We Insist! + Manimal + Leiden – 15 mai 2006 – Batofar – Paris

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La structure Jerkov (jerkov.free.fr) est un petit label toulousain des plus actifs, accueillant des artistes variés et iconoclastes (Psykup, Sybreed, Agora Fidelio, Manimal, To the Vanishing Point, Sibyl Vane, Mary Slut, Leiden, Feeding, Delicatessen) organisait à Paris un mini-festival ces 14 et 15 mai au Batofar, bateau accosté au quai François Mauriac longeant la BNF.
Deux soirées dans 2 registres différents : une première journée plus métal avec pour ouvrir le metal gothique de Leiden, puis les excellents Manimal, side-project de Psykyup, et leur metal extrême ouvert d’esprit et en final les parisiens de We Insist! La 2ème journée dans un style plus rock, avec l’electro-rock de Sibyl Vane, le rock en français d’Agora Fidelio et le post-rock de To the Vanishing Point.

Je m’attarderais sur la première soirée, donc le programme laissait présager du meilleur. J’avais déjà vu les 2 premiers groupes, Leiden et Manimal, tous 2 sur Jerkov en 2004 à la péniche Alternat non loin de l’autre côté de la Seine, et c’était un plaisir de les retrouver dans de meilleures conditions. Le public s’était d’ailleurs déplacé en assez grand nombre, la salle du Batofar étant relativement occupée. Il est étonnant par contre de voir que le public du festival n’est pas vraiment celui que l’on a l’habitude de voir aux concerts métal, plus jeune et festif.

Les Leiden montent sur scène après une intro orchestrale puis lancent un set assez énergique, mené par leur chanteuse pouvant rappeler celle de Lacuna Coil vocalement. Le groupe s’en titre plutôt bien avec son metal gothique, c’est bien joué, les musiciens sont bien dedans et arrivent à poser une certaine ambiance, entre les nombreuses accalmies, avec arpèges gorgés d’effets et la douceur de la voix féminine, et les riffs lourds soulignés par les voix growlées d’un des guitarsites. N’empêche que, comme il y a 2 ans, je trouve la musique du groupe ennuyeuse sur la durée, le groupe maitrise son style mais n’y apporte guère d’imagination et aucun morceau vraiment marquants ne sortent du lot. A mon avis le potentiel est là mais il manque au groupe des riffs ou des refrains qui sentent un peu moins le réchauffé.
Le set du groupe est tout de même agréable, sachant être bien percutant quand nécessaire, et aura su plaire à une bonne partie d public je pense.

On a affaire à une tout autre bête avec Manimal, c’est rapide, c’est nerveux, et ça commencera sérieusement à s’exciter devant la scène à peine « Le monstre est vivant » et son blast introductif lancé.
Le son est surpuissant, tous les instruments sont bien représentés, la musique de Manimal a l’avantage de prendre tous les éléments du metal extrême en les clarifiant, transformant le gros bloc monolithique qu’il est commun d’entendre dans le death en concert en une musique plus variée et moderne, injectée de mélodie, avec surtout un groove imparable, qui ferait headbanguer le plus récalcitrant des true métalleux.
Les morceaux défilent sans trop d’interruption, meublés par quelques piques et remerciements de Ju, qui part ailleurs remplit très bien son rôle de frontman, reproduisant les voix osées de leurs 2 albums, alternance de growls, cris suraigus stridants et chants clairs.
C’est toujours un plaisir de voir un groupe reproduire aussi fidèlement l’intensité de ses morceaux sur scène, les jeunes musiciens sont tous aguerris, guitaristes aux doigts epileptiques adeptes de toutes les techniques que permet la guitare électrique, batteur du genre métronome poulpesque, et même le bassiste, qui faisait seulement l’interim sur cette date, était des plus dextres et précis.
3ème fois que je vois le groupe et encore une bonne baffe, Manimal est clairement un groupe marquant sur la scène metal française, dommage que leur public reste jeune et qu’ils ne percent pas chez un public metal plus traditionnel car ils auraient beaucoup à y apporter.

Le Batofar, bien plein pour le set de Manimal, commence à se vider. Je ne comprend pas trop l’intérêt de se déplacer à un concert pour partir après le groupe qu’on est venu voir, les concerts servent aussi à découvrir de nouveaux groupes. Enfin c’est maintenant au tour du groupe parisien We Insist! de monter sur la scène, et il faut quand même dire que leur musique est relativement éloignée de celle de Leiden et Manimal. Formation rock accompagnée de 2 cuivres, le groupe pratique un style assez personnel, mélange d’élans rock noisy et jazzy, le tout avec des structures assez expérimentales, un peu comme si Sonic Youth s’essayait à des rythmes jazz. Avec un album à leur actif enregistré il y a 2 ans et un autre en préparation, le groupe a de la matière et une bonne expérience de la scène. Le concert commence, le guitare et le chanteur commencent seuls le 1er morceau, chanteur qu’on verra ensuite se placer derrière la batterie pour le reste du set. Les morceaux du groupe sont assez variés, certains passages sont même franchement réussis, on a affaire à des musiciens aguerris et talentueux, mais je trouve le tout un peu décousu. Les cuivres, saxos et clarinette, n’apportent pas toute la nouveauté qu’on pourrait en attendre, se contentant d’un rôle trop convenu d’accompagnement à mon avis. Le concert était tout de même assez prenant, à revoir, mais je ne pense pas que j’écouterais We Insist! en boucle chez moi.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

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