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Disbelief – 66sick

Sixième album pour nos allemands de Disbelief ! Une jolie carrière que d’aucun pourrait envier… Sauf que Disbelief fait toujours partie de ces groupes dont le talent est avéré mais non reconnu. Il paraît que l’on qualifie ce statut de groupe culte… Quelle qu’en soit la terminologie, ceux qui boudent leur plaisir, ont, à mon humble avis, bien tort !

Pour avoir su faire évoluer son metal depuis 1992 (date de leur première demo), d’un death assez basique et, il faut bien le dire, assez brouillon à un metal extrême moderne, ce groupe mérite largement le détour de la curiosité. Charge à eux de vous convaincre ensuite ce dont je ne doute pas.

Bref avec ce 66Sick, Disbelief reprend les hostilités là où il les avaient laissé après Spreading the Rage, précédent album qui avait marqué une nouvelle évolution vers un metal extrême moderne, surtout en terme de son, passant d’un son assez rond et chaud (présent sur les albums Worst Enemy et Shine) à un son plus clair, plus froid, et au final plus mécanique.

Pour les fans avertis, pas de grosses surprises à attendre, tant la recette fonctionne toujours aussi bien (peut-être trop d’ailleurs… je ne suis pas sûr de la pérenité de cet album). Pour les novices, attendez vous à un choc monumental ! Disbelief compose des morceaux assez simples mais d’une efficacité redoutable, sachant s’adjoindre la puissance et le groove afin d’obtenir un son massif et dévastateur ! Le résultat est imparable (comme toujours) tant c’est accrocheur sans pour autant être simpliste. Les guitares viennent nous distiller des mélodies au travers d’un son saturé instaurant paradoxalement des atmosphères assez profondes voire intimistes (telles que l’on peut en trouver chez Deftones).

Les lignes de basse sont également un élément indispensable, donnant cette profondeur au son de Disbelief et un caractère singulier qu’un certain Killing Joke sait si bien exploiter. Killing Joke me semble d’ailleurs être une influence majeure de ce combo (une reprise de « Democracy » dans la tracklist de l’album précédent viendra corroborer ma thèse), mais je trouve que cela se traduit surtout dans cette façon décomplexée de créer, de composer des titres très accrocheurs, de triturer leur metal pour le rendre émotionnel voire mélancolique.

La voix rauque à la limite de la rupture est également indispensable à la personnalité de Disbelief. Elle semble de mieux en mieux maîtrisée et excellemment mise en place, instaurant ce sentiment d’écorché vif au travers d’un cri primal, et de quelques lignes de chants clair. Pour autant n’allez surtout pas croire que Disbelief sacrifie à la mode des voix claires… Bien mal vous en prendrait. Même lorsque la voix est claire, c’est aussi lisse que du papier de verre !

Il se dégage donc de cet album une certaine homogénéité (quasiment aucun temps mort) mais paradoxalement même si tous les éléments qui ont fait leur renommée sont ici présents voire décuplés, je ne suis que moyennement satisfait par ce cru 2005.
Que les choses soient claires : cet album est très bon, mais en fan de longue date il me manque un effet de surprise, une petite étincelle de génie en plus qui fasse de chaque morceaux un single en puissance, un monstre imparable (et pourtant chacun l’est je vous assure, allez jeter une oreille sur « Sick », ou bien encore « For God »). Je pressens en effet une durée de vie assez limitée à cet album dans ma platine. Peut-être la faute à un son trop accrocheur, trop direct… Peut-être la faute à mon goût immodéré pour les surprises…

  1. 66 (intro)
  2. sick
  3. floating on high
  4. for god
  5. continue from this point
  6. crawl
  7. rewind it all (death or glory)
  8. lost in time
  9. try
  10. edges
  11. mental signpost
  12. to alone for all