chemin entre le rêve et l’angoisse, où le post-rock devient rite initiatique plus qu’exercice de style.


  • Landing – Sphere

    Landing – Sphere (2005)

    Sphere se distingue par sa douceur quasi planante : un post-rock teinté de shoegaze et d’ambient, qui préfère la suspension au crescendo. Les guitares s’y dissolvent dans les synthés, les rythmes effleurent plus qu’ils ne frappent. Un disque contemplatif, presque méditatif, à écouter en apesanteur.


  • Do Make Say Think – You, You’Re a History in Rust

    Do Make Say Think – You, You’Re a History in Rust (2007)

    Les Canadiens parviennent ici à fondre l’improvisation jazz et la mélodie folk dans un cadre post-rock. You, You’re a History in Rust respire la chaleur humaine : cuivres discrets, guitares organiques, batterie vivante. Une œuvre qui évite la froideur cérébrale pour privilégier la spontanéité et la texture, à la croisée de Tortoise et Neil Young.


  • The Drift – Memory Drawings

    The Drift – Memory Drawings (2008)

    Minimaliste et tendu, Memory Drawings explore un territoire instrumental où le jazz se frotte à la répétition hypnotique du post-rock. Le saxophone y devient fil conducteur d’un univers feutré, presque nocturne. The Drift privilégie l’élégance à l’émotion brute, livrant une musique de l’entre-deux : urbaine, mélancolique, subtile.


  • Kayo Dot – Blue Lambency Downward

    Kayo Dot – Blue Lambency Downward (2008)

    Toby Driver quitte ici les déflagrations de Choirs of the Eye pour un labyrinthe baroque et jazzy. Blue Lambency Downward mêle clarinettes, guitares liquides et harmonies étranges dans une suite hallucinée entre musique de chambre et avant-prog. C’est un disque déroutant, parfois hermétique, mais d’une richesse d’arrangements fascinante, où le post-rock se mue en art sonore total.


  • 65daysofstatic – The Destruction of Small Ideas

    65daysofstatic – The Destruction of Small Ideas (2007)

    Les Britanniques dynamitent la formule post-rock en la fusionnant avec une énergie électronique chaotique. The End of Small Ideas aligne des séquences mathématiques, des glitchs et des crescendos tonitruants. Un album nerveux, parfois brutal, mais toujours inventif, où la technologie sert la catharsis.


  • Red Sparowes – Every Red Heart Shines Toward the Red Sun

    Red Sparowes – Every Red Heart Shines Toward the Red Sun (2006)

    Conceptuel et monumental, cet album déroule un récit instrumental inspiré de la révolution culturelle chinoise. Les guitares tissent des motifs cycliques sur des rythmiques de plus en plus écrasantes, créant une tension politique sans parole. Every Red Heart… impressionne par sa cohérence narrative et sa force d’évocation, entre post-rock et manifeste sonore.


  • Microfilm – Stereodrama

    Microfilm – Stereodrama (2007)

    Le duo français livre un disque cinématique aux teintes rétro, oscillant entre post-rock progressif et électronique minimaliste. Stereodrama évoque un film sans image, où les samples et les guitares dialoguent en clair-obscur. Une œuvre élégante, à la fois conceptuelle et accessible, témoin d’une scène française discrète mais inspirée.


  • Shora – Malval

    Shora – Malval (2005)

    Avec Malval, les Suisses de Shora parviennent à fondre la densité du metal et l’abstraction du post-rock. Les guitares massives et la batterie martiale y côtoient des passages ambient d’une intensité rare. L’ensemble sonne comme une tempête lente, pleine de retenue et de puissance contenue. Un pont parfait entre Isis et Godspeed You! Black Emperor.


  • Gifts From Enola – Loyal Eyes Betrayed the Mind

    Gifts From Enola – Loyal Eyes Betrayed the Mind (2008)

    Jeune formation américaine, Gifts From Enola y dévoile une fougue juvénile : riffs tranchants, envolées lyriques et transitions abruptes. Le groupe maîtrise les codes du genre tout en injectant une énergie punk bienvenue. Loyal Eyes… dégage une fraîcheur brute, celle d’un post-rock qui n’a pas encore peur de sa propre intensité.


  • Maserati – Inventions For the New Season

    Maserati – Inventions For the New Season (2007)

    Le quatuor d’Athens (Georgia) injecte du groove et du psychédélisme dans le post-rock. Inventions for the New Season brille par son énergie kraut et ses rythmes motorik, entre guitares aériennes et basse dansante. Un disque à la fois rétro et futuriste, taillé pour la route, où la technique sert la transe.


