Paradise Lost – The plague within

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Style: Gothic doom deathAnnee de sortie: 2015Label: Century media records

Quel naïf j’ai été. Et ce à double titre.

Dans un premier temps, j’ai pensé que le groupe allait enfin renouer avec une période que j’adore et qui me manque un peu : celle de One second (1997).  Gregor Mackintosh (guitariste et compositeur) s’adonnant depuis quelques temps au death metal via le projet Vallenfyre et Nick Holmes (chant) ayant succédé à Swanö, Akerfeldt et Tägtgren derrière le micro nauséabond et guttural de Bloodbath, il m’avait semblé logique que Paradise Lost explorent à nouveau des voies moins pesantes.

Et patatras. Le facétieux Nick Holmes, quelques semaines avant la sortie de The plague within, s’était fendu d’une confidence qui avait eu le don de me surprendre voire de m’agacer : le successeur de Tragic idol (2012) marquera le retour à des ambiances plus… death metal. Qu’on m’explique l’intérêt d’aller se défouler dans des side projects si, au final, on intègre des touches death dans les titres de son groupe principal ? Face à tant de mauvaise volonté et, il faut aussi le signaler, à une pochette ô combien inintéressante, je n’ai pu que réserver un accueil de principe glacial à la version 2015 du groupe. La qualité étant au rendez-vous, ma mauvaise foi n’a pas longtemps tenu le coup.

Car, passé la première déception de ne pas avoir de successeurs à « This cold life » ou « Disappear », il a bien fallu que j’accepte d’être feinté une deuxième fois : certes, le chant death fait un retour tonitruant mais la mélancolie est bel et bien présente pour le plus grand plaisir de celles et ceux qui ont parfois besoin de sentir un vent glacial parcourir leur échine. Nul besoin de chant clair pour suggérer que la vie est parfois pesante, preuve en est avec le très heavy « Beneath broken earth » ; de toute façon, pour qui souhaite à tout prix entendre le père Holmes dans un registre moins caverneux, il reste toujours le classique « An eternity of lies » (certaines parties vocales m’ont même fait penser à Diary of Dreams) ou « Victim of the past ».

Je me souviens d’interviews à l’époque de ma découverte de la scène gothic doom anglaise dans les années 90’s où My dying bride et Paradise Lost s’envoyaient des piques plutôt puériles du genre : ils nous ont volé des riffs qu’on pensait mettre à la poubelle et en ont fait tout un album.

L’ironie veut que, à l’écoute d’un titre comme « Sacrifice the flame » on aura du mal à s’empêcher de penser à My dying bride. Pour le reste, on oscille entre Shades of god et Icon. Bien que l’excellence soit au rendez-vous, on aurait tôt fait de se dire que les Anglais se reposent sur leurs lauriers, qu’ils nous ressortent de vieillies formules certes efficaces mais peu novatrices (« Cry out » semble un peu sorti des cartons). Mais cette impression disparait à l’écoute de l’inattendu « Flesh from bone » qui semble être une « chute » du dernier album en date de Loudblast. Et vu le niveau de celui-ci, on comprendra qu’il ne s’agit pas d’une mauvaise nouvelle une fois passée la sensation de surprise.

Un très bon Paradise Lost donc qui assoit encore, si besoin était, sa suprématie. Les Anglais restent les maîtres incontestés du genre et font preuve, après plus de 25 ans de carrière, d’une étonnante vitalité. Pour autant, il ne s’agit pas l’album que je conseillerai d’écouter en priorité si jamais un jeune bleu-bite me demandait par quoi commencer pour découvrir le groupe. Traditionnellement, j’ai toujours des choses à découvrir après de multiples écoutes. Or, au bout d’une vingtaine de fournées, plus aucune subtilité ne semble se cacher. Le fait que mon histoire avec le groupe avoisine les 25 ans n’y est peut-être pas pour rien.

FB officiel

 

Tracklist :

01-No Hope in Sight

02-Terminal

03-An Eternity of Lies

04-Punishment Through Time

05-Beneath Broken Earth

06-Sacrifice the Flame

07-Victim of the Past

08-Flesh from Bone

09-Cry Out

10-Return to the Sun

 

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

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