Chroniques express: quelques oubliés de 2022 (part.1)

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Annee de sortie: 2022

Si l’heure est aux bilans de fin d’année (les nôtres finiront par arriver bientôt, on est en train de les finaliser) et à la digestion de la dinde de Noël, profitons en pour (re)découvrir quelques albums sortis en 2022. Certains ont fait parler d’eux, d’autres pas assez, bref rattrapons notre retard sur ces onze albums ayant marqué l’année passée à leur manière (une seconde partie arrivera bientôt).

1.The Linda Lindas – Growing Up (Epitaph Records)

Vous avez sûrement vu l’an dernier leur vidéo tournée dans leur CDI, les quatre gamines de The Linda Lindas sont passées d’une mignonnerie éphémère à du plus concret en signant chez Epitaph. Le punk rock de ces jeunes de L.A n’a rien à envier à celui des grands avec leurs lyrics contestataires (l’emblématique “Racist, Sexist Boy” en tête) qui se marie parfaitement avec leur son mêlant fraicheur, énergie (beaucoup) et son old school bien orienté Ramones. Un phénomène qui n’en est qu’à ses balbutiements. L’avenir leur est grand ouvert.

2. Dr.Acula – S/T (Silent Pendulum Records)

2022 a pas mal ressemblé à 2004, le temps où Myspace et les groupes de deathcore à mêches pullulaient, mais aussi tous ces groupes “sass/chaotiques”, un peu à part. En plus du retour de The Sawtooth Grin et la reprise des activités en live de Heavy Heavy Low Low et Duck Duck Goose, Dr.Acula a aussi remis le couvert avec son line-up d’origine en plus ! On retrouve donc avec plaisir une avalanche de gros breakdowns bien groovy et un sens de la déconne intact comme à l’époque des photos de salles de bain (qui ne s’appelaient pas encore selfies !). Rien de neuf dans leur hosto donc mais un gros plaisir de retrouver intact leur groove bête et méchant, et tellement irrésistible !

3. Antimonument – Concealment (Sentient Ruin Laboratories)

Cette année 2022, Sentient Ruin Laboratories n’a une fois de plus pas chômé, sortant de très nombreuses sorties dans des genres souvent cradingues mais aux styles plus ouverts (allant du punk hardcore au thrash en passant par l’ambient). Antimonument, mystérieux projet brésilien, fait le pari de mélanger black/death metal et sonorités electro/indus (qui vrillent souvent vers le power electronics/harsh noise). Concealment, leur premier album (réédité après une première sortie l’an dernier) est un torrent quasi continu de black/death monstrueux entrecoupé de sonorités expérimentales et opaques, un peu comme si Godflesh participait à un album de war metal. Recommandé si vous aimez vous faire du mal.

4. City Of Caterpillar – Mystic Sisters (Relapse Records)

Outre Gospel, City Of Caterpillar est une autre formation culte de la scène screamo US a avoir fait son retour cette année, vingt ans après leur parfait premier et unique album (sorti en 2002 donc). Aujourd’hui plus post-hardcore que screamo, sensiblement plus apaisé qu’à leurs débuts, on retrouve ici leur patte intacte entre intensité quasi épique et gestion optimale des variations, montées en puissance et mélodies poignantes. Un album qui se bonifie avec le temps et qui laisse espérer une future tournée européenne.

5. Ploughshare – Ingested Burial Ground (Brilliant Emperor Records)

Récente découverte et gros coup de coeur de fin d’année que cet Ingested Burial Ground, nouvel EP des australiens Ploughshare. Contenant cinq titres et leurs versions remixées par quelques figures de la scène extrême australienne (notamment des membres de Faceless Burial ou Portal), le quartet nous entraine dans un cauchemar éveillé entre black metal, noise, ambient, passant de phases expérimentales éprouvantes à des titres plus atmosphériques aux mélodies captivantes bien que l’inconfort soit toujours de mise. Un inconfort qui se matérialise d’autant plus dans les remixes encore plus étranges et oppressants que les originaux. Impressionnante surprise pour un groupe sur lequel on va garder un oeil à l’avenir !

