Cryptosis – Bionic Swarm

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Style: thrash metal futuriste aux influences variéesAnnee de sortie: 2021Label: Century Media

Cryptosis, ce sont des néérlandais qui sévissaient il y a encore peu et depuis 2013 sous le nom de Distillator, dans un thrash d’obédience plutôt traditionnelle, efficace mais un peu générique. Pourquoi changer de nom alors qu’il s’agit manifestement de l’exact même groupe ? A l’évidence il s’agit pour nos amis bataves d’entériner un changement de direction et une approche manifestement plus moderne de leur musique néanmoins toujours orientée thrash. Mais un thrash plus moderne, dont on sent d’ailleurs qu’il va puiser ses influences dans le thrash futuriste à la Vektor d’abord (avec lesquels ils ont d’ailleurs sorti un split l’an passé sur lequel on retrouve côté batave, « Prospect of Immortality », le titre le plus progressif et long de l’album) à l’image de cette pochette un peu WTF, mais sans pour autant se cantonner à ce style comme nous le verrons par la suite.

Après une brève introduction aux tons futuristes bien raccord avec la pochette, le trio (guitare/voix, basse -et mellotron-, batterie, what else ?) balance la sauce avec les monstrueux « Decypher » et « Death Technology », pied au plancher, deux morceaux parfaits dans le genre Vektorien en beaucoup plus concis et efficace. Et c’est d’ailleurs là la grande force de Cryptosis, qui ne dilue jamais ses morceaux comme a malheureusement tendance à le faire Vektor. En 37 minutes la messe est dite et Bionic Swarm va enchaîner les taloches et les moments de grâce sur 9 morceaux (+ un interlude faisant office de transition entre les deux « faces » de l’album, dans un ton toujours très futuriste).

N’allez pas pour autant penser que le groupe va se la jouer monotone en nous claquant la gueule non stop, bien au contraire, et on en vient ici aux influences autres qui viennent enrichir son thrash avec d’abord un volet progressif tout simplement bluffant sur le monstrueux « Prospect of Immortality » à l’ambiance saisissante et sur lequel on commence déjà à entendre le mellotron joué par le bassiste, qui vient apporter une ambiance particulière et contre toute attente plutôt futuriste, avec cerise sur le gâteau, des chœurs en arrière-plan pour compléter le tableau. C’est ce même mellotron qui va venir apporter une coloration presque orientalo-futuriste cette fois sur le par ailleurs très thrash et in your face « Transcendence » et un peu plus loin sur « Conjuring the Egoist ».

Je ne vais pas vous faire l’article en citant tous les morceaux, il serait pourtant facile et tentant de le faire, tant Bionic Swarm s’avère réussi du début à la fin et surtout JUBILATOIRE au possible.

Techniquement le groupe est impérial, en particulier le guitariste qui shredde comme un diable et arrive à chanter ou plutôt s’égosiller dans un registre parfaitement thrash avec des montées dans les aigus tout simplement jouissives. Le chant parfait en somme et le seul que l’on voudrait pour coller à cette musique. A noter que le registre vocal de Laurens s’aventure ponctuellement sur des terres flirtant avec le  black/death pouvant ainsi évoquer Behemoth, ce qui colle d’ailleurs bien avec certaines ambiances développées par un titre comme « Mindscape » (avec du mellotron une fois de plus) et son mid tempo réussi. Et c’est finalement en revenant à un thrash moderne et frondeur que le groupe conclut l’album sur l’implacable « Flux Divergence ».

A ce stade si vous n’avez toujours pas compris que cet album est une bombe, et d’ores et déjà un des albums de metal les plus indispensables de l’année, je ne sais pas comment je dois vous le dire… Vektor aura fort à faire pour surpasser cette jeune garde qui vient de lui donner une leçon de concision et d’efficacité sur son propre terrain. Achetez moi cette bombe d’urgence je vous dis!

Tracklist :
01 – Overture 2149
02 – Decypher
03 – Death Technology
04 – Prospect of Immortality
05 – Transcendence
06 – Perpetual Motion
07 – Conjuring the Egoist
08 – Game of Souls
09 – Mindscape
10 – Flux Divergence

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 993 articles sur Eklektik.

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