36 Crazyfists

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Après un premier album assimilé rapidement à la vague néo-métal, un second aux tempos beaucoup plus hardcore, les 36 Crazyfists ont su nous montrer leur habileté à ficeler des chansons bien comme il faut qui vous collent au cerveau. Mais être fort sur album et sur scène… c’est autre chose. Pauvre petits français que nous sommes, il aura fallu attendre deux ans avant que le combo ne se décide à nouveau à fouler notre sol. Après la fausse joie d’Octobre, les grands et forts gars d’Alaska, sont bien là, en chair et en os. Cool. Et donc, comme leur venue est très rare, on ne pouvait passer à côté d’une petite interview… C’est Steve Holt, guitariste qui s’y colle.



Est-ce facile de monter un groupe quand on habite en Alaska ?


C’est vraiment une toute petite scène, il n’y a pas beaucoup de groupes et pas des masses de public. Donc quand on a commencé 36, on est resté la-bas deux ans avant de déménager aux Etats-Unis, à Portland, parce que c’était plus pratique pour tourner etc. C’est entre LA et Seattle. Alors que quand tu es en Alaska, tu es loin de tout. Il y a quelques groupes quand même. L’avantage c’est que comme c’est tout petit et assez fermé, les groupes ne sont pas trop influencés par ce qui se passe ailleurs et ils sont assez originaux. En fait c’est un bon endroit pour monter un groupe. C’est calme.


Avez-vous déjà tourné avec des groupes venant d’Alaska ?

Non, on est un des premiers groupe à jouer du rock à tourner en dehors de l’Etat.


Est- ce dur de vivre en Alaska quand il fait nuit 24/24 ?

Oui !! C’est vraiment spécial. Il faut s’y habituer. Mais c’est bizarre. L’hiver, il fait tout le temps noir, c’est du genre « argh, sortez moi d’ici !! ». Ca te dérègle complètement le sommeil… En même temps, ça va, je n’ai pas vécu longtemps en Alaska donc ça s’est toujours bien passé.


L’Alaska a aussi eu une influence sur votre musique ?

Oui je crois bien. Brock écrit pas mal de paroles sur l’Alaska. On y retourne souvent. Nos familles vivent la-bas, donc…


Le morceau « Song for a fisherman » sur votre dernier l’album, c’est un peu comme un hommage par rapport à vos origines ?

Ah oui oui carrément ! Le titre « Song for a fisherman » parle de ça. Brock a grandi dans une famille de pêcheurs professionnels et il bossait dans la pêche il y a encore quelques années de ça. Cette chanson est dédiée aux personnes qui ont choisies de faire carrière là-dedans.


Tout comme le titre de votre album « A snow capped romance ». Tout nous ramène à l’Alaska en fait !

Oui ! Chez nous c’est très montagneux et il neige tout le temps, ça vient de la.


A l’époque on vous qualifiait de néo-métal, maintenant d’émo, qu’en pensez-vous ?

Quand on a commencé, on a de suite été associé au néo et pour le 2ème à l’émo. J’en sais rien ce qu’on fait… Moi je joue de la musique tu vois, c’est tout ! C’est marrant d’entendre tous ces noms et de voir leur évolution. Franchement, je m’en fous. Appelez moi comme vous voulez. Moi j’aime jouer de la musique, c’est tout. Des fois ça craint quand une étiquette te colle à la peau… mais quand les personnes écoutent le cd elles se rendent bien compte que l’on ne sonne pas néo métal, donc c’est cool !


Est-ce que vos paroles ont évolué avec votre musique ?

Brock écrit toutes les paroles. Je ne dirais pas que c’est plus gai, enfin presque. Je pense que quand tu vieillis, tu deviens plus content. Quand tu es jeune, tu as envie de tuer tout le monde, plus tu vieillis, plus tu t’adoucis.


Vous, vous vieillissez, et votre public rajeunit !

C’est vrai qu’à nos concerts tu verras beaucoup de jeunes, mais des fois ça arrive qu’il y ait des personnes âgées de 40 ou 50 ans. Yes ils viennent à notre concert, c’est cool !


Avez-vous l’intention de jouer dans des festivals ?

Je ne crois pas. Je pense qu’après cette tournée, on va se concentrer sur le nouvel album. On a commencé à travailler dessus récemment, mais ça va prendre du temps avant qu’on ne le sorte parce que l’on est en tournée… On a l’intention de jouer une nouvelle chanson ce soir. On la teste tous les soirs !


