Mike Patton – Mondo cane

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Son mariage avec une italienne. Son aventure pop sur Peeping Tom. La rencontre des deux n’a rien de surprenant sur ce nouveau projet. Celle avec le chef d’orchestre qu’il s’est associé pour Mondo Cane est par contre beaucoup plus providentielle. Alors qu’il se trouvait en tournée avec Mr Bungle, un inconnu lui donna un disque de Daniele Luppi, compositeur italien dont le CV inclut une collaboration avec le producteur hip hop Danger Mouse sur l’album St Elsewhere de Gnarls Barkley ou la BO de la série Sex in the City. Cet album donné par un fan s’intitule An Italian Story, un hommage aux bandes son de son enfance italienne enregistré avec des musiciens de l’époque. Intéressé par le travail de l’homme, Patton chercha à le contacter par mail, sans succès, jusqu’à découvrir, par hasard, son nom dans le livret de l’album de Gnarls Barkley. Il obtint son adresse email correcte par le biais de Danger Mouse, et finalement le contacta pour lui proposer de former ce projet.

Ainsi, l’amour de Patton pour la pop italienne put enfin prendre forme sous le nom de Mondo Cane, le titre d’un film italien daté de 1962, un documentaire montrant l’humanité sous son côté le plus dépravé, ayant choqué son époque. De la pochette cartonnée, découpée, colorée et dédicacée  à son ex femme (« à la femme de ma vie »), tout dans ce disque constitue une lettre d’amour à l’Italie. L’accent italien du chanteur américain a été travaillé par ses conversations avec ses amis lors de ses multiples séjours au pays, puis retravaillé lors de l’enregistrement pour faire en sorte que l’hommage soit complet dans les moindres détails.

Accompagné de l’orchestre philharmonique Arturo Toscanini, conduit par Aldo Sisillo, pratiquement rien dans ce disque ne rappelle les propres compositions de Patton, si ce n’est la découverte de toutes ces influences qui ont toujours participé aux lignes mélodiques raffinées du charmeur chanteur gominé. Si tous les emprunts aux musiques italiennes ou hawaïennes ont parfois semblé parodiques aux oreilles des fans, Patton ne les a jamais considérées comme telles et traite avec révérence et attention ces morceaux de pures mélodies sucrées, romantiques, raffinées et épicées par les sentiments exacerbés de l’italien amoureux de ses femmes, de son vin et de son soleil.

Tout se retrouve, parfaitement en place, dans Mondo Cane et s’attendre au contraire serait tenter la déception. En revanche, pour avoir vu en ligne un concert de l’orchestre, six ou sept titres supplémentaires font partie de la set list et auraient pu être rajoutés. Cela garantit par contre au disque une plus grande fluidité et une durée raisonnable pour un album pop que l’on prend plaisir à faire tourner inlassablement pour se replonger dans ces mélodies de l’été infini.

  1. Il cielo in una stanza
  2. Che notte!
  3. Ore d’amore
  4. Deep down
  5. Quello che conta
  6. Urlo nogro
  7. Scalinatella
  8. L’uomo che non sapeva amare
  9. 20km al giorno
  10. Ti offro da bere
  11. Senza fine

A PROPOS DE hororo

hororo Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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