Coilguns – Everything We Love, We Destroy
Chronique Post-Hardcore/Noise/Indie

Coilguns – Everything We Love, We Destroy

beunz
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Auteur
5 novembre 2026
il y a 46 minutes
16 vues
Année de sortie
2026
Note

Deux ans après l’excellent Odd Love, Coilguns fait son retour plus engagé que jamais. Everything We Love, We Destroy possède en effet un titre très parlant, et derrière, il y a un constat amer: dix ans après la signature des Accords de Paris sur le climat, les promesses sont loin d’avoir été tenues, au contraire […]

Coilguns – Everything We Love, We Destroy

Deux ans après l’excellent Odd Love, Coilguns fait son retour plus engagé que jamais. Everything We Love, We Destroy possède en effet un titre très parlant, et derrière, il y a un constat amer: dix ans après la signature des Accords de Paris sur le climat, les promesses sont loin d’avoir été tenues, au contraire même.

C’est donc inspiré par le chaos ambiant du monde actuel que sort ce nouvel album des suisses qui se sont mis d’accord de reconduire la même équipe qu’Odd Love derrière les manettes: Scott Evans (Kowloon Walled City, La Dispute) à l’enregistrement, Tom Dagelty (The Pixies, Ghost) au mix et Robin Schmidt (The Hives, Yungblud) au mastering, le groupe a aussi sollicité les services supplémentaires de Ben Chisholm (Chelsea Wolfe, The Armed). Une équipe qui a une fois de plus concocté un son parfaitement équilibré, servant à merveille ces nouvelles compos parmi les plus directes mais aussi les plus accessibles du groupe de La Chaux de Fonds, comptant désormais Kevin Galland comme bassiste officiel.

Et si le contexte d’écriture aurait pu présager de compos très énervées, Coilguns semble privilégier ici les mélodies vocales aux hurlements (bien qu’on en retrouve de temps en temps, comme sur « Punisher Disclaimer »). Louis Jucker chante donc davantage, toujours empli d’un certain désenchantement, et d’une mélancolie communicative. L’introductif morceau-titre fleurant l’urgence et l’évidence avec son piano nous met d’ailleurs dans l’humeur, renouant avec la singularité du groupe.

Chaque titre diffère du précédent, passant de l’évident (les envolées harmoniques de « Peace Trader », ou « Platform Decay » aux refrains repris en chœur) à des envies noise plus hachées (« Teach Ourselves »), et se plait à connaître d’étonnantes mutations comme pendant « Forever Chemicals » à l’intro piano/voix minimaliste devenant boule de nerfs avant un final très marquant. Il en sera de même pour la conclusion « Perfect Fit Content » où l’on passe d’un visage en retenue à une explosion rageuse en un éclair.

Globalement plus apaisé et triste que son prédécesseur, ce nouvel album n’en demeure pas moins énergique, ses nombreux sursauts débarquant souvent par surprise. Fidèle à son style désormais reconnaissable entre mille, Coilguns continue d’explorer et vient redonner un peu d’espoir à ce monde pas encore totalement détruit…

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Beunz chronique sur Eklektik Rock depuis 2009. Amateur de sonorités extrêmes et abrasives, il s’est imposé comme l’une des plumes les plus prolifiques du webzine dans les registres Sludge, Black Metal, Hardcore Punk et Grindcore, tout en s’aventurant volontiers vers le Shoegaze, le Mathcore ou le Post-Rock. Son intérêt constant pour les scènes underground l’a amené à suivre de près des groupes locaux comme internationaux, qu’il met en avant avec un mélange de passion et d’exigence critique.

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