Stolen Babies – There Be Squabbles Ahead

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Style: extravagant gothic/metal/carnival/rockAnnee de sortie: 2007Label: The End Records


J’avais déjà eu ce sentiment. Mais il n’était pas pareil. Plus… dilué peut être.
Il est 10 heures, elle me réveille, tout doucement.

Elle était différente, plus soignée dans un sens, plus directe, plus compliquée aussi dans un autre sens. J’avais souvent du mal à comprendre tout ce qu’elle disait et comment elle le disait. Mais nous commencions à bien nous entendre. Enfin, je l’écoutais plus souvent qu’elle ne m’écoutait. Elle a un peu plus de choses à dire. Et des choses surtout plus intéressantes que le verbiage amorphe que produit mon cerveau en ce moment. La preuve.
La musique de Stolen Babies résonnait dans mon crâne après avoir été subtilement enclenchée par un miracle de la technologie appelé « réveil musical ». Elle me réveille, tout doucement.

Je découvre Stolen Babies à travers leur premier accouchement, There Be Squabbles Ahead. Sceptique je dois l’avouer au début, je me suis cependant laissé bercer par les chants atypiques de la miss à l’accordéon. Elle me réveille, tout doucement. La formation quelque peu étrange (enfin, plus tout à fait de nos jours…) me plait. La basse a un son monumental et un jeu très bien pensé, la batterie passe d’un minimalisme amusant à un chaos étonnament compréhensible et je ne peux m’empêcher de me répeter: quand elle ouvre la bouche, je l’écoute. De cris à la limite d’un black métal d’écorché à un parlé/chanté imposant et sexy, en passant par des sérénades à faire dormir Belzebuth, nous tenons là un des principaux atouts de l’effet « Stolen Babies ».

Bien sûr, réduire ce groupe plus que prometteur à une voix, un accordéon et une grosse contrebasse serait honteux de la part d’un idiot qui parle à sa chaîne stéréo dans une langue que seul lui connaît, donc j’élabore. Faut bien remplir la chronique…

Il ne s’agit ni d’un énième groupe mené par une chanteuse avec les seins de la nana en plein milieu de la pochette et l’image myspace du groupe qui n’est autre que celle de la chanteuse ni d’un After Forever de mes deux, ni d’un Nightwish flasque. Stolen Babies se démarquent par une musique alliant sons occidentaux, balkans, parfois pop, noise, dissonants et hardcore dans une mixture ma foi fort intéressante et toujours aussi prenante à l’écoute. Les rythmes agencés par le groupe s’apparentent à des saccades et staccatos souvent couverts par une ou plusieurs bases mélodiques d’horizons différents. On pensera à certains moments à Mr Bungle, au Special Defects de Fredrik Thordendal (sans véritable relation dans la complexité de l’écriture), mais aussi à Battle Of Mice, Dresden Dolls (un gros parallèle dans la folie sonore et les voix), Made Out Of Babies ou Diablo Swing Orchestra.

L’univers fascinant de cette formation généreuse en sons et idées nous enfonce dans un bain tiède des plus délicieux, où on sent une aisance très fluide dans le jeu, en effet il est agréable aujourd’hui de tomber sur une musique où les lignes coulent comme innées, sorties, dans une complexité certaine, sans douleurs d’accouchement. (Ben quoi le groupe s’appelle Stolen Babies faut bien faire des blagues foireuses…)

Il est drôle de constater la compétition à laquelle se livre un nombre incalculable de groupes aujourd’hui pour qui ne semble compter que la surenchère technique au profit du rythme et des notions de tension et de détente. Le genre de groupe qui a l’air de faire caca en jouant le riff. Enfin… Ici, ni le chant n’est forcé, ni l’instrumentation et encore moins la section rythmique, qui joue exactement ce qu’il faut jouer là où il faut le jouer. C’est dans cette optique que s’inscrit ainsi Stolen Babies, non sans offrir une musique dense, recherchée et subtilement dosée entre mélodies, sonorités choubidoubidou crrrr bzzzzz wiiiiiiiiiii et accalmies bienvenues aux arrangements très soignés.

Un groupe qui servira bientôt de référence à un genre nouveau.

C’est en tout cas ce que semble penser Heida, qui n’hésite cependant pas à piquer toute la couette. Elle a écouté Feist (popup) toute la soirée.
Il fait chaud. Je me réveille, tout doucement.

Cette chronique fait partie d’une série de 10 chroniques, c’est la septième, la première est ici, la suivante ici.

  1. spill!
  2. awful fall
  3. filistata
  4. a year of judges
  5. so close
  6. tablescrap
  7. swint? or slude?
  8. mind your eyes
  9. lifeless
  10. tall tales
  11. push buttons
  12. gathering fingers
  13. the button has been pushed

Chroniqueur

OY C

"Sticking feathers up your butt does not make you a chicken." -- C.P.

OYC a écrit 42 articles sur Eklektik.

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3 Commentaires

  1. Nemocore says:

    Une fois de plus je rejoins OYC sur le groupe. Un album à la fois riche et digeste. La folie (douce) sous-jacente ne semble jamais forcée et donne à la musique du groupe des accents théâtraux (d’où le lien aux Dresden Dolls j’imagine). Un gros yeah itou.

  2. guim says:

    Excellente chronique,quant au disque il arrive toujours à trouver le juste milieu dans la surenchère,babydoll dans la cabine à proton défragmente joyeusement sous les impulsions inquiétantes d’un combo diaboliquement habité,le kaéidoscope de sensations qu’il renvoie vaut largement toutes les appréciations énumérées ici,de la pop de barge au menu,clous à volonté

  3. Jvice says:

    Un superbe album, intelligent, original et energique!

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