Et suivant les réactions du public, vous la modifiez après coup ?

Non, pas forcément. Il y a des fois ça ne marche pas en live, mais c’est toujours plus dur avec des nouvelles compos parce que les fans ne les connaissent pas. Tu sais, tu joues les titres des albums, tout le monde chante et la tu joues un nouveau morceau et les fans sont là « mais qu’est-ce que vous faites la les gars ? ». Personne ne la connaît ! Mais déjà ça te permet toi de voir comment tu te sens sur le morceau. C’est un bon moyen de voir si la structure de la chanson est bonne et si elle passe bien. J’adore ça mais c’est flippant parfois, tu ne sais plus ou tu en es..


Vous étiez censés venir en Octobre, que s’est-il passé ?

Je crois qu’il y a eu un problème avec le label, ça leur coûtait trop cher. Nous faire venir jusqu’ici, louer un bus… On avait pas assez de concerts bookés pour rentrer dans nos frais. Et puis ça n’aurait été que nous, il fallait que l’on paye le bus tous seuls au lieu de partager les frais avec les autres groupes donc il a fallu se faire une raison. C’est dur parfois, mais on essaie d’aller partout où on peut.


Est-ce que l’argent est un problème ?

Des fois. On n’est pas super connu, donc on a toujours quelques restrictions… On a tous un boulot à côté. J’aimerais bien vivre de ma musique, mais ce n’est pas le cas ! Ce n’est plus ce que c’était. Avant les groupes pouvaient se faire un tas d’argent mais maitenant non. Ce ne me touche pas trop, du moment que je peux payer mes factures.


Cela va faire un an que vous tournez, ça vous plait ?

Je pense qu’il y a des gens qui aiment ça plus que moi ! Je suis partagé en ce qui concerne les tournées… Mon chien me manque. Je m’en fous de tourner, mais des fois tu deviens malade, ta maison te manque. En plus chez moi j’ai un studio d’enregistrement. Je produis d’autres groupes et j’adore ça ! Le truc qui craint en tournée, c’est que tu n’as pas le temps de visiter, il y a toujours quelque chose à faire. Ca fait deux fois que je viens à Paris et je n’ai toujours pas vu la Tour Eiffel ! J’espère pouvoir revenir en vacances…


Par rapport aux autres groupes du label (roadrunner), vous considérez-vous comme un ‘vieux’ groupe ?

Et bien, on va enregistrer notre troisième album, donc je me sens un peu old school par rapport à tous ces nouveaux groupes, même si on n’est pas non plus des vieux! Pas mal de groupes ont splitté, ou disparu avant leur troisième album, donc je me sens chanceux d’être la où j’en suis aujourd’hui.


Et ce troisième, on va l’attendre aussi longtemps que le second ?

Je ne sais pas. On ne veut rien forcer. On prend notre temps pour écrire les morceaux, garder le meilleur. Quand tu es jeune, tu veux tout faire tout de suite, sortir ton album etc. Tu t’en fous que le son soit bon ou pas, tu veux juste que ça sorte. Pour le second album, on s’interrogeait sur chaque morceau, est-ce que ça va ? Est-ce que ça ne serait pas mieux comme ça ? La c’est « Non. Non. » On joue plein de trucs qui doivent sûrement être bien mais on ne veut garder que le meilleur du meilleur. Ce n’est pas comme pour le premier album. Quand tu enregistres ton premier album, tout le monde te pousse, le label te demande de te dépêcher. Pour le prochain, notre maison de disque nous a demandé de nous dépêcher, mais ça ne va rien changer. On n’a pas envie de sortir un album de merde. Alors pour l’instant on continue à travailler dessus, quand on sera prêt on te fera signe. Laisse nous tranquille !


A quoi doit-on s’attendre pour le nouvel album ?

De meilleures chansons. Les structures sont mieux, c’est plus carré, plus heavy. Et la chanson qu’on joue en live, elle a déjà tous les éléments présents dans notre musique, mais en mieux ! C’est cool !


Une petite dernière pour la route, ta playlist du moment ?

Charles Mingus, un musicien de jazz, Black Label Society… J’ai énormément de cds chez moi. J’adore acheter des cds, c’est comme les livres, tu sais l’odeur, lire les lyrics. Le fait d’aller dans un magasin, d’acheter le cd, de revenir chez soi, s’asseoir l’écouter, je suis à fond dedans !


Merci à Roadrunner et à Sabrina !

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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