Strapping Young Lad – 07 juin 2006 – Elysée Montmartre – Paris

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Il y a des jours où les choses ne se passent pas comme on le souhaiterait… Après une interview catastrophique (cf interview de Devin), les pauvres hères qui avions tenté de nous entretenir avec le maître étions fort dépités, à l’idée de voir Strapping sur scène dans ce qui s’annonçait comme d’effroyables conditions.

Pour le fan que je suis, voir Devin au bout du rouleau, triste, déçu, complètement au 36ème dessous, était vraiment un spectacle difficile et infiniment triste. Compte tenu de son état déplorable il n’était pas difficile de s’attendre à un concert en demi-teinte où le lascar tenterait peut-être tout de même de faire semblant d’avoir la flamme, l’étincelle, pour ne pas trop décevoir ses fans venus l’acclamer.

C’est donc le cœur un peu lourd et la confiance à plat, que l’on assiste d’abord, dès 19h30, à l’entrée des allemands de Maroon, qui avaient la lourde tâche d’ouvrir pour le maître.
Mission quasi-accomplie, grâce à une bonne volonté et une énergie évidentes, et même si je n’accroche pas du tout à la musique du groupe, il faut bien reconnaître que l’on ne peut que s’incliner devant la patate dont fait preuve tout le groupe et en particulier le chanteur blondinet. Difficile néanmoins de ne pas s’étonner et trouver un tantinet grotesque l’obstination de ce dernier à s’employer à cracher sur ses camarades dont l’agilité et la dextérité étaient alors mises à rude épreuve. Bref pendant 40-45 minutes, le groupe passe habilement en revue son répertoire, nous gratifiant de titres du dernier album When Worlds Collide mais sans négliger pour autant le précédent et très acclamé, Endorsed By Hate. Au terme de cette bonne prestation de metalcore agressif bien exécuté, le chanteur termine en caleçon et en chaussettes, et on ne pourra certainement pas lui reprocher d’avoir donné du sien…

L’heure de vérité approche, et l’attente est un peu longue avant qu’enfin, la bande à Devin fasse son entrée dans un Elysée-Montmartre en petite configuration « moitié de salle » (le fond étant inacessible) plutôt bien remplie.
Et là c’est le drame… Non pas du tout, c’est la claque ! Devin n’est plus du tout le même que 2 heures auparavant en interview, il semble transfiguré et en rage. Comédie ou vrai changement d’attitude ? Difficile de dire en effet si Devin a donné à son public ce qu’il souhaitait recevoir sans y croire vraiment ou s’il s’est retrouvé galvanisé par la foule. Pourtant difficile de croire à un jeu d’acteur, tant son aisance sur scène et sa capacité une fois de plus à faire moult blagues tout au long du show, sont remarquables. On a ainsi droit à un « c’est le thé au caca que je préfère » ou à une démonstration de son (gros) ventre qui annonce dans un super numéro de ventriloque, le prochain titre. Il est donc sûr et certain que personne dans la foule n’aura pu être conscient du blues du maître, et de son état complètement dépressif, mais pour les quelques qui l’avaient vu peu avant, l’étonnement était bien réel.
Pour ce qui est du concert en lui-même, c’est bien simple, en 3 concerts de SYL auxquels j’ai pu assister je ne suis pas loin de penser qu’il s’agissait ce soir de la meilleure prestation du groupe.
Son excellent (avec mes bouchons du moins), et prestation superbe des musiciens d’une part et de Devin très en voix, à défaut d’être très joyeux. On ne s’attardera pas sur le monstre Gene Hoglan qui a encore une fois étalé son écœurante aisance derrière les fûts qui donnerait des envies de suicide à tout batteur en herbe qui se respecte. Ce fut d’autant plus vrai, que SYL nous a offert de nombreux nouveaux titres extraits de The New Black et dont certaines parties mettent particulièrement à contribution le gros batteur génial.
Précisons aussi que ces nouveaux titres passent superbement l’épreuve de la scène (et les passages avec les backing de Byron et Simon sont particulièrement puissants) et c’est ainsi qu’à côté des classiques récents (« Love », « Aftermath » ou l’ultraviolent et génial « Relentless ») et anciens (« In The Rainy Season » toujours aussi énorme, « All Hail The New Flesh », « Oh My Fucking God » évidemment, mais pas de « SYL » ou de « Detox » pour une fois), l’équipée sauvage nous a gratifié de 5 de ces nouveaux titres. « Decimator » d’abord, puis « You Suck » qui passe évidemment super bien. Le génialissime (mon titre préféré du dernier album) « Wrong Side » (qui nous permet d’apprécier les « Kill Kill Kill Kill Kill » en backing du clavier du groupe) s’est vu également honoré ce soir, et en point d’orgue, l’enchaînement « Polyphony » – « The New Black » en apothéose, avec notamment sur le premier titre du tandem, la démonstration de la magnificence de la voix de Devin, quasiment seule sur le morceau.
Superbe.