  • Ostinato – Chasing the Form

    Ostinato – Chasing the Form (2006)

    Ostinato développe un post-rock instrumental dense et mélodique, héritier d’Isis et de From Monument to Masses. Les compositions, pleines de reliefs et de ruptures, alternent puissance et contemplation. Chasing the Form séduit par sa sincérité et sa rigueur : un album solide, trop méconnu, mais d’une grande cohérence.


  • Albinobeach – Albinobeach Ep

    Albinobeach – Albinobeach Ep (2008)

    Le trio sud-africain livre une carte de visite prometteuse, entre post-rock instrumental et groove progressif. EP étonne par sa maturité : des guitares limpides, des rythmes précis, une production claire. Une découverte qui prouve que le genre s’est bel et bien mondialisé, sans perdre son pouvoir d’évocation.


  • Isis – In the Absence of Truth

    Isis – In the Absence of Truth (2006)

    Dernier grand souffle avant la dissolution du groupe, In the Absence of Truth mêle lourdeur et contemplation. Les textures sont plus fluides, les voix plus rares, les guitares moins oppressantes. Isis y explore une forme de sagesse après la rage, un post-metal en clair-obscur qui influence encore toute une génération.


  • Pelican – City of Echoes

    Pelican – City of Echoes (2007)

    Plus concis et mélodique que ses prédécesseurs, City of Echoes traduit l’évolution de Pelican vers un post-metal lumineux. Les riffs massifs laissent plus d’espace à l’harmonie et aux respirations. C’est un disque de transition, moins pesant mais toujours intense, qui démontre la capacité du groupe à se réinventer sans trahir ses racines.


  • Russian Circles – Enter

    Russian Circles – Enter (2008)

    Premier album fulgurant d’un trio déjà maître de sa tension. Enter alterne puissance et finesse avec un sens du contraste remarquable : explosions de guitares, breaks suspendus, basse grondante. Entre la rigueur d’Isis et la fluidité de Mogwai, Russian Circles impose d’emblée sa signature, brute et élégante.


  • Maybeshewill – Not For Want of Trying

    Maybeshewill – Not For Want of Trying (2008)

    Alliant énergie punk, samples cinéphiles et montées émotionnelles, Not for Want of Trying offre un post-rock plus direct, presque pop dans son efficacité. Les guitares s’y font nerveuses, les claviers mélodiques, et l’humour discret du groupe désamorce toute grandiloquence. Un disque attachant, symbole d’une génération post-rock décomplexée.


Playlist:

jonben

jonben

Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

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6 commentaires

obeldod

il y a 14 ans

Très bon article. Cela dit, je me demande toujours pourquoi on ne parle jamais des magnifiques Cult of Luna dans ce genre d’articles. L’un des groupes les plus talentueux qui soient, pourtant.

jonben
il y a 14 ans

Effectivement Cult of Luna ont des morceaux qui auraient pu mériter que leur nom figure à côté d’Isis dans cet article, mais je trouve que Cult of Luna ont moins dévié du post-hardcore/sludge vers le post-rock sur leurs derniers albums. Du coup, la vague post-hardcore étant désormais passée, un article pour faire le point sur cette dernière serait intéressant et Cult of Luna y aurait une place prépondérante.

Rémi

il y a 14 ans

Pareil, je trouve que Cult of Luna aurait eu sa place aux côtés des poussifs Isis. Même si je comprend ton explication Jonben.

Sinon, super article. Et ça fait plaisir de voir nommé des classiques genre Gregor Samsa et Landing, ils méritent un peu d’attention.

Rémi

il y a 14 ans

ha, et pour le côté planant (avec du chant) je recommande aussi Spokane, genre l’album « Able Bodies » (2002).

Mr.Loutre

il y a 14 ans

Pour avoir vu Russian Circles sur scène c’est vraiment monstrueux, sinon bel article jonben.

jonben

il y a 11 mois

J’ai retravaillé la liste de chroniques associées, mais on a publié depuis assez de chroniques dans ce genre pour en faire un nouvel article. J’avoue que le Post-Rock fut pour moi une phase et j’en écoute beaucoup moins aujourd’hui.
J’ai vu This Will Destroy You en concert récemment et c’était d’un chiant… Un groupe que j’adorerais revoir par contre et qui vient de se réformer (ils vont même jouer en Chine) : The Evpatoria Report.

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