Beyond Twilight – Section X

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Style: dark heavy prog metalAnnee de sortie: 2005Label: Replica Records

Finn Zierler est fou ! Pour le premier album de Beyond Twilight (The Devil’s Hall Of Fame), ce claviériste de génie est allé cherché l’inspiration en s’isolant au fin fond du Sahara. Pour ce nouvel album, le Danois s’est mis dans de nouvelles situations tout aussi étranges : il est resté pendant une semaine dans l’obscurité de son grenier, a vécu dans les rues de Londres comme un SDF et a écrit sous l’eau au fond d’un lac. On se doute qu’en se mettant dans de telles situations pour composer, l’homme nous a pondu des compositions sombres, sentant l’angoisse, la paranoïa et une certaine folie. De plus, Mister Zierler nous offre en prime une histoire tarabiscotée dont il a le secret, celle d’un savant créant un clone de sa personne, qu’il croyait contrôler mais, qu’il sera finalement obliger de combattre.

Attention, le sieur Zierler n’est pas un newbie sur la scène metal. Dans les années 90, il avait monté un groupe de power metal nommé Twilight et auteur d’un seul et unique album en 94 : Eye For An Eye. C’est sur les cendres de ce groupe que s’est créé Beyond Twilight et que les choses sérieuses allaient enfin pouvoir commencer. Le premier album de la formation danoise n’a pas fait parler de lui uniquement parce qu’un certain Jorn Lande (Masterplan, ex-Ark, Mundanus Imperium) y assurait le chant. C’était aussi un véritable chef-d’œuvre dans un style absolument unique que certains magazines avaient alors défini comme étant du cinématique prog-opera-metal (on dirait du Holy Records ou du Adipocere). Cinématique est un terme parfait pour décrire la musique vraiment ambitieuse que produit Beyond Twilight ; les claviers aux sonorités envoûtantes, tantôt symphonique, tantôt electro, plongent littéralement l’auditeur dans un véritable film. Le terme progressif est ici à employer au sens noble du terme, non pour décrire la complexité structurelle de la musique, mais plus pour définir l’originalité d’un univers musical difficile à rattacher à une quelconque caste du metal. La musique de Beyond Twilight est avant tout basé sur l’émotion et non sur la démonstration ou sur de quelconque pirouettes instrumentales, elle prend littéralement aux tripes l’auditeur.

On pouvait pourtant craindre de ce que donnerait ce nouvel album. Avant tout parce que Jorn Lande avait décidé de perdre son temps en s’occupant exclusivement de Masterplan et en délaissant le projet le plus intéressant auquel il n’a jamais participé. On pouvait craindre que le nouveau chanteur de la formation danoise ne soit donc pas digne d’une musique si ambitieuse, si émotionnelle. Il faut dire que Jorn avait placé la barre très haut sur TDHOF, sûrement une des meilleurs performance vocale qu’il m’ait été donné d’entendre. Le remplaçant est un dénommé Kelly Sundown Carpenter, chanteur de Outworld. La performance du sieur Carpenter est telle qu’on en oublierait presque que Lande ait un jour fait parti de ce groupe. Sa voix est très proche de son prédécesseur mais c’est pourtant loin d’en être une pâle copie. Le petit nouveau possède un registre vocal des plus étendu. Autre nouveauté dans le line up, l’intégration d’un second guitariste Jacob Hansen, aussi chanteur-guitariste des thrasheurs d’Invocator. Avec ce nouveau line up tout beau tout neuf, Beyond Twilight est enfin prêt à conquérir le monde.

Mais musicalement, ça donne quoi ce Section X ? Différent du premier ou une simple redite ? Et bien, il y a un peu des deux en fait. On retrouve certaines sonorités typiques du Beyond Twilight, dont les intonations vocales, le son des claviers monumental, certains samples, ect… On ne peut pas vraiment parler de redite car il s’agit des éléments constitutifs du style Beyond Twilight. La particularité principale de The Devil’s Hall Of Fame, et qui fait que le metalleu de base aura du mal à y rentrer, c’est que les claviers prennent le pas sur les guitares. Pas étonnant, vu que le compositeur et tête pensante de la formation danoise est le claviériste, ce cinglé de Finn Zierler. Si les parties de clavier sont toujours aussi monumentales sur Section X, la guitare a repris du poil de la bête et c’est une bonne chose. Assurément, l’adjonction de Jacob Hansen dans le line up en est pour quelque chose. Ce son de guitare est lourd, puissant, incisif, sombre, agressif, oppressant. C’est ce qui marque la différence entre Beyond Twilight et la plupart des autres groupes dit de prog metal, cette agressivité et ce côté sombre réel. Les solos de guitare sont aussi plus nombreux que sur l’album précédent. Ils ne sont pourtant jamais en surpoids et servent avant tout la mélodie. Section X est aussi plus complexe que son prédécesseur, plus progressif.

Mais la star de Section X, c’est bien entendu le clavier de Finn Zierler. A ce titre, l’homme laisse loin derrière une grande partie des claviéristes de metal. Rien que par le son de ces claviers, le résultant est absolument incroyable ! L’homme nous montre toute sa classe sur le sublime instrumental « Portrait F In Dark Waters » avec grande envolé de piano. D’ailleurs, les envolés instrumentales de tout type sont plus présentes sur ce nouvel opus sans jamais tomber dans la démonstration et toujours au service de l’émotion. Autre nouveauté, les tempos sont plus variés que sur TDHOF, plus souvent rapides.

Je pourrais vous parler pendant des heures de toutes les ambiances envoûtantes présentes sur ce disque, de la multitude d’émotions que procure Section X ou encore de toutes les trouvailles parsemant cet opus : des chœurs majestueux par ici (« Sleeping Beauty ») ; un sample étrange rappelant les profondeurs d’un lac par là (« Shadow Self ») ; les nombreuses voix parsemant « The Dark Side » qui semblent tout droit issu d’un film ; le refrain irrésistible de « Ecstasy Ride ». Je pourrais vous faire des pages et des pages pour vous vanter les mérites d’un tel album. Mais le mieux est d’absolument jeter une oreille sur la nouvelle œuvre de ce groupe danois et de s’y plonger à corps perdu, car c’est tout à fait le genre de disque qui demande une multitude d’écoute pour en percer toutes les subtilités. Décrire le style pratiqué par Beyond Twilight comme du prog ou du heavy metal paraît finalement superflu. Beyond Twilight pratique un metal sombre théâtral, alambiqué et original qui n’a pas besoin de comparaison. Beyond Twilight est tout simplement GRAND. Assurément un des meilleurs albums de cette année 2005.

  1. be careful it’s my head too
  2. the path of darkness
  3. shadow self
  4. sleeping beauty
  5. the dark side
  6. portrait f in dark waters
  7. ecstasy arise
  8. section x

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3 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    Il faudra que je m’intéresse à ce groupe tiens.

  2. krakoukass Krakoukass says:

    J’ai écouté hier soir, et c’est vrai que ça a l’air assez intéressant. Faut quand même accepter la voix heavy mais j’avoue que pour le style je trouve ça écoutable…

  3. kollapse says:

    c vrai qu’il faut s’y faire à la voix heavy, mais sinon musicalement c plutot bien fait je dois dire.

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