Alec Empire + Dexy Corp – 19 octobre 2005 – Batofar – Paris

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Le berlinois Alec Empire, ex-Atari Teenage Riot, était en concert au Batofar à Paris, salle dont je n’ai pas fini de dire du bien. Bateau en métal surmonté d’un phare, comme son nom l’indique, située sur les bords de Seine juste à côté de la Bibliothèque Mittérand. Le bateau en lui même a vraiment du cachet, possède plusieurs bars qui s’étalent l’été sur le quai et sur le pont supérieur du bateau, endroit des plus sympa. Les concerts se font dans les calles du bateau, dans une salle étonnemment grande une fois à l’intérieur, qui accueillait ce soir plus de 200 personnes. Le plafond assez bas, aditionné à la forme de demi-ovale de la salle la rende vraiment intimiste, et la scène bien surélevée permet de voir sans problèmes de partout.

En première partie, le groupe tourangeau Dexy Corp, qui pratique un indus/metal assez bien fait, un peu à la manière d’Orgy il y a quelques années, c’est à dire un metal groovy débordant sur le néo plongé dans les sons électroniques. Dommage la batterie n’avait pas un son vraiment approprié j’ai trouvé, trop organique pour un groupe indus, mais le groupe a quand même délivré un set bien puissant.
Les morceaux sont bien exécutés et le groupe maitrise correctement la scène, c’est une formation rock classique avec guitare et clavier, le bassiste étant si coincé sur un bord de la scène par les machines que je ne l’avais même par remarqué à première vue. Le chanteur tiens en main un micro façon années 50, pour un impact visuel bien marquant, le genre de micro qu’on a aussi vu chez Kruger. Il utilise un grain de voix gueulé bien particulier noyés dans divers effets qu’il manipule avec des pédales : ça rend bien sur les 1ers titres mais ça devient un peu monotone quand on se rend compte qu’il garde ce même style de chant sur tous les morceaux. Le groupe globalement se démerde bien et est intéressant en concert, les riffs sont simples mais bien trouvés, et le groupe possède une certaine personnalité mais aucun morceaux vraiment marquants ne sort du lot et l’impact live du groupe doit un peu se diluer sur album.

Après un moment d’attente, pendant lequel ça s’active sur scène, où Alec Empire et son groupe, formé de Nic Endo, charmante asiatique aux claviers, et d’un guitariste et d’un batteur, arrivent sur scène, Nic Endo à côté d’une grosse barre de racks d’effets divers et plusieurs claviers qui mobilisent une bonne partie de la scène.
Et direct le groupe envoie la sauce. Alec Empire, comme d’habitude torse nu, gonfle les pectoraux en hurlant dans son micro tenu à bout de bras, pendant que derrière le groupe déverse un electro-punk criard, le clash entre guitares saturées et samples industriels.

J’ai vu cet été Alec Empire au festival de Dour, en plein air au beau milieu de l’après-midi, et j’avais plutôt été surpris par le groupe, beaucoup plus rock et mélodique que l’était Atari Teenage Riot, le son d’Alec sur son dernier album est en effet un peu moins radical et du coup plus digeste. Enfin le mur de son que le groupe dégage est toujours des plus extrèmes, les bruits noise remplacent la mélodie, la batterie claque et Alec hurle dans son micro, mais on a quand même à faire à un « vrai » groupe avec batteur, guitariste et claviériste derrière Alec Empire, qui propose dans son projet solo des morceaux aux structures rock, ne gardant d’Atari Teenage Riot que l’esprit fouilli et bruyant de ceux-ci.
Comme il le dit lui-même, il fait du digital hardcore, l’esprit punk bien crade mélangé aux sonorités électroniques les plus aggressives.
Enfin après les avoir vus en plein air, l’ambiance change radicalement dans la petite salle enfumée du batofar, où les tubes apparents et en général la déco concordait parfaitement avec la musique du groupe, soulignée par des lumières, spots colorés qui déchirent l’obscurité.

Je reprocherais au groupe le manque de variété des morceaux, d’autant que peu de morceaux mémorables sortent du lot, le set avança donc en continu, sans que la musique du groupe ne joue vraiment sur les nuances. Pourtant l’ambiance dégagée par la musique vaut à elle seule le déplacement, et Alec Empire est décidément un très bon showman, au centre de l’attention, n’hésitant pas à sauter dans le public ou à slammer.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

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