Starkweather

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Pourrais tu introduire Starkweather et décrire le type de musique que vous jouez ?

Rennie Resmini : Les membres de Starkweather sont moi même (Rennie Resmini, chant), Todd Forkin (guitare) et la section rythmique constituée des frères Rosa : Harry (batterie) et Vince (basse). Je décrirais la musique comme étant sombre, sinistre avec une narration fracturée et une progression cinématique.

Quelles sont certaines de vos influences musicales ?

R.R : Cela dépend des membres mais nous nous retrouvons tous dans des groupes comme Voivod et Thought Industry. Todd et moi même inclurerions des artistes tels que Articles of Faith, Amebix, Fear of God, Celtic Frost, Swans et Void. Harry et Vince aiment beaucoup des groupes progressifs et techniques comme Dream Theater, Atheist, Watchtower, Nevermore, Queensryche. Nous avons des goûts différents en matière de musique. J’aime beaucoup la musique classique contemporaine et la musique industrielle de la vielle école. Des choses comme Iannis Xenakis, Poul Ruders, Ligeti, Lachenmann jusqu’a Test Dpt, SPK, Sutcliffe Jugend et E. Neubauten.

Tu as une manière de chanter très originale. Quelles sont tes influences pour utiliser ta voix d’une manière aussi diverse ?

R.R. : Je sais que cela va paraître bizarre mais mes influences vont des chanteurs de Hardcore Punk des débuts comme John Brannon (Negative Approach), Blaine Cook (The Accused), Mike Dean (Corrosion of Conformity) jusqu’a des chanteurs comme Diamanda Galas, Sinead O’Connor (Lion and the cobra), Nick Cave, Michael Gira, Geoff Tate (Queensryche) et King Diamond. J’apprécie toujours les vocalistes qui utilisent plus que quelques notes. Donc mon style est un mélange bâtard de tous ces chanteurs.


De même, quelles sont tes influences en tant que rédacteur de paroles ?

R.R. : La vie, tout simplement. Mes paroles sont mes impressions sur ce qui arrive dans ma vie et autour de moi.


Votre dernier album, avant Croatoan, était le EP Into the wire sorti en 1995. Pourquoi l’enregistrement et la sortie de « Croatoan » ont ils pris autant de temps ?

R.R. : La première raison provient de notre vie de famille qui a la priorité par rapport à la musique. Harry a une femme et deux enfants. Todd et Michelle, qui était la bassiste du groupe à cette époque, étaient mariés et après leur divorce, Starkweather était dans une mauvaise passe. Nous avons essayé de la remplacer par Liam Wilson de the Dillinger Escape Plan, mais ce n’était que provisoire puisque, évidemment, la priorité de Liam était Dillinger. Nous avons aussi été rejoint par un second guitariste, qui était dans the Promise. Ces deux groupes tournent constamment et c’était difficile pour nous de leur apprendre les chansons que nous avions écrites pour Croatoan. Et une fois que nous étions partis pour enregistrer cet album, nous n’étions pas aussi prêt que nous aurions dû l’être et cela a causé du retard. Je n’ai pas pu enregistrer ma voix au studio de Pierre Remillard, ce qui a retardé le mixage. Pierre a une année de travail prévue à l’avance tout le temps. L’attente fut donc exagérément longue avant que l’album puisse être finalisé.


Starkweather est généralement décrit comme un groupe de metalcore dans la plupart des chroniques. Est ce un terme avec lequel vous êtes en accord ?

R.R. : Pas du tout. Je déteste le terme metalcore. C’est insultant. J’associe ce mot avec la merde et les déchets. Je préférerais que l’on nous considère comme un groupe de metal ou un groupe de hardcore. Nous nous sommes toujours décrit comme un groupe de metal avec une éthique hardcore.


Que penses tu de l’état de la scène metal actuel ?

R.R. : Bien que je ne m’intéresse pas constamment aux modes et à ce que les gens pensent de certains genres ou de certains groupes, je trouve qu’il y a beaucoup de groupes intéressants en ce moment. Regarde juste les groupes signés sur Appease me, Blut Aus Nord, Comity, Overmars, PHOBOS, Spektr, Monolith. Vincent signe beaucoup d’artistes exceptionnels. Et puis il y a Deathspell Omega, Gojira de France. Il y a un petit label anglais appelé Ammonite Industries et tous leurs artistes sont remarquables. Et puis l’Angleterre a Axis of Perdition, Anaal Nathrakh et Profane. De Pologne j’apprécie beaucoup Antigama, Nyia, Samo (qui ont peut être splitté ?) Behemoth, Indukti. Il y a des choses dans la scène metal qui m’ennuient comme la prolifération du son suédois death mélodique, beaucoup des groupes extrêmement techniques qui sont constitués de très bons musiciens mais incapables d’écrire de la bonne musique. Je pourrais continuer encore et encore. Heureusement, il y a assez de groupes intéressants pour que j’ignore la plupart des moins bons.


