Puteraeon – Mountains of Madness
Chronique Death Metal Suédois Lovecraftien

Puteraeon – Mountains of Madness

krakoukass
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Auteur
4 août 2025
il y a 1 an
4,761 vues
Année de sortie
2025
Note
Le groupe suédois, actif depuis 2008, continue d'explorer le death metal old-school avec une approche lovecraftienne, offrant des compositions marquantes et des mélodies séduisantes, le tout soutenu par une production soignée, tout en préservant son identité sonore caractéristique.
Puteraeon – Mountains of Madness

Vous connaissez peut-être déjà les suédois de Puteraeon (je ne cesse de m’interroger sur la façon exacte dont est censé se prononcer ce nom) qui produisent depuis quelques années déjà (fondé en 2008, son premier album sort en 2011) du death old-school à la suédoise classique mais efficace qui a déjà eu l’honneur de 3 chroniques dans nos pages.

En plus de son respect pour les anciens du Death suédois (Grave ou Dismember par exemple) le groupe s’est fait une spécialité de produire du death lovecraftien (comme Sulphur Aeon dans un registre légèrement différent), et Mountains of Madness ne fait pas exception puisqu’il s’inscrit pleinement dans cet axe (étant inspiré par le livre « Les Montagnes Hallucinées » de l’auteur américain). On remarque néanmoins immédiatement en contemplant la très belle pochette que quelque chose a changé dans la présentation et l’affichage du nom du groupe, écrit pour la première fois d’une très sobre façon (on peut penser à une « affiche de film » je trouve), tranchant radicalement avec la typographie typiquement old-school qu’il arborait sur les précédents albums (jusqu’au dernier EP en date sorti en 2024, Quindecennial Horror dont la pochette était pleinement ancrée dans la tradition death classique, même s’il l’EP contenait en fait d’anciens titres du groupe réenregistrés).

Que les plus assoiffés de sang d’entre vous se rassurent : le groupe ne s’est pas assagi et n’a pas décidé de proposer quelque chose de radicalement différent en s’adonnant par exemple à du post metal et pour cause : Mountains of Madness s’inscrit dans la continuité de ce que proposait le groupe précédemment. Mais si je me retrouve à pondre une chronique de cet album, alors que je n’avais pas initialement prévu de le faire, c’est tout simplement que cet album poutre et contient à mon sens tout ce qu’il faut pour devenir le nouveau mètre étalon du groupe. A commencer par des compos marquantes et des mélodies séduisantes présentes en abondance et bien mises en valeur par la production de l’illustre Dan Swäno, qui s’y connait un peu en mélodies qui tuent (réécoutez donc le mythique Crimson de Edge of Sanity si vous avez besoin d’une petite piqure de rappel). Des mélodies qui poussent même le curseur un peu plus loin que d’habitude, comme sur « The Nameless City » avec ce break lumineux sorti de nulle part.

S’ajoute à ces mélodies, cette ambiance sombre et hivernale en parfaite adéquation avec la pochette (cf le début de « Gods of Unhallowed Space » par exemple ou l’introductif instrumental « Miskatonic Expedition », parfaite entrée en matière de l’album).

Vocalement, Jonas Lindblood se montre aussi barbare et bourrin que son physique laisse penser qu’il puisse être, même si l’on peut noter quelques petites originalités, avec par exemple ces cris typiquement Napalm Deathiens qu’on entend à deux reprises en fond sur le bien sauvage « Horror on the Antarctic Plateau », des voix trafiquées (qu’on attribuerait probablement au « narrateur ») sur « The Rise of the Shoggoths » notamment, ou plus étonnant peut-être ces superbes chœurs quasiment en chant clair qui viennent doubler Jonas sur le « refrain » majestueux de « Watchers of the Abyss ».

Evidemment, qu’on se rassure une fois encore, les guitares distordues à la pédale HM-2 sont toujours de la partie avec ce son si caractéristique et si chatoyant qu’on leur connait et que l’on est nombreux à apprécier.

Si l’on chipotait on pourrait peut-être déplorer quelques titres un peu moins forts en milieu d’album (de « the Nameless City » à « The Rise of the Shoggoths ») mais ils sont loin d’être mauvais (peut-être juste un peu longs pour certains à la réflexion) et c’est surtout en les comparant aux excellentissimes 4 premiers titres auxquels s’ajoutent les 2 derniers qu’on pourra dresser ce constat un peu sévère. Constat qui n’empêchera pas d’affirmer que Mountains of Madness est bien l’un des meilleurs albums de death metal qu’on aura entendus cette année.

Tracklist :
1. Miskatonic Expedition
2. The Land of Cold Eternal Winter
3. Remnants
4. Horror on the Antarctic Plateau
5. The Nameless City
6. Gods of Unhallowed Space
7. The Rise of the Shoggoths
8. Watchers at the Abyss
9. I Am the Darkness

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Death Metal Suédois Lovecraftien

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Krakoukass est cofondateur d’Eklektik Rock. Il s’est imposé comme l’une des plumes majeures du webzine depuis ses débuts en 2004, avec des goûts qui couvrent un large spectre allant de la Pop au Death Metal, en passant par le Black, le Neo ou l'Electro, sans oublier des incursions vers le Rock Alternatif, le Doom ou l'Indus. Fidèle aux scènes innovantes comme aux valeurs sûres, il a suivi de près la plupart des pointures du Rock et du Metal mais aussi énormément de groupes plus underground. Son regard critique s’attache autant à la créativité des formations émergentes qu’à l’évolution des grands noms des courants contemporains.

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