Clann Zu – Rua

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Style: pop/post-rockAnnee de sortie: 2003Label: G7 Welcoming Committee Records

Le hasard fait parfois mal les choses. C’est le jour même ou je reçois ma commande avec les deux albums de Clann Zu que j’apprends la nouvelle de leur séparation. Groupe que j’ai découvert il y a seulement deux mois avec leur dernier album en date Black Coats and Bandages.
Et il n’a pas fallu longtemps à la musique de Clann Zu pour me séduire. Des compos pop/rock originales, généralement mélancoliques mais qui aiment à surprendre l’auditeur par de soudaines envolées électriques.
Ce premier véritable album (après une démo/ep) sortit initialement en 2001, puis réédité il y a peu par le label G7, s’avère particulièrement bluffant tant le groupe fait ici preuve de maturité et d’originalité. De ce fait pas facile de citer des références qui vous donneront une idée précise de ce à quoi la musique de Clann Zu ressemble. Si les noms de Radiohead, Jeff Buckley ou encore Dredg (C’est d’ailleurs en discutant sur le forum de ces dernier que j’ai découvert Clann Zu) viennent à l’esprit par moment, il serait for malvenu de s’arrêter là. En effet, le groupe Australo-Irlandais ne s’impose pas de limite et s’aventure dans des genres aussi divers que le trip-hop, l’électro ou encore le folk irlandais. Quoi de plus logique d’ailleurs, sachant que le chanteur, Declan De Barra est d’origine irlandaise. Il ne s’est donc pas privé pour colorer les compositions de Clann Zu de sons de violons et de bodrhàns (prononcer borow, il s’agit de la percussion utilisée dans la musique traditionnelle irlandaise) mais sans pour autant faire de Clann Zu, un groupe de pop celtique.
Ainsi tout du long de ce Rua, nous traversons des paysages divers et variés ; que ce soit l’ébouriffant « Words for snow  » qui introduit superbement cet album, le très hip-hop « Five thousand more », le planant et tragique « lights below  » ou encore le festif « Crashing to the floor  » qui semble nous emmener dans un pub reculé du fin fond du Conemara. Seul le très moyen « All that you’ve ever know  » avec son chant un peu rébarbatif, fait un peu tache au milieu de toutes ces petites pépites.
Devant ce melting-pot sonore, un élément constant rend la musique du groupe étonnement homogène : la voix profonde et tragique de Declan, véritable bombe émotionnelle aux timbres multiples (non ce n’est pas un philatéliste). Tantôt intimiste, tantôt complètement possédé celui-ci s’amuse à malmener nos émotions jusqu’à ce que surgissent quelques larmes. Les irlandais sont d’ailleurs réputés pour avoir la musique dans le sang, habitués depuis plusieurs siècles à chanter leurs peines et leurs révoltes dans les moindres recoins de la verte Erin. Comme pour ses ancêtres et compatriotes, c’est la douleureuse histoire de l’Irlande qui inspire Declan pour les textes de Clann Zu : La grande famine, la révolte face aux anglais ou encore la violence de l’Eglise. Ce coté très engagé trouve par ailleurs écho sur leur label G7 Welcoming Commitee Records, activiste indépendant canadien, qui ne signe que des groupes avec lesquels ils partagent leur convictions politiques (mais aussi écologiques). Mais revenons à Declan. Ce chanteur possède réellement une voix à part, une voix qui transpire le vécu comme peuvent l’être celles de Tom Waits, de Nick Cave ou encore Shane Mac Gowan, l’emblèmatique leeder des Pogues. Et si l’on se désespère de voir le groupe splitter aujourd’hui, réjouissons nous toutefois d’apprendre que Declan travail actuellement sur son album solo qui devrait sortir dans les prochains mois. J’attends cela avec impatience.

  1. words for snow
  2. five thousand more
  3. hope this day
  4. all that you’ve ever know
  5. everyday
  6. all the people know
  7. ri ra
  8. lights below
  9. crashing on the floor
  10. you’re listening to a dead man speak
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4 Commentaires

  1. darkantisthene says:

    ce n’était donc pas une légende, il existe bel et bien des kros de joss O_O!
    très bonne en tout cas, bien fournie en info mais personnellement je ne vois pas le rapport avec dredg

  2. jonben jonben says:

    Mais non, d’ailleurs sa 1ère (et bien marrante) chro était celle de Monsieur Patate de la joyeuse bande de déconneurs d’Ultra Vomit!
    Tiens sinon un truc personne que peu ont dû remarquer : en cliquant sur le nom du chroniqueur on arrive à la liste de ses chroniques.

  3. Joss says:

    @ Darkantigel : Ouaip pour Dredg je pense que c’est plus visible sur Black Coats que celui-ci mais bon… ce ne sont que des aspects hein !

  4. Monster says:

    Ouais c’est la chro trimestriel de Joss, RDV en novembre (en étant optimiste) pour la nouvelle chro…

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