Hacavitz – Metztli Obscura

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Style: glaire metalAnnee de sortie: 2010Label: Embrace My Funeral

Batards jusqu’à l’os !
Hacavitz c’est un peu le Soleil Noir qui irradierait le climat d’une saison Blanche et Sèche de ses vagues de protons Death mutants. Sur une plage de charbon qui borderait Styx en plein mois de Mars, pour parfaire le tableau.
Un exhausteur de goût qui sait tempérer ses ardeurs pour rester dans les limites du paradigme qu’il défend avec une férocité et une bestialité jamais démentie mais surtout un goût pour l’expansion dans l’application de sa musique assez jubilatoire, briseurs de mythes, chercheurs d’or noir, ce ne sont pas les outils qui importent mais certainement les idées…

Si on vous parle d’Antimo Buonnano ou Oscar GarcÌa, vous pensez peut être à Impiety, Profanator ou Disgorge; au mieux vous ne pensez à rien; tout cela est bien normal tant Hacavitz reste presque un barbarisme dans la bouche ou sous les doigts de certains, les porcs.
Hacavitz a pourtant sorti en 2007 un des plus grands disques de Death metal des années 2000 avec Katun. Rien que ça.
Et en 2010 le groupe revenait nous couler un bronze dans les oreilles dans l’anonymat le plus total, quel talent, ils devraient tenter de refourguer leur technologie aux russes histoire que leurs sous marins continuent de passer sous les radars, impressionnants de régularité, quel sens de l’invisibilité quasi magique !

Metztli Obscura est le troisième disque des mexicains, et certainement le plus barré. Le plus féroce aussi certainement…

Il y a quelque chose de progressif dans la narration des disques des deux énervés (surtout depuis Katun), un rythme à la mâchoire de fer, une scansion épidermique du Death qui leur est propre, cette passion pour la syncope, une fibre du langage qui donne un dynamisme aux titres d’Hacavitz une dimension assez originale.
Les amalgames se font et se défont, les sonorités exotiques s’appellent, se mêlent dans des riffs acérés aux destins tragiques, à l’algorithmie géostratégique, leurs structures n’ont pourtant rien d’extraordinaires juste que les assemblages jouent avec une syntaxe singulière très subtile pratiquant le double langage death ou black metal avec une facilité d’aller à l’un ou l’autre assez déconcertante, une rythmique de combinaison assez chaotique pour donner un sens moins convenu aux disques du groupe. C’est une alchimie d’affamés qui berce les infras des disques d’Hacavitz, un rendu bouillonnant qui emprunterait au sludge un sens de la dépravation poussé à ses limites, carnassiers jusqu’au bout des crocs, sales à en faire chialer la puanteur de remords, Hacavitz sait servir avec son nouveau méfait, une image de la musique qu’il produit toujours plus triviale et extrême.

Le tout est nourri par un discours vomi par le Serpent qui a certainement avalé vos plumes multicolores, vénéneux et orgiaque, le registre des voix que Buonnano utilise est aussi pour beaucoup dans la réussite des ambiances incantatoires du disque, entre growls, shriek, cris de damnés, le mec balance tout sur les fréquences de Metztli Obscura et suit l’arme de guerre Hacavitz au corps argumentant chaque passage de quelques décharges de gros calibre bien senties.
Arpenter les sillons de Metztli Obscura c’est observer un travail sur le Death metal des plus intéressants, comme observer la technologie d’une ancienne civilisation qui sur certains points reste mystérieuse, un marasme fondateur obscurci par un regard sur les siècles passés, une fibre pagan redessinée pour le 21ème siècle.
Le tout est servi avec âpreté dans son emballage brut de décoffrage, acide, assonant, strident, infernal, les trigs sont out, tout passe à la force de persuasion et la Bête dégueule sa noirceur à chaque recoin du disque, derrière chaque breaks la menace d’une descente de Panzer…

Possédé, jouissif, l’impact est d’autant plus palpable que tout tourne sans jamais faiblir, le démon s’éclaire au nucléaire,  d’une constance à toute épreuve, les mexicains œuvrent avec une foi inébranlable pour leur paroisse à grands coups de missels sataniques. Et comme ils ne font pas les choses à moitié, ils le font dans l’ombre de groupes qui ont la moitié de leur talent, que le saint underground soit loué.

Hacavitz recouvre le monde d’une cataracte noire, mais n’obscurcit pas pour autant la vision.
Un groupe qui en terme d’ambiance et de personnalité a su tirer son épingle du jeu, et d’ambiance il est bien question quand on parle d’Hacavitz, certainement le trait qui caractérise le mieux ce groupe, son plus beau  témoignage.

Comme si Incantation et Impiety avait enfanté un nouveau Titan.
Magistral.

http://www.myspace.com/hacavitz666

http://www.youtube.com/watch?v=ZMZKNobB7tA

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