Marillion – 13 décembre 2007 – Elysée Montmartre – Paris

3 Commentaires      1 453

Cher lecteur tu l’as échappé belle ; ce report a bien failli ne pas être objectif et se réduire à une litanie de termes traduisant la déception et l’amertume. À quoi auras-tu finalement droit ? Oh ben à un report absolument pas objectif (encore moins, serais-je tenté de dire) mais qui fera plutôt état de l’admiration que Marillion suscite nécessairement chez l’auditeur de bon goût. 
J’explique tout de même rapidement pourquoi on est passé à 2 doigts du scandale : n’étant pas particulièrement amateur des surprises, j’avais parcouru les forums à la recherche de la set list de chacun des concerts de cette tournée de Noël histoire d’appréhender le concert de Paris au top du mouv’. Ces derniers temps, l’un des plus beaux titres de l’histoire de la galaxie inter-cosmico-sidérale (« This strange engine ») revenait avec une régularité de métronome. Sauf lors de la date qui précédait justement l’Elysée Montmartre. Voyez le topo ? Et – preuve que les médias sont bâillonnés – pas un seul mot de cette affaire chez Pudujas. Ajoutez à cette crainte ce que je qualifierais de « mise en route » un peu laborieuse dans le sens où j’estime que le groupe, pour réellement être dedans, a attendu le 8ème morceau et vous obtiendrez un état d’impatience quelque peu inquiet pour la suite du concert. Le solo sur « Runaway » qui part un peu en sucette, un son de gratte un peu trop fort à mon goût sur « Fruit of the wild rose » qui couvre le chant d’Hogarth sur le refrain, un Mark Kelly (claviers) qui ne me semble pas toujours rythmiquement en phase avec ses collègues. Ça fonctionne, bien sûr, mais ça n’est pas encore magique. Et moi si Marillion n’est pas magique, je boude. Malgré la bonne tenue de l’inédit « Real Tears For Sale », je commence  à être pleinement satisfait à partir du titre phare de leur dernier album en date (« Somewhere else ») : le morceau est bien évidemment superbe en soi et le groupe apparaît enfin décidé à faire frissonner le monstre froid et impassible que je suis… Et rien de tel qu’un somptueux « Seasons end » pour confirmer l’engouement avant la pause. Une première partie mitigée donc, aux allures essentiellement planantes qui tirent parfois sur la longueur (la fin d’ »Out of this world », « Mad ») et qui m’invite à penser que cette dernière date de la tournée a ceci de bon pour le groupe qu’elle est… la dernière.

Sans doute doués de télépathie, les 5 british reviennent après une interruption de 5 minutes avec la ferme intention de faire rendre gorge à mon hypothèse ; ils enchaînent en effet sans vergogne les morceaux avec une patate qui contraste réellement avec la première partie (un « Hooks in you » survitaminé en tête ou le délirant « Cannibal Surf Babe »). Après la partie Holidays in Eden (« This Town », « Rakes Progress », « 100 Nights »), votre serviteur entend enfin retentir au loin un début d’accords qui annonce le moment fort de la soirée : le grandiosissime « This strange engine ». L’appréhension n’est toutefois pas absente lorsque l’on songe à ce que ce dernier exige vocalement, surtout après quasiment 2 heures de show ! Pourtant Steve Hogarth tue. L’interprétation est monumentale, les doutes sont levés, il ne reste qu’à laisser l’émotion nous envahir. Rothery ne se privant pas pour assurer divinement ses soli, le groupe vient de me transporter là où il me sera difficile de redescendre.
C’est donc avec frénésie que j’accueille le premier morceau du premier rappel : l’incroyable « Ocean cloud ». Je n’y ai pas cru tout de suite et ai même pensé que nous n’en aurions qu’une version tronquée. Que nenni, c’est l’intégralité de ce voyage qui nous est offert – avec quelle générosité ! À moins d’être sadique sur les bords, on se dit qu’après de telles prouesses vocales, Hogarth aura signifié à ses collègues qu’il est inutile de terminer par le pourtant incontournable « Neverland ». tu parles ! C’est la dernière, donc on met les bouchées doubles et tant pis si on finit à l’hosto ! C’est donc sans même sourciller que le groupe nous délivre encore un grand moment avec l’un de ses chefs d’oeuvre dont leur discographie (et notamment Marbles) abonde.

Tournée de Noël = période de fêtes de fin d’année = chansons à la con et autres déguisements ridicules. Du coup, vous ne croyez tout de même pas qu’on va se quitter sans avoir droit à un petit délire bien kitsch ? Le dernier rappel revêt donc le rouge et la barbe du maître des Rennes et des lutins ainsi que le blanc de la neige histoire d’entonner, avec force kazoos distribués au public, un « Let it snow » bien ringard. C’est aussi ça Marillion : la joie d’être là et la faire partager.
Vous qui, pour me remercier de vous faire vibrer tout au long des semaines, souhaitez m’offrir un présent en cette fin d’année, cessez de vous creuser la tête et gardez vos 200 euros : Marillion est déjà passé par là et, comme le disait James Hetfield : nothing else matters.
 
set list :
1ère partie
Bridge
Living with the Big Lie
Runaway
Mad
Fruit of the Wild Rose
Out of this World
Real Tears For Sale
Somewhere Else
Seasons End

pause

2ème partie
Hooks in You
Most Toys
The Other Half
Cannibal Surf Babe
This Town
Rakes Progress
100 Nights
This Strange Engine

1er rappel
Ocean Cloud
Neverland

2ème rappel
Let It Snow

Merci à Dark Hypp pour les photos

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

Up Next

Du meme groupe

3 Commentaires

  1. Joss says:

    Bon report ! Belles photos ! Bonnes fêtes de fin d’année !!!!

  2. leo says:

    Très bon report même si j’ai vraiment apprécié la première partie du show! Belles photos aussi!!!

  3. fred.devil says:

    Merci pour ce report, pas si subjectif que cela en soi…tout compte fait. Quant aux florilège de photos, la 6éme me déchire, mais choisir c’est renoncer: Bravo Darkhypp, the right one always at the right place- private joke(!). Admirer ces photos en écoutant la set list…que du bonheur!
    Just looking now for THE previously unreleased track…Your own show must go on! All the best for 2008 ;-))

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *