Nesseria – Fractures

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Style: blackened (post) hardcore Annee de sortie: 2014Label: Throatruiner RecordsProducteur: Neb Xort

Déjà trois ans qu’on attendait une suite au split avec les récemment décédés Clinging To The Trees Of A Forest Fire (devenus Vermin Womb depuis, dont j’ai chanté les louanges il y a quelques mois de ça), les orléanais de Nesseria ont pris leur temps et l’évolution par rapport au premier album qu’on décelait sur le split se voit confirmée, ce qui surprend pas mal à la première écoute.

En effet, si Nesseria (2010) était un condensé de haine pure, du hardcore vicelard et apocalyptique qui s’écoutait d’une traite, les yeux exorbités et en apnée, le split montrait ensuite un aspect plus facile d’écoute, plus « aéré » sans pour autant délaisser les assauts frénétiques et cette tension malfaisante qui leur sont chers. Nesseria prend à nouveau ce parti et propose un second long-format dans la droite lignée du split. Fractures a beau contenir des arguments plus « faciles » à encaisser, il n’en demeure pas moins un album sacrément frontal et chaotique, une machine de guerre conçue autour d’une base hardcore et nourrie au metal extrême, black metal en tête (le in your face Civitas et ses fatales accélérations, exemple parmi d’autres).

La vraie surprise sur Fractures vient du travail du groupe sur les ambiances. Les ralentissements à caractère mélodique (sans pour autant faire dans la putasserie) sont nombreux (on a même droit à une interlude, Fractures, coupant en deux la lecture de l’album), permettent à l’auditeur des respirations entre deux coups de mitraille mais surtout à mettre en place cette atmosphère mortifère prenant souvent une dimension post bien pesante. Enfin notons les deux derniers titres et leur singuliarité: Ceux qui restent d’abord, titre qui démarre de manière épique pour muter ensuite vers quelque chose de plus lourd et mélancolique (contenant même un peu de spoken word façon Diabologum) et la conclusion Omayra, un post rock lancinant un peu à la manière des anciens Year Of No Light, au discret synthé bien classieux.

Fractures prend son temps pour complètement s’apprécier. La bestiale furie, implacable et glaçante, de l’album éponyme est certes toujours là, mais elle côtoie désormais un jeu sur les ambiances qu’on attendait pas aussi affirmé chez Nesseria. En tous cas la mayonnaise prend, elle a un sale goût OK mais elle prend très bien !

Un petit mot concernant la cover, superbe comme d’habitude et collant parfaitement au propos du groupe entre errance et violence de nos sociétés actuelles (les lyrics, une fois de plus aboyés en français, confirmeront ces thématiques)… Bref, de quoi venir dire bonjour à mon top 2014 !

  1. Des rues ordinaires
  2. Le malheur des autres
  3. Leurs histoires
  4. Cent mille fois par jour
  5. Fractures
  6. L’incendie
  7. Cette somme de problèmes
  8. Civitas
  9. Ceux qui restent
  10. Omayra

Bandcamp
Site officiel

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