Paradise Lost + Orphaned Land + Society 1 – 08 juin 2005 – Elysée Montmartre – Paris

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La tournée européenne de Paradise Lost se terminait ce soir sur cette date à l’Elysée Montmartre de Paris. Le groupe était accompagné des excellents Orphaned Land dont c’était la première venue en France et des pas du tout excellents Society 1.

Society 1 donc, arrivent sur scène avant l’heure indiquée sur le billet comme ça devient une habitude à l’Elysée Montmartre… devant un public éparpillé mais qui s’étoffera progressivement pendant le set. Ces « retardataires à l’heure » n’auront pas loupé grand chose il faut dire, à part 4 énergumènes sur-lookés néo/dark pratiquant une sorte d’indus mélangé à un rock couillu. On pourrait comparer la musique de Society 1 à Marylin Manson, Coal Chamber ou même parfois à Alice in Chains, mais en guère intéressant, basique et rendu avec un son brouillon, en particulier un son de gratte des plus crades.
Le groupe se fait remarquer par son chanteur peinturluré gesticulant amateur de provoc porno assez navrante, torse nu et pantalon en cuir, qui ne devait d’ailleurs pas avoir le sang très clair. Il parcourera la scène dans tous les sens dans des poses exagérées pour finir par montrer son cul et menacer un public guère enchanté qui au final enverra le groupe se faire braire.

Je me rapproche alors de la scène pour être aux premières loges pour Orphaned Land. Le groupe est acclamé dès son arrivée et j’ai l’impression que beaucoup de gens étaient venus pour le groupe israelien. Ce fut en effet leur premier concert en France et d’ailleurs leur première tournée européenne et ça fait longtemps que certains attendaient de les voir.
Orphaned Land existe en effet depuis plus de 10 ans et aura avec ses 3 albums conquis de nombreux fans avec leur métal progressif fortement influencé par la musique orientale. C’est dire si j’attendais de voir ce que ce groupe pouvait donner sur scène et ce fut à la mesure de ce que j’attendais d’eux!

Les 5 musiciens et le chanteur arrivent sur scène, looks mi-métalleux, mi-oriental, déjà totalement à fond et manifestement contents d’être là, grand sourire pour tous, et nous feront profiter pendant 40 courtes minutes de leur musique brillante.
Les instruments traditionnels (ouds, luths…) utilisés sur leurs albums, n’étaient pas de la partie, il manquait aussi la chanteuse arabe présente sur certains de leurs titres mais leurs compos furent bien retranscrites, certains samples étant lancés à la place et le fait qu’ils fassent un show sans artifice ne m’a pas dérangé, au contraire, ça leur a permis de plus tabler sur des titres énergique pendant ce court set.

Le chanteur Kobi Farhi, au look à la Jésus, a mené de main de maitre le show, alternant parfaitement chants clairs épiques et growls death, communiquant avec le public. Ca bougeait autant sur leurs grosses rythmiques métal que sur les passages plus traditionnels tout aussi entrainants limite danse de bar mitsva. Le groupe cible aussi sur des passages plus techniques et même si ils n’auront pas le temps de jouer les morceaux les plus progressifs de leur catalogue, les musiciens ont tout de même pû montrer l’étendue de leur jeu.

La setlist fût majoritairement axée sur le dernier album Mabool mais ils n’ont tout de même pas oublié de jouer quelques titres de Sahara et El Nora Alila.
J’ai trouvé leur concert vraiment excellent, pas une seule baisse de régime, vraiment très pro, chaque musicien ayant un jeu intéressant, et d’où j’étais à quelques mètres de la scène le son était plutôt bon même si j’entendais surtout la guitare de gauche devant laquelle j’étais.
Espérons que le groupe revienne rapidement en tête d’affiche pour un plus long show.

Même si j’étais venu pour Orphaned Land, j’avais aussi envie de voir ce que donne Paradise Lost en concert, ce groupe étant un de ceux par lesquels j’ai découvert le métal, avec l’album Draconian Times, même si je n’ai pas suivi le groupe dans ces derniers albums qui sonnent plus électro/rock sombre.

Après la lumière omniprésente pendant Orphaned Land c’est l’obscurité qui accompagnera Paradise Lost, les 5 musiciens étant plongés dans le noir (d’où le manque de photos…). Enfin ces éclairages clair-obscurs collent parfaitement à leur musique et il ne manquait plus que des bougies pour parfaire l’ambiance gothique du groupe.
On a d’ailleurs quasiment pas vu un bout du visage du guitariste et compositeur Greg MacKintosh, recouvert par ses cheveux tout le long du set. Il s’est par contre montré complètement à fond dans son jeu qui sans être flamboyant lui est personnel. Le groupe en général bougeait assez et montrait un certain enthousiasme.
Le chanteur Nick Holmes posé au centre de la scène n’en bougera quasiment pas, concentré sur son chant, mais il a cassé sa réputation de froideur en s’essayant à quelques échanges réussis avec le public et même des sourires!

Je n’avais pas entendu trop de bien de leurs shows mais ils se sont apparemment bien améliorés. Ils ont enchainé les titres sans interruption, bien exécutés, le son retranscrivant bien l’ambiance mélancolique et mélodique de leurs morceaux. Le chant donnait correctement mais la voix de Nick Holmes, même si elle sonnait juste, était bizarrement noyée d’effets, harmoniser et reverb étaient un peu exagérées.

Les anglais furent soutenus par le public qui applaudissait et reprenait quelques refrains en coeur.
Moi, ça m’a tout de même un peu ennuyé sur la durée… les titres sont un peu redondants, certains bien mous, et suivent presque toujours le même mid-tempo. Peut-être que je fatiguais vers la fin aussi, il faut dire qu’ils ont joué assez longtemps mais ça m’a lassé sur la fin surtout que je ne connaissais pas la majorité des morceaux.
Ils ont en effet joué logiquement une majorité du dernier et dixième album éponyme qui est plutôt pas mal mais c’est tout de même les titres de Draconian Times qui m’ont le plus intéressé et ont assez bien été retranscrits en live.

A 22h tout était bouclé, Orphaned Land m’aura laissé un souvenir vraiment mémorable, vivement que je les revoie (obligé je vais au Summer Breeze festival!) et ça m’a bien fait plaisir de voir Paradise Lost en concert.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

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