Tyler, The Creator – Wolf

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Style: hip hop à tiroirsAnnee de sortie: 2013Label: Odd FutureProducteur: Tyler,

Avril 2013, Tyler a vieilli. A 22 ans, il n’a plus envie de parler de viols et de mutilation. Ce qui le fait kiffer, c’est de parler de sa nouvelle situation, le pognon, la réussite, les relations amoureuses, des trucs de grand quoi. C’est qu’il s’en est passé des choses en quatre ans. Depuis 2009 et Bastard, le fondateur du désormais très rentable collectif/label Odd Future est passé du statut d’OVNI un peu taré du hip hop californien à celui de star internationale qui brasse les biftons. Alors forcément, il ne peut plus vraiment parler des mêmes choses qu’avant.

Pas sûr que les carences affectives aient été aussi bien comblées que les découverts bancaires, par contre. Car derrière l’évolution thématique se déroule toujours le fil rouge psychotique d’un type dont les histoires feraient flipper le clodo délirant que tu vois le jeudi matin dans le métro. Déjà vu « Identity » ? Tu sais, ce film avec John Cusack, où -attention spoiler- les multiples personnalités d’un gros chauve se massacrent dans un village imaginaire ? Et ben c’est à peu près le meilleur résumé possible -sauf pour le chauve- qu’on puisse faire de la discographie de Tyler. Un voyage schizophrénique à tiroirs où différents alter-egos (Wolf Haley, Sam, Dr TC, Tron Cat, etc.) passent leur temps à s’entre-tuer sur fond de « bitches » et de « nigger ». Aucun intérêt de reprendre ici la chronologie complète des évènements, mais si l’on en croit les nombreuses théories développées à ce sujet, l’histoire de Wolf se situerait soit avant, soit entre Bastard et Goblin. Tyler confirme sa maîtrise du storytelling, présentant une lecture à plusieurs niveaux de son oeuvre, bien au delà de ce qu’une première écoute fera ressortir. Ou alors il se fout simplement de notre gueule. Ce qui, si on y réfléchit bien, serait tout aussi brillant.

Côté musique, la production est particulièrement soignée. A l’instar de Goblin, les beats sont hétéroclites et la recherche est permanente. Les fans de la façade la plus sombre du créateur (les morceaux du genre Tron Cat ou French) auront moins à se mettre sous la dent que sous l’ère Goblin, mais se délecteront tout de même du superbe Colossus, ainsi que Pigs et Rusty (feat. Earl Sweatshirt & Domo Genesis). Pour le reste on notera entre les différents délires plus ou moins réussis IFHY (feat. Pharrell -ce type est partout-), plutôt difficile à avaler au premier abord mais qui se dévoile au fur et à mesure des écoutes comme une ballade classe et couillue. Et puis Trashwang, musicalement sans grand intérêt mais qui a le mérite de faire jouer Lee Spielman (chanteur de Trash Talk – le groupe a signé chez Odd Future l’an dernier-) en terre inconnue.

Wolf fait partie de ces albums qui nous laissent un peu sur notre faim à la première écoute, mais qu’on se surprend à écouter régulièrement six mois après. Il vous est donc chaudement recommandé.

1 Wolf 1:50
2 Jamba (feat. Hodgy Beats) 3:32
3 Cowboy 3:15
4 Awkward 3:47
5 Domo23 2:38
6 Answer 3:50
7 Slater (feat. Frank Ocean) 3:53
8 48 4:07
9 Colossus 3:33
10 PartyIsntOver/Campfire/Bimmer (feat. Lætitia Sadier & Frank Ocean) 7:18
11 IFHY (feat. Pharrell Williams) 5:19
12 Pigs 4:14
13 Parking Lot (feat. Casey Veggies & Mike G) 3:53
14 Rusty (feat. Domo Genesis & Earl Sweatshirt) 5:09
15 Trashwang 4:42
16 Treehome95 3:00
17 Tamale 2:46
18 Lone 3:57

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drommk

Chroniqueur instable depuis 2009, je me passionne pour les fouilles du web, en quête de groupes originaux ou/et méconnus. J'ai un faible pour les mélanges de genres. La formule parfaite est pour moi un équilibre entre originalité, technicité et émotion.

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