Même si le buzz aura été plutôt confidentiel (du moins si vous ne trainez pas sur les réseaux sociaux), le concept de Netherwilds aura légèrement enflé (sur Tiktok principalement) avant même que le groupe canadien n’ait sorti son premier album (que voici). Il faut avouer qu’il est très original, le groupe affirmant jouer du « peasant metal » (metal de paysans), sauf que rien à voir avec nos agriculteurs actuels, ce dernier contant des histoires médiévales, instruments compris ! En effet, nos gueux ménestrels possèdent là quelques instruments d’époque comme une mandoline, les flutiaux ou une vielle à roue, parcimonieusement utilisés à côté des « classiques » pour un groupe de metal.
Monté autour du leader de Tokyo Police Club David Monk, Netherwilds a donc sorti il y a quelques mois son « Return The Goat » au clip hautement distrayant (vous pouvez en convenir ci-dessous) mêlant hardcore bien vénère et sonorités médiévales. Le groupe vient donc y donner une suite articulée autour l’histoire d’un certain Worm Chewer, le tout conté autour de sonorités provenant de la taverne locale, de dialogues un brin décalés (certains rappelant le Donjon de Naheulbeuk) et autres ambiances, ce matérialisé dans ces interludes intitulés « Scroll ».
Cependant le délire s’épaissit autrement car Netherwilds s’amuse même à caler dans sa musique des éléments drum’n’bass (assez inattendus, je vous l’accorde) comme sur le survolté crossover « Helm Yeah » ou même des effets symphoniques (« Heretic »), tout ça s’intégrant naturellement à ce hardcore/metal halluciné devant autant à The Dillinger Escape Plan (« The Fall », « Wickermech », plutôt chaotiques) qu’à Mister Bungle (« Dungeon Song »), en passant par Sikth meets System Of A Down (« Ballad Of Sir Gregory »). Des influences assumées à côté desquelles le groupe ne fait clairement pas semblant – à côté du côté folk – grâce à des riffs punchy aux saccades très solides (le bien nommé « Peasant Pit »).
Même si l’on peut émettre au final une certaine réserve sur les vocaux qui auraient peut-être mérité d’être davantage dans l’agressif plutôt qu’essentiellement du côté « indie », on se retrouve avec un mélange vraiment incongru, un peu trop décousu de prime abord avant d’adhérer au délire (qu’on pourra aussi comparer au Sacré Graal des Monty Pythons) magnifié par le pastiche d’American Gothic sur la cover (qu’on peut ici renommer « American Goatic » pour le coup).
D’un single blague à tout un album narratif suivant le même (de 22 pistes tout de même, un poil trop long donc), il n’y a qu’un pas qu’effectue généreusement Netherwilds. On accompagne donc les canadiens avec plaisir tant les surprises y sont nombreuses mais l’originalité et l’étendue de leur panel burlesque (parfois difficilement lisible) en laissera très certainement quelques uns au bord du chemin. En espérant pouvoir voir ça en live prochainement dans la taverne du coin, à condition de ne pas choper la peste noire d’ici là…
Netherwilds
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