Starkweather est généralement considéré comme un groupe très influent parmis la scène metal et hardcore. Est ce que tu penses que cela est vrai et entends tu vos influences dans certains des groupes d’aujourd’hui ?

R.R. : Je ne peux pas m’exprimer sur ce sujet car nous sommes un groupe tellement underground et plutôt entouré d’une aura « culte » que ceux que l’on pourrait considérer comme influencés par nous n’ont probablement jamais entendu parler de Starkweather, et encore moins entendu notre musique. Je ne m’intéresse pas à ce genre de choses. Cela n’a pas d’importance pour moi car cela ne signifie rien finalement. Je n’ai jamais décidé de faire de la musique pour la reconnaissance ou l’argent. C’est un « outil » artistique et personnel pour moi.


J’ai lu sur un forum de discussion que vous ne jouiez presque plus que des nouvelles chansons. Est ce vrai ?

R.R. : Oui. Nous avons toujours fait ainsi. Une fois que quelque chose est enregistré nous sommes prêts à avancer pour écrire de nouvelles chansons. Quand nous sommes allés en Europe l’année dernière nous avons du réapprendre beaucoup d’anciennes chansons et de mon point de vue c’est une perte de temps. J’aime écrire de la musique, donc, avoir à réapprendre (et apprendre à Vince) de vielles chansons est ennuyeux. Je préfère me concentrer sur de la nouvelle musique et jouer très peu d’anciennes chansons. Je voudrais vraiment ne pas reprendre de chansons de Crossbearer jusqu’a Into the wire.


Starkweather est un groupe très original avec un son unique. Avec quels autres artistes associes tu les émotions et l’esthétique de la musique de Starkweather ?

R.R. : Des artistes comme Ivan Albright, Otto Dix jusqu’a des réalisateurs comme Shinya Tsukamoto, Kiyoshi Kurosawa, Kim Ki Duk. Paul Romano me fait aussi beaucoup penser à nous. Il a la même attitude et le même regard sur certaines choses.


La couverture de Croatoan est très particulière, et encore plus pour un album de metal ou de hardcore. Avez vous demandé a Paul Romano une image spécifique or a t’il utilisé la musique comme influence pour faire la couverture ?

R.R. : Paul a utilisé la musique et les paroles comme référence. Nous ne lui avons pas demandé d’image spécifique. Je pense qu’il est mieux de laisser l’artiste faire ses propres dessins. J’aime le fait que l’ensemble du livret soit uniquement des photographies. Il n’y a presque rien qui soit généré par ordinateur. Paul a construit des décors, pris des photos de différents sujets et a effectué beaucoup de traitement photos à la main.


Je sais que vous n’êtes pas le genre de groupe a partir en tournée pendant longtemps mais pensez vous faites quelques concerts en Europe au cours de l’année 2007 ?

R.R. : Cela dépend si il y a une demande considérable pour le faire. Personnellement je préférerais attendre que nous sortions un nouvel album. Nous sommes fatigués de jouer d’anciennes chansons et il serait plus intéressant de jouer de toutes nouvelles chansons.


Et finalement, êtes vous en train d’écrire ou avez vous écrit de nouvelles chansons et pensez vous les enregistrer prochainement ?

R.R. : Nous sommes en train de finir un mini album de 3 chansons au studio Deadverse (studio de Dalëk). Attendez vous a ce que cela sorte entre l’hiver et le printemps de 2007. Ensuite, à partir de l’été 2007 nous devrions enregistrer un nouvel album. Nous avons sept chansons qui ne sont pas encore enregistrés et elles montrent une progression notable de ce que vous avez pus déjà entendre de nous auparavant tout en conservant, sans l’ombre d’un doute, le son et le style pour lequel nous sommes connus.

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de nous contacter pour faire cette interview.

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

hororo a écrit 395 articles sur Eklektik.

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