[Mini-chroniques] Rattrapage mensuel (janvier 2024)

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Style: diversAnnee de sortie: 2024

Chaque mois, c’est la même chose, il y a beaucoup, beaucoup trop d’albums qui sortent ! Alors oui, c’est la preuve que la (les) scène(s) se porte(nt) bien, mais au moins une centaine de sorties par semaine, ça demande beaucoup de temps pour tout écouter voire écrire quelque chose dessus. Et alors que janvier est passé à la vitesse de l’éclair (malgré un ressenti plus conséquent, avouons-le), énormément d’albums sont passés à la trappe. Voici donc un petit rattrapage (qu’on va tenter de faire mensuellement) sur quelques sorties/découvertes valant le coup d’oreille (si elles n’y ont pas déjà atterri de votre côté), bonne lecture, bonnes écoutes !

Ghost AtlasDust Of The Human Shape (UNFD) – rock alternatif/emo

Projet solo de Jesse Cash (chanteur d’Erra, rien à voir avec Johnny), Ghost Atlas propose pour son déjà cinquième album une mixture personnelle de rock alternatif et d’emo à la Saosin. Et si l’album débute par de véritables hits en puissance (surtout “Panorama Daydream” et “Lesser God”, aux refrains parfaits et aux solides émotions), Dust Of The Human Shape a malheureusement tendance à un peu s’essouffler, la faute à une recette un brin geignarde et répétitive (ce qui n’empêchera pas des titres comme “Bedsheet Tourniquet” de faire leur effet grâce à un jeu de guitare presque math rock un peu plus audacieux). Pas mauvais pour autant.

Ultra LoverFaith Healer//Absolute Future (The Ghost Is Clear Records) – noise punk

Jeune projet de membres de la fine fleur hxc (et dérivés) suédoise (God Mother, This Gift Is A Curse, Kulma, Tungsol), Ultra Lover annonce la couleur: “Metz et Motörhead jouant des covers de Neu! Au travers de posters de Nirvana froissés […]”. La mixture est donc forcément noisy et rock’n’roll à la fois, nous entraînant dans une sorte de transe incantatoire (“Doors”) initiée par des punks aussi bourrés que sans le sou, aux instruments désaccordés et au matériel d’amplification dans un sale état. Ravageur et majoritairement très énergique, une sorte de noise garage à la distorsion exagérée qui devrait trouver son public (aux oreilles vraisemblablement bien abimées au préalable).

SplitknuckleBreathing Through The Wound (Daze Records/Northern Unrest) – metallic hardcore

Constitué de jeunes loups britons aux dents longues autosurnommés “les champions de l’Essex”, Splitknuckle débarque sans crier gare chez le réputé Daze Records (label hardcore sur lequel les frenchies de Worst Doubt viennent d’ailleurs de signer), l’occasion de faire mouliner les tough guys tandis que les cheveux des death métalleux voleront au vent au gré des nombreux breakdowns. S’orientant vers le son du The Red Chord des débuts (quand on ne parlait pas encore de deathcore) tout en sachant parfois aller dans l’écrasement vertébral ralenti propre à un Crowbar (la seconde partie de “Nothing Left To Destroy”) voire du côté d’Alice In Chains (le surprenant “Gethsemane”), ce nouvel album est un modèle d’efficacité, pas bien finaud sous ses atours beatdown mais bien réjouissant.

Yakui The MaidFutility (autoproduction) – post rock meets electro

Projet énigmatique basé en Russie, Yakui The Maid est de ces projets à imagerie manga sur lesquels je n’aurais sans doute jamais posé une oreille, mais c’était sans compter sur une recommandation Spotify (plus judicieuse qu’il n’y paraissait). Le gaillard derrière le projet aime donc le rock atmosphérique et aussi l’electro, il en propose ici une mixture fortement immersive aux contours rappelant les vieux 65daysofstatic. On se laisse donc porter sur ce Futility (sorti le dernier jour de 2023 officiellement, mais bon on va pas chipoter !) dans ces sonorités tantôt délicates, tantôt plus dynamiques (avec même quelques passages drum’n’bass), blindées d’émotions quoi qu’il arrive.

UnderneathFrom The Guts Of Gaia (Syrup Moose Records) – blackened hardcore/deathcore

Découverte totalement au hasard, il aurait été dommage de passer à côté de ce nouvel album des natifs de Pennsylvanie. Le groupe vient offrir les premières envies de grosse bagarre de l’année 2024 à la manière des Jesus Piece ou Mouth Of War l’an dernier (enfin il y a quelques mois). Mixant gros hardcore boosté aux amphets avec quelques phases “blackened” ni forcées, ni hors sujet, Underneath rappelle The Acacia Strain ou Harm’s Way, trouvant là un bel équilibre noirceur/bourre-pifs dans son gros son bien écrasant. Chaudement recommandé pour vous mettre d’humeur au réveil ou si vous êtes à la recherche d’un bon défouloir !

