Herrschaft – Tesla

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Style: electro dark metalAnnee de sortie: 2008Label: Code 666

Voilà un groupe ambitieux. Et français. Deux éléments rarement en parfaite adéquation, on ne va pas se voiler la face. Et ce qui est encore plus rare c’est que l’ambition corresponde au potentiel qualitatif du groupe.
Mais avant d’aller plus loin dans l’analyse inter galactique, revenons sur ce qui, selon moi, permet de qualifier Herrschaft d’ambitieux, ça nous fera passer un petit moment ensemble et, par les temps qui courent, c’est beau.

Pourquoi Herrschaft serait un groupe ambitieux ? Eh bien tout d’abord, chers germanophones, le patronyme : Herrschaft = Domination.
Vous m’accorderez que choisir ce substantif implique une certaine confiance en soi et dénote une volonté plus marquée de réussir que s’il s’était agi de s’appeler Gewurztraminer-Vendanges-Tardives ou Chaime les soisseaux qui chantent sur les arpres. Premier point.
Domination que les membres du groupe n’appliquent soi-disant pas à leurs propres nerfs. En effet, à lire la biographie, il semblerait que l’on ait affaire à un agrégat d’entités indépendantes, insécables mais qui, à travers une osmose fragile et, partant, extraordinaire, parviendraient à dépasser l’animosité ambiante. Bref une alchimie quasi miraculeuse. Et, par glissement sémantique un soir de fatigue : géniale. Second point.

Mais moi on me la fait pas. Des plaines du Nord aux dunes de la côte atlantique, en passant par le RER parisien ou les petites routes sinueuses de l’arrière pays varois, j’ai traîné mes guêtres un peu partout, j’ai vu du pays, chuis un vieux briscard qui en a vu. Et le coup du groupe à l’équilibre fragile, j’y crois pas.
Considérant donc que ce genre de présentation relève de la plus machiavélique stratégie, je me dis que les types ont réfléchi leur truc. Or, un groupe qui bosse son image comme ça a forcément un peu plus d’ambition que la bande de jeunes qui fait du bruit dans le garage du grand-père du batteur.

Voilà pour le postulat. Maintenant, point plus délicat : l’adéquation. Je rappelle la problématique, pour ceux qui auraient la mémoire courte : Herrschaft peut-il se permettre de garder ce patronyme et cette « stratégie de communication » sans que ça craigne du boudin ?
Tout à fait. Et pas qu’un peu. On tient clairement avec Tesla, un album incontournable pour les amateurs de metal indus à forte tendance electro dark à la croisée de Ministry (« Valliant »), Eisbrecher (« Vortex ») et autres The Kovenant (« Tesla »).
A l’instar de ces derniers, la voix est la plupart du temps ultra saturée et lorgne vers le criard façon black metal même si elle se permet de brèves incartades sur un registre plus goth rock (sur « Apocalypse child » aux sonorités entre Victor Fradera de Dawn of oblivion et Sven Friedrich de Zeraphine).
Attention toutefois, autant prévenir, la tendance electro dark est quand même assez marquée (« The defenders » ; « I am the one ») ; la musique d’Herrschaft aurait, en effet, autant sa place, si ce n’est plus, dans un festival goth qu’au Hellfest.
Les amateurs de d’EBM/indus musclée à la Combichrist, Painbastard ou ESC devraient d’ailleurs largement se pencher sur leur cas s’ils envisagent de mettre un pied (fatal) dans le monde metallisé.

Le point fort d’Herrschaft est, à n’en pas douter, le sens de la mélodie accrocheuse. Sans pour autant tomber dans le song writing aussitôt écouté, aussitôt apprécié, aussitôt oublié, le groupe réussit à pondre une série de titres imparables. Je renonce à les énumérer, il suffit de lire la totalité de la set list puisqu’il n’y a rien à jeter.

J’ai cité pas mal de références. C’est fastidieux. Mais c’est peut-être symptomatique du petit reproche qu’on pourrait faire à ce Tesla : un léger manque de personnalité, le petit truc qui nous ferait dire : ah ça c’est du Herrschaft ».
C’est trop demander pour un premier album ?
Et l’ambition bordel ?!

  1. valliant
  2. human soul
  3. the grand architects
  4. under perfect control
  5. the defenders
  6. tesla
  7. nemesis
  8. i am the one
  9. chaostructure
  10. apocalypse child
  11. vortex

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. F says:

    TTT
    Relis ton avant-dernière phrase et corrige-moi ces vilaines fautes !
    Sinon ça me fait penser que j’ai un petit vendanges tardives au frais, l’apéro est tout trouvé merci ;-)

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