Converge – 25 mars 2005 – Trabendo – Paris

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L’ouverture des portes prévue à 19h a bien eu lieu. Le concert a commencé à l’heure, un peu après 19h3O. C’est Death Before Disco qui prend place sur la scène d’un Trabendo peuplé mais loin d’être encore rempli. Je ne connais pas du tout le groupe mais leurs dégaines en dit long sur ce à quoi on va avoir droit. Les deux guitaristes sont idéaux pour cet exercice de devinette. Mèches sur le côté, coupes soignées et lunettes de nerdy pour l’un des deux. Pas de doutes, on va avoir droit à une bonne dose d’emocore, encore faut-il entendre, écouter et voir à quelle sauce ils vont nous le servir. Les cinq types nous envoient alors une espèce d’emocore à mosh parts. Le chanteur assure les parties mélodiques et criées tandis que le batteur se charge des backing vocals, assez bien gérés d’ailleurs avec une couleur parfois presque  black- metal (comme dans pas mal d’autres formations du genre). Les mosh parts étaient bien rentre dedans, les parties de guitares étaient sympas et pas faites pour des manchots.

Le groupe a su nuancer son propos et servir quelques titres plus mielleux, pas déplaisant je dois l’avouer. L’ensemble du set a été efficace, faisant tapper du pied ou osciller la tête; mais il était difficile de mettre l’ambiance avec une fosse quasi-vide, un public quasi-absent et un jeu de lumière presque inexistant.
Death Before Disco a assuré son show, les musiciens ont été généreux, ce,  malgré la froideur du public qui visiblement n’était pas (encore) très chaud. Je voulais découvrir le groupe en live et n’écouter leur disque qu’après. Je me procurerai donc leur disque prochainement et espère les revoir dans d’autres conditions. Un groupe néanmoins adapté à l’affiche de ce soir.

Le Trabendo continue à se remplir gentiment mais il semble que le concert ne sera pas sold out ce soir, il y a encore bien trop d’espace pour déambuler. Après un court temps de battement c’est Modern Life is War qui va assurer le show. Planes Mistaken for Stars qui était initialement prévu a été remplacé au pied levé par Modern Life is War, pour le plus grand plaisir de Crusto. MDLIW a un côté « brut de pomme » et une hargne (surtout dans la voix bien placée dans les médiums) qui est, je dois le dire, assez remarquable; le chanteur peinait à reprendre son souffle entre chaque chanson et semblait bien éreinté, finissant le show quasiment sans voix. Un concert efficace, direct, brut, énergique. Pour ceux qui ne connaissent pas ce groupe, Modern Life is War viens de l’Iowa et propose un hardcore new school finalement pas loin de The Hope Conspiracy, les rockparts en moins. Une bonne surprise en tout cas, ce groupe doit etre découvert sans délais.

Le temps de changement de matos est court et il est 21H lorsque Converge arrive sur scène, comme prévu sur la feuille de route du concert de l’ingé son. Le Trabendo n’est pas plein à craquer et surchauffé comme lors du concert de Dillinger Escape Plan, c’est étrange. La fosse, elle, est pleine et prête à en découdre. Le set commence par « First Light », comme je me l’imaginais, mais cela n’a pas été enchaîné avec « Last Light ». C’est « HopeStreet » « Eagles Become Vultures » qui a suivi.  La sensation d’urgence palpable dans la première partie de leur dernier effort studio est tout aussi palpable dans cette entame de concert. Durant le premier segment, les titres  se sont enchaînés à grande vitesse: des titres tirés du dernier album, avec des détours fait par « Jane Doe » et notamment un « The Broken Wow » dévastateur.

Le groupe est véloce. Aucun temps mort jusqu’à ce que le groupe interprète un « You Fail Me » qui s’est trouvé un peu bancal vers la fin. Ceci doit sûrement être du au slammer maladroit qui s’est vautré sur scène et a débranché la guitare de Kurt Ballou… évènement gênant mais qui lui a valu la sympathie du groupe. La fosse est ravie  et s’en donne à cour joie depuis que Converge a fait place, ce qui fait plaisir au groupe. Les quatre gars de Boston ont le sourire ce soir et semblent apprécier la proximité qu’il y a ce soir, elle qui était absente l’année dernière lors de leur venue à la Loco.

Les slammers ne s’arrêtent pas. un petit qui devait avoir environ 11 ou 12 ans monte sur scène faire le pitre, ce qui n’a pas manqué de faire sourire tout le monde. Le même maladroit débrancheur de guitare se retrouve un moment comme simili-technicien; tranquillement il a rebranché le micro de Kurt Ballou qu’il a fait tombé puis une fois la tâche accomplie s’est jeté avec frénésie dans la fosse…

Le groupe a interprété en grande majorité des titres de son dernier album (avec un « Last Light » scandé avec ferveur). « Downpour » a répondu présent, « Conduit » s’est trouvé être le seul représentant de leur album « When Forever Comes chrashing », « Concubine » s’est retrouvé en fin de set et aurait du être le dernier titre joué ce soir après un peu moins d’une heure de show. Mais face à la pression exercée par la fosse, le groupe décide après une courte concertation dans un coin de la scène de jouer le surpuissant « Forsaken » (tiré de Petitioning The Empty Sky). Après cette chanson finale, les lumières se sont rallumées, les musiciens ont posé leur instruments mais sont restés sur scène. Jacob Bannon (chant), s’est posé au bord de la scène pour discuter un gros quart d’heure avec le public, Nate Newton (basse) est resté ranger son matériel tout en échangeant quelques mots avec qui voulait. Ben Koller (batterie) allait et venait et s’est fait embarqué une baguette par un fan…

Converge nous a donné un superbe concert. Urgent, brutal, nerveux, généreux, souriant, avec ce soucis de proximité. Le groupe semblait très satisfait de ce concert, c’est d’ailleurs ce que nous a confié Kurt Ballou (cf interview à venir). Beaucoup d’ingrédients étaient là mais certains manquaient. Le jeu de lumières était exécrable et le son était perfectible. Alors qu’à la Loco la guitare était beaucoup trop forte, elle était ici trop en retrait. Aussi, le groupe aurait peut-être pu jouer plus longtemps, j’aurais voulu entendre « The Saddest Day », « For You », « Color me Blood Red », « My unsaid everything », « Thaw », ou encore « Phoenix In Flight ».

Peu importe, ce concert était, je me répète, un superbe concert malgré les petits défauts que l’on pas pu lui trouver. Converge est grand, Converge restera.

Un grand merci à VS Prod, à mister de la promo de PIAS, à Death Before Disco, Modern Life is War, Converge (et spécialement à Kurt Ballou).

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