Kevorkia + Happy Face + Henker + Drifting Breed – 19 mai 2005 – Espace Curial – Paris

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Ce concert avait lieu dans cette charmante salle du 20ème arrondisement qu’est l’Espace Curial, sorte de MJC perdue entre des tours HLM. Le quartier manque sévèrement d’animation, ça change des sex shops de Pigalle, c’est sûr, mais la salle n’est pas trop mal. Sauf que ce soir, elle était malheureusement desertée. Arrivé un peu en retard, je pensais le public déjà rentré, mais non, les 3 chevelus et un tondu à l’entrée attendait bien « l’ouverture des portes ».

Les 4 groupes ne jouèrent pas devant grand monde, mais ils y ont mis du leur pour faire le maximum de boucan dans la salle. Kevorkia, groupe de deathcore breton qui monte, après un album très bien reçu par la presse (et album du moment sur Eklektik) étaient accompagnés par 3 groupes parisiens relativement peu connus.

Drifting Breed commence les hostilités. Le groupe vient de Paris et en est encore à ses débuts, il viennent d’enregistrer leur 1ère démo/EP, et ça se ressent sévèrement, ils ont encore des progrès à faire question mise en place et jeu scénique. Les compos manquent encore de personnalité et de modernité, sonnent comme du Machine Head ou du Pantera avec une voix hardcore, pourtant leur EP Hope Hereafter sonne plutôt bien. Avec un peu de boulot, le groupe pourrait peut-être bien donner mais pour l’instant ils n’ont pas de son à eux et manquent d’aisance sur scène, c’était un peu mou, seul le chanteur bougeait pas mal, et ce n’était pas des plus palpitant du public, mais le son pas terrible a peut-être joué.

Remplacement de tout le matos sur scène puis arrivent Henker, venant de l’ouest parisien, ils pratiquent un métal plus extrème, à la croisée Power et Death avec comme tous les groupes de la soirée une voix entre death et hardcore. Le son est tout de suite beaucoup plus lourd, le groupe ayant un matériel plus pro. Le chanteur est un véritable diable énervé, sa voix bien puissante et il joue parfaitement son rôle, interpelant l’assistance de ses cris rageurs. Derrière, les riffs sont très axés sur la rythmique, martelée par la double pédale comme en palm-mutting sur les grattes. Bien rôdés à l´épreuve du live, le set sera envoyé sans temps mort, le batteur assez impressionnant mène le jeu.

Je trouve par contre dommage que les 2 gratteux jouent très souvent les mêmes riffs en grave car malgré le batteur, ces riffs manquent parfois de précision, des harmonies en aigu et de petits phrasés mélodiques allègeraient grandement leur musique, qui parfois sonne comme un gros bloc de graves. De même, il y a très peu de temps mort pendant le set, c’est du lourd, du bien lourd, ce qui finit par me lasser.
Ah oui le groupe a aussi un mec au clavier/sampler mais qui fait plus de la figuration qu’autre chose.

Globalement, Henker est un groupe qui a du potentiel, ils savent déjà prendre possession d’une scène et leur musique, même si elle n’est pas des plus originales, est moderne et intéressante.

Après l’attaque sonique de Henker, pas non plus de douceur pour le prochain groupe mais de la bonne humeur comme le nom du goupe l’indique. Happy Face, c’est toute la finesse d’une bouillie ultragrave rarement intérrompue, de blast percutants et passages plus groovy mais les plus dévastateurs que peux proposer le brutal death, le tout surmonté d’une voix angélique qui tient en fait plus du grognement ultra-guttural informe grind. Ca envoie quand même assez bien, le chanteur au physique impressionnant dépassant allègrement les 100 kilos prend possession sans peine de la scène pas trop petite de l’Espace Curial. Le groupe maitrise dans son style, c’est carré et ça rend bien sur scène, l’unique gratteux sort des riffs techniques quoique difficilement discernables, mais il faut vraiment être amateur pour apprécier, j’avoue être un peu indifférent. Je fleurte avec la somnolance vers la fin du set, bizarre pur un groupe ultra brutal qui se concentre sur les basses, mais ça m’a plus bercé qu’autre chose.

Arrivent alors, sur un morceau de cornemuses (eh oui ils sont bretons), le dernier groupe de la soirée alors que la fatigue et la lassitude commence à se faire un peu ressentir. Pourtant les Kevorkia remettront un peu d’ordre dans tout ça et se motiveront pour une salle toujours désespérément vide.
Le chanteur arpente la scène dans tous les sens, les musiciens sont bien motivés, et ils executeront comme il le faut une majorité de titres provenant de leur album Elusive
ainsi qu’un morceau issu de leur album Ep précédent datant de 2001.
Kevorkia assène un hardcore moderne fortement influencé par l’agressivité du death. On est loin du metalcore, américain ou européen, ici, le ton est plus agressif, le côté hardcore du groupe ressort dans une voix vindicative et des riffs bien lourds qui sont appuyés par une rythmique impeccable, qui emprunte au death la lourdeur et de la double en pagaille.
Malgré ce côté brutal, la musique du groupe respire quand même grace à des riffs aéré sur lesquels gratteux et bassiste manient leurs manches avec dextérité. Plusieurs courtes poses parsèmeront le set, dont un enregistrement d’orgue assez lugubre tranchant avec la musique du groupe, et un aprège joué par une basse au son assez flangerisé.

Kevorkia fût sans conteste le groupe le plus pro, ils sont vraiment prêt pour assurer les premières des groupes les plus importants de la scène death ou hardcore, car leur approche musicale leur permet de plaire assurément aux 2 publics.

Un concert correct, un peu gaché par le manque d’affluence, même si je me répète, les 4 groupes y ont quand même donné du leur, mais l’affiche était peut-être un peu brutale et monotone pour moi.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

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