#forgotten tomb

Mourning Dawn – Mourning Dawn

Inborn Suffering ne vous avait pas suffisamment lacéré la chair malgré les qualités de son Wordless hope ? Qu’à cela ne tienne, certains de ses membres ont prévu l’éventualité de pareille frustration et ont su garder sous le coude quelques compositions s’aventurant plus avant sur la route du noir désespoir. On garde donc le hurleur et le batteur, on accompagne le tout d’un guitariste et d’un bassiste et le tour est joué. Mais Mourning Dawn (l’album) n’est apparemment le fruit que d’une pensée : celle du guitariste/vocaliste. Et ce dernier ne semble pas penser souvent à des champs de coquelicots illuminés par un coucher de soleil antillais (merci de vérifier la scientificité de la présence de coquelicots dans les Antilles, c’est assez pressé) ; son quotidien est plus attiré par des paysages de désolation qui ont également droit de cité chez des confrères aux origines géographiques latine et scandinave. À qui je pense ? Oh aux incontournables du genre : Shining et Forgotten Tomb. Un peu plus aux Italiens qu’aux Suédois d’ailleurs. Ou l’inverse. En fait, ça dépend.

Toujours est-il que nos compatriotes ont eu le nez creux de sortir ce premier album en ce début d’année. Car 2007 jette une grosse poignée de terre sur le tombeau des aînés si l’on doit juger leurs albums relativement à leur débuts de carrière. Pour être clair, Mourning Dawn est l’Aubaine des fans déçus des maîtres du black/doom dépressif.
La qualité sautant quasi immédiatement à l’oreille, j’ai craint un instant d’être atteint de lassitude après moult écoutes. Que nenni, l’émotion est toujours présente passé le cap du sentiment de révélation. Car il s’agit bien d’une révélation. Et ce n’est pas le petit chef d’oeuvre qu’est Grey Flood qui me contredira. Sa présence parmi les titres constituant un certain Love’s burial ground (Forgotten Tomb) ne m’aurait pas choqué, pour tout vous dire ; bien que, côté vocaux, on se situe plutôt dans les marées poisseuses des (old) Katatonia.

Alors quand en plus vous attendent, pour la suite des hostilités, des morceaux de la veine d’un When The Sky Seems To Be A Flag ou d’un Innocence Leaves avec leur cohorte de frissons prêts à vous parcourir l’échine, vous êtes bien obligés de constater, la main tremblante et l’estomac un peu noué, que vous avez affaire à ce qu’il est convenu d’appeler un incontournable.
Ne le contournez pas.

  1. intro
  2. from the torrent and the fountain
  3. grey flood
  4. interlude
  5. when the sky seems to be a flag
  6. innocence leaves
  7. as the ocean…
  8. verdun