Deportivo – Deportivo

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Style: rockAnnee de sortie: 2007Label: Village Vert

Fort d’un premier album (Parmi eux, paru en 2004) qui leur avait valu une pléiade d’excellentes critiques, les Deportivo sont de retour dans nos chaumières avec leur deuxième réalisation qui, disons-le d’emblée, est une jolie réussite.
Ce trio originaire des Yvelines distille un rock détonnant aux diverses influences allant des Pixies à Brassens, en passant par les Clash, les Wampas, les Stooges, ou encore Noir Désir et Louise Attaque.
Si certaines comparaisons avec le groupe bordelais Luke sont fréquentes et tout à fait compréhensibles, les deux formations possèdent leur propre identité et abordent leurs compositions de façons différentes.
Là où Luke propose des titres nerveux mais un poil trop polis et lisses à mon goût, les Deportivo optent pour une approche plus nerveuse et débridée, rendant ainsi leurs compositions plus intenses et brut de décoffrage.
Si le groupe sait balancer la sauce comme il se doit, il n’hésite pas non plus à calmer ses ardeurs et à nous proposer des titres à l’ambiance plus posée sur fond de gratte sèche, de trompette (I might be late), d’orgue (Suicide Sunday Part. II, La brise) et de violon (Les bières aujourd’hui s’ouvrent manuellement).
Tantôt un brin noisy (La colline, Exorde baratté, Blue lights), tantôt renouant avec des sonorités très seventies (Clasico, La brise, Ne le dis à personne et personne ne le saura), les compositions du groupe se suivent et ne se ressemblent pas, tout en offrant un large éventail musical très agréable à parcourir.
Que les titres soient chantés en français ou dans la langue de Shakespeare, Jérôme semble avoir gagné en assurance et continue de nous délecter de son timbre à la fois éraillé et envoûtant.

La production très crue aux relents de « garage rock » assurée par Gordon Raphaël (The Strokes, Kill Kenada, The Moonies) colle à merveille à l’univers musical du groupe et donne un petit côté vintage aux dix titres présents sur la galette.
La basse ronronne et sature au gré des attaques métronomiques de la batterie, qui offre un jeu à la fois percutant et subtil, tandis que la guitare crache ses notes acides et abrasives. Tout s’imbrique parfaitement et le résultat mérite vraiment le détour.
Il est indéniable que les influences de The Strokes, Pavement, ou encore The Weakerthans planent sur la musique pratiquée par le trio, mais elles sont pleinement assumées et digérées et ce, même lorsque le groupe reprend une chanson de Miossec avec Les bières aujourd’hui s’ouvrent manuellement.
En trente minutes chrono en main, les Deportivo nous en font voir de toutes les couleurs et nous lâchent en pâture dix morceaux d’excellente qualité, mais un tantinet trop brefs. Il est vrai qu’avec des compositions qui avoisinent pour la plupart les deux minutes trente, la totalité de l’album défile à vitesse grand V, ce qui, d’une certaine façon, peut être un peu frustrant.
Le groupe nous avait déjà fait le coup sur le premier album, donc il est clair qu’il n’allait pas, du jour au lendemain, se mettre à composer des titres d’un quart d’heure, mais disons que quelques secondes de plus par morceau n’auraient pas été de trop.

Malgré ce petit handicap, qui n’en est pas vraiment un dans la mesure où le tout gagne en intensité et en impact, j’estime que nous sommes clairement en présence d’un très bon disque de rock qui fera le bonheur des amateurs du genre.
Taillés pour la scène, les dix titres présents sur cette deuxième offrande vous feront siffloter, fredonner, et chanter sous la douche. Plus abouti que Parmi eux et tout à fait dans sa continuité, Deportivo affirme l’identité d’un groupe qui continue à se forger un nom dans le vaste monde du rock français. Sans être l’album de l’année, ce deuxième essai des Deportivo vaut clairement son pesant de cacahuètes et mérite que l’on s’y attarde quelques instants.
Très bonne surprise de fin d’année en ce qui me concerne !

  1. exorde barraté
  2. ne le dis à personne et personne ne le saura
  3. clasico (share your love)
  4. les bières aujourd’hui s’ouvrent manuellement
  5. i might be late
  6. en ouvrant la porte
  7. la brise
  8. blue lights
  9. la colline
  10. suicide sunday (part. ii)
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