Lofofora – MéMoire De Singes

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Style: fusion rock hardcoreAnnee de sortie: 2007Label: At(H)ome

Un peu plus de deux ans après la sortie de Les choses qui nous dérangent, Lofofora est de retour avec un sixième album qui se veut beaucoup plus énergique et qui propose cette fois-ci des compositions nettement plus hargneuses et rentre-dedans.
Si la dernière réalisation du groupe avait quelque peu partagé les fans du combo, cette nouvelle livraison risque bien de mettre pas mal de monde d’accord, même si les éternels insatisfaits continueront de clamer haut et fort que le groupe aurait dû s’arrêter à Peuh ou à Dur comme fer.
Bien entendu, ces deux albums représentent le point d’orgue de la carrière du groupe et il est vrai que le départ de Farid (parti explorer de nouveaux horizons musicaux avec In Vivo) a amputé la formation d’un musicien de talent, mais Lofofora est tenace, et il en faudrait beaucoup plus pour stopper la machine.

Alors que Les choses qui nous dérangent optait pour un son très rock n’roll teinté d’une certaine dose de groove, Mémoire de singes lorgne quant à lui nettement plus vers les rythmiques débridées du punk et propose des compositions musicalement assez basiques et très directes.
Phil sait toujours aussi bien faire ronronner sa quatre-cordes, alors que Pierre nous offre une prestation d’exception en malmenant ses fûts avec la précision d’un horloger et la dextérité d’un guépard.
Les riffs de Daniel ne sont pas spécialement décevants mais restent malheureusement un peu trop convenus et basiques, malgré quelques bonnes idées. C’est bien dommage, car même si le style musical pratiqué ne se prête guère à la démonstration de style et à la branlette de manche, l’impression qu’il manque quelque chose – un soupçon d’originalité, une bonne dose de groove – prédomine lorsqu’on écoute les parties de guitare un peu plus attentivement. On sent que Daniel tente de se lâcher, d’imposer sa patte, mais cela reste encore un peu trop discret à mon goût.
Hormis cette petite anicroche, ce nouveau Lofofora marque aussi le retour d’un Reuno en grande forme et plus énervé que jamais. Le bonhomme crache son venin et son ras-le-bol avec une rage qui faisait défaut sur la dernière réalisation du groupe. Si le ton est plus virulent que jamais, ses textes restent fidèles à eux-mêmes et toujours aussi bien écrits. De nombreux sujets y sont traités, tels que l’écologie, les élections présidentielles, la religion, la prostitution, ou encore le monde du travail.
La plume de l’homme au crâne rasé n’épargne pas grand monde, comme à son habitude, et nous délecte de ses nombreuses phrases imagées et métaphoriques.

Comme vous vous en doutez, il s’agit donc là d’un album 100% made in Lofofora, qui ne chamboule pas grand-chose dans la carrière discographique du groupe. La principale différence entre cet album et « Les choses qui nous dérangent » réside dans le fait que les compositions sont nettement plus agressives et rentre-dedans, hormis un ou deux titres qui proposent un tempo plus lent et une ambiance plus posée.
Si la dernière production du groupe ne vous avait pas plus emballés que ça, il y a de fortes chances pour que ce petit dernier s’attire vos faveurs, même si la recette pratiquée par le groupe commence à avoir du plomb dans l’aile.
En ce que me concerne, je trouve que cet album vaut son pesant de cacahuètes et je l’écoute avec un certain plaisir, tout en sachant pertinemment qu’arrivé un certain moment, il retournera sur mon étagère et prendra la poussière …
Même si Lofofora reste un groupe que j’apprécie, je préfère les voir sur scène car c’est vraiment là qu’ils excellent et où leurs morceaux prennent une toute autre ampleur.
Au final on se retrouve donc avec un album pas franchement mauvais, mais loin d’être exceptionnel pour autant. A vous de voir maintenant si vous souhaitez tenter l’expérience, car si les fans hardcore du combo y trouveront leur compte, il n’est pas certain que cet album fasse l’unanimité auprès de ceux qui avaient déjà été déçus par les deux dernières productions du groupe.
A bon entendeur, donc …

  1. mémoire de singes
  2. nous autres
  3. dernier jugement
  4. tous les mêmes
  5. tricolore
  6. comme des bêtes
  7. belle la vie
  8. torture
  9. nobody’s perfect
  10. employé du mois
  11. nuit blanche
  12. 5h43
  13. trop
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3 Commentaires

  1. jackda says:

    Assez d’accord avec la chro. C’est un album plutôt agréable et énergique. Lofo fait du Lofo, comme à son habitude et c’est vrai que quelques écoutes suffisent pour faire le tour…

  2. pearly says:

    j’avais détesté (mot bien pesé) les choses qui nous dérangent le trouvant plat, direct mais fade, avec textes creux, ultra-clichés…
    je me suis procuré ce nouveau suite à de nombreux avis positifis. Rien à faire, le Lofo actuel n’est absolument pas pour moi. je trouve ça ultra-répititif, nerveux peut-être, mais tellement moins inspiré et surtout accrocheur qu’à la « grande époqie ». pas d' »hymnes » lofoforien typé la Chute, Le fond et la forme et autres Les gens ou Macho Blues.
    J eregrette le « mid-tempo », je regrette la voix de reno (elle était de plus en plus grave, là je la toruve hurlée et elle aussi répétitive)
    Bref, je ne l’ai pas trouvé accrocheur. revendu depuis. Grosse déception

  3. delpute says:

    Tout a fait d’accord avec pearly. Lofo devient plat et bcp moins inspiré qu’avant. je n’accroche plus à lofo depuis « les choses qui nous dérangent » le précédent le fond et la forme j’avais trouvé pourtant très bon.

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