Brown Jenkins – Death obsession

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Style: black metal progressifAnnee de sortie: 2009Label: Moribund RecordsProducteur: Umesh et Satori AH

Une créature ressemblant à rat appartenant à la mythologie de Cthulhu, voilà ce qu’est un Brown Jenkins. Brown Jenkins en revanche est un duo constitué d’un guitariste/batteur/bassiste/délégué aux effets et d’un autre bassiste s’occupant aussi de quelques parties de voix.

Signé sur Moribund, auréolé d’un grain similaire aux premiers disques de Xasthur, toutes les apparences tendent à porter ce groupe vers le rayon de la scène black metal américaine. Une catégorie qui ne suffit pas à décrire complètement la production de Brown Jenkins, malgré une certaine ressemblance avec les compositions de Leviathan par la longueur des morceaux. Le devoir du duo échappe toutefois aux préoccupations maudites des figures de la scène black metal américaine en se consacrant à autre chose qu’à dépeindre leur haine de l’humanité.

L’univers de Lovecraft est celui vers lequel ces deux musiciens se sont tournés. Phobique à l’extrême, l’auteur créa un univers fantastique dans lequel il pouvait exprimer toute sa peur de l’univers qui l’entourait au moyen d’une mythologie extraordinaire, calice de ses peurs les plus fondamentales (l’eau, les étrangers, voire même son époque dans son ensemble). La haine de l’humanité de Brown Jenkins s’exprimerait alors par le biais d’une passion pour l’auteur ? Pas sûr quand l’album est dédié « avec amour au soleil ».

Cet intérêt pour une œuvre littéraire offre surtout au duo un réservoir d’inspiration bien plus profond, n’exprimant pas simplement la haine ou la dépression mais une aura noirâtre pour une musique moins intéressée par la création d’une atmosphère que par celle de compositions solides allant de riffs en riffs, comme une histoire passe de paragraphe en paragraphe.

Le compositeur le plus chargé en instruments, sous le pseudonyme d’Umesh, use de chacun, non pas comme des outils obligatoires, mais comme à leur plein avantage pour construire un univers sonore plus particulier que dans la majorité des projets black metal classiques. La basse, délaissée dans la plupart des groupes du style, apparait clairement dans le mix des instruments comme appui clair dans le rythme des morceaux, rythme peu varié certes, avec cependant quelques roulements bien placés et des accélérations maitrisées.

Une galerie de détails que l’oreille avisée captera avec plaisir durant l’écoute de ces sept morceaux. Un plaisir auditif rare dans un genre (le metal en général) plus préoccupé par la cohésion des instruments dans un tout puissant que la qualité des arrangements. Un genre qui n’aura pas contenté ce fameux Umesh puisque ce disque de Brown Jenkins est le dernier. L’homme se consacre maintenant à The Ash Eaters, un nouveau projet décrit comme étant entre le rock et le black metal avec trois sorties de prévues pour la seule année 2010.

Au regard de ce dernier disque, la qualité devrait suivre assurément tout en laissant derrière un disque des plus satisfaisants qui est au black metal ce que le monochrome est pour Yves Klein, un terme qui englobe mais ne définit pas avec profondeur la richesse des dégradés de couleurs que l’homme a offert à la peinture.

http://www.youtube.com/watch?v=RhSU65nodVY

  1. Breathless
  2. Ashes in her mouth
  3. Lifetaker
  4. Lords of suicide
  5. Hopeless, godlike
  6. Bluebird
  7. We disappear

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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3 Commentaires

  1. drommk says:

    jolie chro

  2. UA says:

    When this was released my girlfriend (at the time) was named Sunshine. That’s why it was dedicated « To Sunshine. » It was completely in honor of her… ;)

    Thank you for the nice review, I appreciate it.

  3. Hororo says:

    That was a nice touch, thanks for the clarification. Thankfully, that doesn’t change much to the content of my review since I wanted to point out how different Brown Jenkins is and even if you didn’t dedicate your album to the sun, a black metal band or fan declaring his love for anything inside his record is still unheard of.

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