VemodThe Deepening (Prophecy Productions) – black metal atmosphérique

Vingt-quatre ans d’existence pour Vemod mais The Deepening est seulement leur second album ! Le trio norvégien (aussi actif chez Djevel, Black Majesty ou Mare) a pris son temps (douze ans plus exactement) pour livrer une suite à leur premier album et poursuit dans son black metal atmosphérique aux teintes mélancoliques introspectives. Autoproclamé “dark ethereal metal”, le trio incorpore à ses phases agressives, des divagations émotionnelles (parfois instrumentales, façon post-black) et un peu de chant clair poignant (façon Anathema). En dépit de quelques longueurs, on a là un très bel album.

DistancesAbstruse (autoproduction) – post metal

Souffrant d’une cruelle sous-exposition, il serait temps que Distances connaisse enfin une vraie reconnaissance car le trio d’Albuquerque produit un post-metal carrément attrayant. Parfois atmosphérique avec de jolis arpèges (et pourquoi pas quelques arrangements délicats) puis survolté avec des accélérations quasi black metal, Abstruse offre une synthèse particulièrement rageuse du genre. En effet, le chant aussi puissant qu’arraché (qui justifie la comparaison avec Botch, d’autant que le groupe compte parfois aussi quelques riffs dans l’esprit) place Distances du côté de ces groupes mettant l’agressivité à niveau égal de l’atmosphère immersive (Conjurer par exemple). Une bonne grosse branlée.

AlluvialDeath Is But A Door (Nuclear Blast Records) – death (core) mélodico-progressif

Trois ans après Sarcoma, Alluvial fait son retour avec un EP quatre-titres pour un peu plus d’un quart d’heure. Le groupe monté autour du guitariste Wes Hauch (Glass Casket, ex-The Faceless, session chez Devin Townsend, entre autres… bref pas un manchot !), du bassiste Tim Walker (live pour Entheos) et du vocaliste Kevin Muller (qui a déjà officié en live avec Suffocation) n’est clairement pas constitué d’amateurs. En résulte ce nouvel EP qui fait se côtoyer influences deathcore, djent et death metal plus “traditionnel” (“Fogbelt” et son influence Morbid Angel dans son riff principal), ce avec une technique irréprochable et une brutalité de tous les instants.

SvdestadaCandela (Long Legs Long Arms Records/Shove Records) – blackened crust-hardcore

Figure méconnue de l’underground espagnol, Svdestada est revenu en ce début d’année avec un troisième album ravageur, condensant en son sein la puissance du hardcore, la rage du crust et la noirceur du black metal. On y décèle beaucoup de variété: pas mal de Converge, quelques riffs issus des origines du metalcore, des atmosphères carrément épiques et même une conclusion-fleuve avec quelques influences post-black montrant que le groupe madrilène ne souhaite en rien offrir sept fois le même titre. A l’instar de Néboas ou de Tenue, il y a encore beaucoup à découvrir de l’autre côté des Pyrénées !

Neck DeepS/T (Hopeless Records) – pop punk

Réponse britannique aux cadors de la pop punk US que sont Blink 182 ou New Found Glory, Neck Deep sort son cinquième album en l’espace de dix ans (belle régularité). On retrouve là intacte l’énergie caractéristique du groupe alliée à un sens de la mélodie facile, faisant forcément mouche instantanément. Et même si le propos est parfois plutôt sérieux derrière cette apparente insouciance (le groupe ayant même des envies contestataires sur “We Need More Bricks”), on ne peut s’empêcher de voir ce genre de son uniquement en guise de bande originale d’un teen movie façon American Pie ou bien en musique de fond le temps d’un barbecue estival entre potes. Et si l’on regrette un peu au final la prévisibilité de ces compos, on ne trouvera aucun mal à vouloir un peu de légèreté sucrée (et de soleil) dans nos oreilles.

No Terror In The BangHeal (Klonosphere/Season Of Mist) – cinematic progressive metal

Second album pour No Terror In The Bang suite à son Eclosion (2021), le groupe rouennais y propose encore une fois une musique difficilement étiquetable, entre metal moderne et bande-son de film inquiétant. Sa chanteuse Sofia Bortoluzzi contribue fortement à l’installation de ce climat aussi immersif qu’anxiogène, cette dernière passant d’un chant clean presque angélique à des embardées rageuses (tandis que les musiciens derrière elle ne sont pas en reste, accompagnant ses différentes phases dans les atmosphères prenantes comme dans le chaos le plus total). Ce rendu quasi bipolaire rend ce Heal complètement imprévisible, jouant avec les nerfs mais aussi la curiosité de l’auditeur. Un album inclassable à découvrir !

UnsufferableS/T (Iodine Records) – hardcore punk

“Jeune” trio monté autour de membres et ex-membres de 108, Bloodjinn et Omen Astra, Unsufferable débarque avec deux titres de hardcore bien remontés contre quelques afres de notre société actuelle. Forcément, le groupe de Greensboro (Caroline du Nord) y va tous nerfs dehors sur deux morceaux vindicatifs (malgré une production un peu compressée, le son de batterie notamment), comparables à deux cocktails molotov ayant servi à l’incendie de la voiture sur la pochette de l’EP. A suivre !

beunz
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