En guise de rappel le désormais classique (mais enfin enregistré en studio sur The new Black) « Far Beyond Metal » survolté, pour un set d’une durée globale d’environ 1h15, durée correcte pour un show de SYL.

Meilleur concert que celui de l’an passé au Bataclan qui m’avait laissé sur ma faim, et surtout à en juger par l’interview, probablement le dernier concert de SYL à Paris avant quelques temps… Il fallait y être !

Setlist : (ordre incertain)
Imperial
Skeksis
Velvet Kevorkian
All Hail The New Flesh
Relentless
Decimator
You Suck
Wrong Side
Love
Oh My Fucking God
Home Nucleonics
In The Rainy Season
Polyphony
The New Black
Aftermath

+Far Beyond Metal (Rappel)

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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8 Commentaires

  1. damien luce says:

    ahhhh je m’en mords les doigts, ca devait être un grand concert !!!

  2. Nono says:

    Je les ai vu au Transbordeur et c’etait la meme chose. Grosse prestation de Devin et de sa voix jamais fatiguée, meme set-list et des vannes en veux-tu en voilà. En lisant l’interview ca m’a étonné qu’il en ai marre de tout en ce moment compte tenu du concert qui était extra !

  3. Ouais says:

    Normal que ce fut un bon concert, le nouvel album (mauvais) est entièrement taillé pour le live… Bourré de délires incohérents, et de guests inutiles. Sur album c’est une vraie bouse (juste un délire qui aurait dû figurer autrement, en EP ou en dl gratuit…). Comme il le dit dans l’interview, il est grand temps qu’il prenne du recul, parce que là c’est du pur heavy qu’il nous pond, avec des passages en voix aiguë risibles. Un peu plus de profondeur que diable…

  4. Shock says:

    Après le concert Devin n’avait effectivement pas l’air d’etre trop dans son assiette, l’est résté un long moment assis à vegeter sur les marches de l’elysée ! Esperons que ce n’est qu’une mauvaise phase !

  5. dark hypp says:

    ah krakou, tu m’as bien mis la pression hier avant le concert de Biebob (B). Le monsieur est arrivé bien cerné et bien fatigué mais dès les premières notes, le voilà qui se donne à fond. Un concert dans la même veine que celui que tu viens de décrire: chants assurés à la perfection, intensité, bien meilleur que celui de l’année dernière. Encore une fois: une belle claque!

  6. baracuda says:

    Je les ai vu à St-malo samedi soir et cela rejoint ce que vous venez de dire.Excellent concert.Grosse claque.

  7. Chant says:

    Chant à la perfection ? Pas vraiment, Devin n’a jamais su assurer les chants clairs de SYL en live, il préfère les transformer en hurlements, qu’il maîtrise mieux.

  8. dark hypp says:

    c’est la remarque que j’avais faite pour le concert de l’an passé à Paris, mais dimanche en Belgique, il a vraiment assuré

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