The Mars Volta – 05 mars 2008 – Olympia – Paris

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Jonben : Après un concert intéressant mais pas non plus exceptionnel à l’Elysée Montmartre en 2005 et donc une absence de 3 ans malgré la sortie entre temps d’Amputechture avant le petit dernier the Bedlam in Goliath, The Mars Volta revenait cette fois à l’Olympia, une Olympia sold out malgré un tarif assez élevé (plus de 30€), ce qui prouve bien que le groupe a su depuis monter en puissance et élargir ses types de fans. Vu la qualité du dernier opus du groupe, qui m’a définitivement réconcilié avec leur musique, j’attendais ce concert avec impatience, curieux de voir comment rendrait ces morceaux sur scène.

Les 2 ex-At The Drive-In capillairement fournis, Omar et Cedric, toujours aussi excités sur scène, étaient de nouveau accompagnés de 6 musiciens, outre batteur et bassiste, le clavier et Paul Hinojos, ancien bassiste de At The Drive-In, ici à la guitare, occupaient la droite de la scène alors qu’un percussionniste et un saxophoniste étaient eux à gauche. Le décors proposait des peintures projetées sur tout le fond de la grande scène de l’Olympia, peintures étranges rehaussées de spots de lumières psychédéliques. Des drapeaux mexicains ornaient les amplis, soulignant les origines des 2 compères, et derrière le batteur, un espèce de phare tournant et éclairant, qui s’allumera pendant certains passages, notamment pendant une longue improvisation bien rythmée et dansante. L’ambiance était donc déjà posée, pour un concert annoncé comme marathon, et le ton donné à peine le groupe sur scène, l’énergie, la démonstration technique, l’improvisation étaient au rendez-vous. Après un premier titre, excellent morceau de leur 1er EP gaché par un son approximatif, les conditions du concert qui commençait sur les chapeaux de roue s’améliorèrent, mais malheureusement le son ne fut jamais vraiment parfait, la cohésion entre les différentes sonorités du groupe étant assez difficile, seul le batteur, le guitariste et la voix étant vraiment clair dans le mix.

Cela n’a pas empêché le groupe de proposer une véritable performance, un concert plus cohérent que celui d’il y a 3 ans, joué d’une traite sur 3h, sans temps mort. Certes mon attention n’a pas été toujours soutenue, quelques passage s’étirant en longueur, mais le concert a régulièrement repris de l’intérêt. On notera 3 titres en acoustiques joués par les 3 ex-At the Drive-In du groupe, passage particulièrement touchant et réussi où Cedric a démontré une assurance de plus en plus soutenue à la voix, qu’il maîtrise bien mieux que par le passé, arrivant à reproduire sans problème la plupart des lignes de voix du dernier album, assez difficile à ce niveau.

Il faut quand même avouer que niveau communication avec le public, c’était pas vraiment ça, le groupe compensant avec un flux ininterrompu entre les morceaux, reliés par des nappes d’effets. Cedric sortit tout de même quelques phrases assez marrantes au retour sur scène pour le rappel.


Angrom : Étant fan des Mars Volta depuis leur premier disque (De-loused in the Comatorium, sorti en 2003), je n’ai pas raté ce passage à Paris du groupe d’Omar Rodriguez Lopez et de Cedric Bixler Zavala. Pour l’occasion, c’est la superbe salle de l’Olympia qui accueillait le groupe. C’est toujours un plaisir de se rendre dans cette salle à l’acoustique de fort bonne qualité et au cachet remarquable.

Après 2h50 de show endiablé, un constat s’impose. The Mars Volta est un groupe de tueurs en concert. Le groupe nous a offert un concert qui repassait en revue des titres de ses quatre albums, agrémentés de nombreux passages improvisés, planants ou psychédéliques, qui nous font vraiment voyager dans le temps à la grande époque des groupe pour qui la scène était un formidable espace de liberté, comme King Crimson ou Led Zeppelin. Les deux co-leaders du groupe font d’ailleurs penser des Jimmy Page et Robert Plant modernes, tant dans l’apparence que dans l’esprit.

Alors, forcément on pourra par moments décrocher et ne pas adhérer à ces trips. Ça avait été mon cas la première fois que j’avais vu le groupe, mais cela n’a pas été les cas pour ce concert de l’Olympia. C’était aussi l’occasion pour le groupe de nous présenter son nouveau batteur : Thomas Pridgen, un monstre de technique et d’endurance qui a martelé ses fûts sans discontinuer avec une puissance et une précision qui m’ont soufflé. Le dernier album étant basé sur la rythmique, l’apport de ce nouveau cogneur est indéniable sur les qualités « live » de TMV.

Et puis au milieu d’un groupe nombreux, et bigarré (bon nombre d’instruments joués sur scène : cuivres, percussions, claviers, orgues), il y a Omar et Cédric. Le premier nous offrant une prestation guitaristique de haute volée, aussi bon pour reproduire les riffs de tueur des tubes de TMV que pour nous emmener dans son monde, celui de ses expérimentations. Quant au second, il est un remarquable frontman, et même si sa voix n’a pas toujours été au top tout au long des 2h50 (compréhensible au vu de la difficulté de ce qu’il y a à chanter), il assure le show, et nous offre au passage un petit cours de danse rythmée (quand on connait la musique de The Mars Volta, on peut imaginer le tour de force).

La Setlist : 01. Roulette Dares (The Haunt Of) 02. Viscera Eyes 03. Wax Simulacra 04. Goliath 05. Ouroboros 06. Tetragrammaton 07. Agadez 08. Cygnus….Vismund Cygnus 09. Aberinkula 10. Drunkship Of Lanterns 11. Asilos Magdalena 12. Miranda That Ghost Just Isn’t Holy Anymore 13. Day of the Baphomets Avec moult interludes improvisés et introductions fantaisistes, pour un total de plus de 3 heure.

Merci à Lady Alexxx pour les photos.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 502 articles sur Eklektik.

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