6. Russian Circles – Gnosis (Sargent House)

A-t-on encore besoin de présenter Russian Circles ? Le trio de Chicago en est déjà à son huitième album et possède toujours sa signature sonore au milieu de ces wagons de groupes post rock ou post metal. Gnosis propose un condensé de tout ce que l’on connait du groupe entre pesanteur émotionnelle et contemplative, dynamiques effrénées qui flirtent avec le black metal et textures subtiles toujours travaillées dans le moindre détail. On embarque une fois encore sans aucun problème dans l’univers du trio, parvenant une fois de plus à se renouveler avec emphase et élégance. A (re)voir sur scène début 2023 en compagnie de Cult Of Luna et Svalbard.

7. Desmond Doom – Surf Goth EP (Autoprod)

Court EP pour la cover de l’année ! Desmond Doom ne ment absolument pas sur la marchandise, Surf Goth nous propose la rencontre de l’enjaillement et de la déprime. Ultra entrainants et entêtants, ces six premiers titres jouent pourtant sur le minimalisme avec ces guitares surf jouées sur un minimum de note, une basse post-punk sautillante et cette boite à rythme gentiment kitsch, tout ça surplombé par une voix désabusée très convaincante. Une excellente découverte donnant envie d’attaquer de la déferlante par temps gris.

8. Stake – Love, Death and Decay (Hassle Records)

Les quatre belges – anciennement Steak Number Eight – ont fait leur retour cette année chez les anglais Hassle Records, délivrant avec ce nouvel album un post-metal qui progresse comme bon lui semble. Parfois lourd, parfois chaotique, agrémentant ses titres de mélodies émotionnelles sans tomber dans la facilité, le groupe (au son toujours aussi reconnaissable) livre ici un album à la créativité exacerbée sur fond de puissance dévastatrice. Chaque écoute est une redécouverte, la marque des grands albums.

9. The Last Ten Seconds Of Life – Disquisition Of An Execution (Unique Leader Records)

Pour sa première sortie chez Unique Leader Records, le groupe de Pennsylvanie – remanié un peu plus tôt dans l’année avec un nouveau chanteur, bassiste et batteur – entre dans une nouvelle dimension. Passant d’un deathcore assez peu engageant (dans mon lointain souvenir), TLTSOL sort ici quatre titres à la saisissante brutalité: des vocaux d’ours pas content accompagnant des basses énormes qui appuient bien sur les nombreux breakdowns lourdingues. Agrémentés de quelques passages atmosphériques comme le break electro de « Retribution » ou bien le côté tribal de « Liberation », on a là une version 2.0 du groupe qui laisse entrevoir un deathcore aventureux plus intéressant que la moyenne.

10. Throwing Bricks – The Burden (Tartarus Records)

Second album pour les hollandais de Throwing Bricks qui ont délaissé leur punk hardcore des débuts en y ajoutant des éléments venant du sludge ou encore du black metal pour obtenir leur tambouille estampillée « post machin ». On passe donc d’un déluge sismique aux riffs ultra lourds à des passages plus subtils où les mélodies laissent entrevoir un brin de lumière au milieu de ce tout très orageux. Varié et douloureux, un album maîtrisé de bout en bout qui devrait ravir les fans de Cult Of Luna ou d’Amenra.

11. Soul Blind – Feel It All Around (Other People Records)

On termine cette première fournée avec un album qui était fortement attendu par les amateurs de revival grunge/rock alternatif/shoegaze. Après deux EPs puis quelques singles, voici donc l’album de Soul Blind, nouvelle sensation U.S qui vient faire du neuf avec du vieux, alternant titres abrasifs et passages mélancoliques parfois plus aériens toujours avec talent. De Deftones à Hum en passant par Failure, les réminiscences de groupes sont nombreuses mais Soul Blind parvient à trouver son propre son, affirmé par des mélodies immédiatement mémorisables. Et si vous vouliez prolonger le plaisir, le premier album de Fleshwater (groupe composé de membres de Vein.fm) se situe dans les mêmes sphères nostalgiques.

beunz
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