Alamaailman Vasarat – Maahan

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Style: kebab-kosher-jazz-film-traffic-punkAnnee de sortie: 2007Label: Wolfgang

La bête est de retour!
les effluves alcoolisées remontent à la surface, le tapis n’a pas encore séché que revoilà les fêtards d’Alamaailan revenus d’entre les morts.
Le parterre jonché des corps absorbés par leur coma éthylique, perchés dans les hautes atmosphères célestes des gens qui n’ont plus de soucis, reste le terrain de jeu idéal de ces amateurs d’ambiances « cabaret déjanté » sur fond d’apocalypse de lendemain de fête trop arrosée…

Les couleurs criardes ont laissé un mot sur la porte de la cave : « Nous reviendrons après vidange »; étrange situation où les marches menant à la petite scène qu’Alamaailan foule depuis le début semblent croiser le destin cinématographique de Kusturica et de sa musique, « smoke is allowed, smoke loud you’re alive » écrit sur le bock offert à l’entrée de « Maahan »; l’atmosphère de Vasarat est toujours aussi lourde de cuivres, la plomberie a cependant été refaite depuis le dernier méfait du gang fondateur de la « kebab-kosher-jazz-film-traffic-punk-music », une plomberie des plus burlesques aux forts accents d’anarchisme, poussant comme la mauvaise herbe sur le mur pan-harmonique de cette divison de la branche dissidente d’un Taraf de Haidouk dopé au whisky et dont la mélancolie se fait parfois aussi persuasive qu’un flingue placé sur la tempe, car là où le festival aux envolées fumeuses de Vasaraasia se faisait dans une sorte de nébuleuse incontrôlée à la saveur unique et généreuse, sur Maahan on suit avec plus de lisibilité cette aventure onirique, l’immersion est brutale tant les paysages esquissés par le souffle infernal des Marteaux de l’enfer relèvent du barroque, l’aventure aux côtés de ces Zingaros du mouvement, punks dans l’âme, gipsys à la racine, bohémiens de coeur ravive la flamme, avec cette musique aux accents juif de l’est pleine d’accents graves et tragi-comiques comme sur « käärme toi ruton kaupunkiin » et sa contrebasse et clarinette omniprésentes pour rêver un genre qui n’appartient qu’à eux.

 

 

La générosité du Vasarat thrash band est palpable, sa musique, furieuse, n’oublie pas de coller des frissons; ce que l’on pressentait sur le dernier Kinaporin kalifaatti en compagnie de Tuomari Nurmio est avéré, Vasarat ose la solennité plus facilement de moments aux structures dramaturgiques et mélancoliques ajoutant à la sensibilté de Maahan, preuve en est le final de « Rooman Ruumiit » et son effet lacrymal épongé derrière le souffle du prélat monté à 5°; heureux de les retrouver à un tel niveau d’excellence…

Mais les finlandais n’ont pas oublié que nous les aimions pour leur grande cuisine typique; ils nous servent avec cet album, un album de fusion dense, où les plans métalliques viennent enlacer la traditionnelle verve tzigane tout en se mêlant avec le rock progressif de grands anciens et talentueux expérimentateurs, traversant des univers aussi noirs que riches, et paradoxalement aussi, des mondes bigarrés aux couleurs toujours en sursis, allant jusqu’à passer à cloche pied sur un éventail de cadences jazzy d’un monde à l’autre sans pour autant dénaturer le visage lumineux de ce Maahan et de son côté authentique.
Car il ne s’agit pas d’une lubie, cette musique est en étroite relation avec le paysage social et culturel de ceux qui la jouent, sorte d’etno centrisme expérimenté par l’outil musical, et quand le martellement se fait grondant, on ne peut que saluer un titre aussi magistral qu' »Huikenden Lieriö », ses changements d’atmosphères, son côté naïf et son empreinte finale qui laisse une trace dans la mémoire.

La pochette de Maahan résume assez bien cet album, son paysage à la fois lunaire et brumeux, enfumé aux cigares argentins taillés dans le gras des trombones enroués, vivifié par le rose amnésique de la vodka, fiévreux et gracile paysage où les claviers clairs et minimalistes viennent contrebalancer la donne.
On connaissait la musique des Westerns, place à la grande musique des Easterns apocalyptiques à laquelle Alamaailan Vasarat a dévoué sa carrière depuis le début. Encore un effort remarquable.
Et un album qui pourra trouver de ses plus grands partisans à l’heure…de l’apéro, vous l’aurez deviné.

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4 Commentaires

  1. Devin says:

    C’est vachment bien ça, je pars à la recherche de l’album complet. Merci bien :-)

  2. guim says:

    Content que le groupe ait trouvé de nouvelles oreilles à profaner.Les autres albums aussi méritent d’être déterré,si tu aimes cet album il y a fort à parier que les autres te trouveront aussi.

  3. metacello says:

    bon album, mais je le trouve un brin plus plat que vasaraasia

  4. guim says:

    Assez d’accord sur le fait que les anciens sont un brin plus kaléidoscopiques et nerveux,celui là fait la part belle aux atmosphères je te rejoins donc sur le sentiment de voir ce paysage accoustique uniforme,ça permet aussi de développer des pistes plus « spleenesques » dans le même temps ;)

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