Regulate – S/T

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Style: Opened hardcoreAnnee de sortie: 2022Label: Flatspot

Le défi de l’impossible quand on se lance dans la chronique du deuxième album (éponyme) de Regulate paru en 2022 : arriver à boucler la chronique sans mentionner le nom d’un autre groupe américain qui a trusté les charts indé/hardcore/rock l’année dernière et dont le patronyme commence par un T et se termine par urnstile.

Tellement impossible que vous aurez remarqué que je n’ai pas essayé de le relever. La ressemblance est en effet frappante entre les deux groupes de hardcore américains tous deux fondés au début de la deuxième décennie des années 2000. De là à se demander si Regulate essaient de surfer sur le succès de leurs pairs, il serait assez légitime de se poser la question. A défaut de savoir exactement ce qui se passe dans la tête de Sebastian Paba (le frontman de Regulate) et ses complices on se contentera d’écouter leur dernier album (éponyme) en date avec le plaisir réel qu’il procure, et qui permet de prolonger celui ressenti à l’écoute du fantastique Glow On. Un indice permettant peut-être d’attester de l’honnêteté de la démarche du groupe : cette ouverture avait déjà germé sur leur premier album In the Promise of Another Tomorrow (sur « Character Arc » ou le refrain de « 11:13 » par exemple) paru la même année que Time & Space, mais encore beaucoup plus timidement, Turnstile étant déjà allé beaucoup plus loin à l’époque dans sa volonté d’ouverture (pour le coup initiée dès Nonstop Feeling, paru en 2015, avantage Turnstile donc).

Donc il est certain qu’après avoir découvert Turnstile il y a quelques années, Regulate donnent l’impression de ne rien inventer en effet, mais ils se montrent quand même remarquablement pertinents pour écrire des morceaux d' »open hardcore » (à défaut d’une meilleure appellation) foutrement efficaces tout en se montrant aussi très à l’aise pour donner dans les déflagrations hardcore plus classiques. Titres « classiques » qu’on retrouve d’ailleurs majoritairement sur la deuxième moitié du disque (la césure étant opérée après l’instrumental « Ugata » à partir de « You and I », puis avec « New-York Hates You », « Work » et le final « C.O.P. »). Un choix surprenant et pas forcément très habile tant la deuxième moitié de l’album en apparaît par conséquent comme plus classique et linéaire que la première. Sachant que ce sont évidemment les titres plus « ouverts » sortant du schéma classique du hardcore, à la Turnstile donc, qui marqueront beaucoup plus les esprits sur l’album : dès l’entame faussement classique de « In the Moment », mais plus encore sur « Why Can’t We » et surtout « Hair », morceau le plus mémorable (et aussi le plus long avec 4min25 au compteur), qu’on aurait tout à fait pu retrouver sur Glow On (jusque dans l’utilisation de la cow bell, hommage à Turnstile ou plagiat ?) et sur lequel Sebastian montre qu’il (comme Brendan Yates) sait aussi chanter et pas seulement gueuler.

Pied au plancher, 25 minutes au compteur, ce deuxième album de Regulate est un très bon album, pas encore suffisamment efficace, varié et abouti que ce que proposent Turnstile sur leurs deux derniers albums, mais on peut prédire à ce groupe un réel avenir dans le même créneau que leurs compatriotes même si Regulate devra forcément trouver sa voie pour éviter d’apparaître (à tort ou à raison) comme un simple groupe de plagieurs!

Tracklist :
01 – In the Moment
02 – The Crime
03 – Why Can’t We ?
04 – Hair
05 – Ugata
06 – You & I
07 – In this Life and the Next (H.H.C)
08 – Work
09 – New-York Hates You
10 – C.O.P

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 1088 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. Fabien says:

    Très sympa cet album !
    Dans la même veine il y a higher power qui est excellent

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