Berurier Noir – Invisible

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Style: punkAnnee de sortie: 2006Label: FZM

Voilà un album qui risque de faire couler pas mal d’encre et d’en faire sourire plus d’un.
Combien de groupes se reforment après plus d’une décennie ? Pas mal, vous me direz, et cela devient même assez fréquent ces temps-ci.
Mais combien de groupes se reforment, donnent quelques concerts au compte gouttes, et se re-séparent tout en annonçant un ultime album à paraître sous peu ? Beaucoup moins, et c’est là que les Béruriers Noirs continuent à prouver qu’ils n’en font qu’à leur tête et se foutent bien des us et coutumes.
Bien entendu, certains diront que ça pue la démarche commerciale à plein nez, que les Bérus sont des vendus et qu’ils ne sont plus qu’une parodie d’eux mêmes avec cette reformation éclair – ou plutôt cette « déformation bérurière » pour paraphraser le groupe –. Bref, encore un débat qui n’en finira jamais et qui promet d’animer de nombreuses fins de soirées autour d’une bonne bière.

Cette déformation (ou transformation, à vous de choisir) bérurière à commencé à voir le jour en 2003, durant l’élaboration du DVD Même pas mort (contenant le concert Viva Bertaga, des interviews, commentaires, images, photos, ainsi qu’un CD audio intitulé Bloody party) et se concrétisera lors de la 25ème édition des Transmusicales de Rennes.
Après presque quinze années d’absence, le groupe semble à nouveau prêt à reprendre la route ensemble et s’envole pour le Québec pour deux dates en juillet 2004. Il s’arrêtera aussi au festival de Dour et fera une apparition surprise lors d’un festival à Lilliers.
En 2005 le groupe jouera aussi sous le nom de « Kamouflage » au festival Astropolis de Brest, lors d’une soirée organisée par FZM (le label du groupe). C’est à l’automne de la même année que le groupe immortalisera cette série de concerts sur CD/DVD en sortant L’opéra des loups et laissera présager un nouvel album pour la nouvelle année à venir. La dernière apparition live des Bérus – enfin sur un véhicule aux couleurs de la CNT–, aura lieu le 1er mai 2006 lors d’une manifestation. Une semaine plus tard, un communiqué tombe annonçant la dissolution du groupe, mais confirme qu’un nouvel album, intitulé Dérive Mongole, verra le jour dans les mois à venir. A la fin de l’été les choses se précisent, une date de sortie est lancée – le 4 décembre–, et l’album s’intitulera finalement Invisible.
Si on met de côté Viva Bertaga, les nombreuses sorties estampillées depuis ce dernier (Carnaval des agités, Enfoncez l’clown, La bataille de Palo-Kao, Même pas mort et L’opéra des loups), ainsi que les rééditions, il aura fallu attendre plus de dix sept ans pour tenir le successeur de Souvent fauché, toujours marteau, le dernier album studio du groupe sorti en 1989.
Enfin bref, ça c’était pour la petite histoire, mais il me semblait tout de même nécessaire de revenir sur ce come back atypique et sur la façon dont les choses se sont passées.

Maintenant qu’il est là, entre nos mains, penchons-nous sur ce nouvel album des Bérus, et voyons voir ce qu’il a dans le ventre.
Mais autant vous prévenir tout de suite, les Bérus restent les Bérus, donc si vous vous attendiez à une révolution musicale, vous pouvez sans autre passer votre chemin, car mis à part quelques samples par ci par là (assurés par Junior Cony, partenaire de label des Bérus), la musique du groupe reste identique à ce qu’il faisait dans les années quatre vingt, c’est-à-dire du punk revendicatif minimaliste et direct.
On retrouve donc Loran à la guitare, Masto au saxo, François au chant, Dédé la fameuse boîte à rythme, mais aussi la célèbre chorale Bérurière sur certains titres, ainsi que quelques invités ça et là.
La recette est connue, a fait ses preuves, et fonctionne toujours aussi bien, malgré les quelques rides qui se font sentir … J’entends par là que le côté minimaliste de l’album ne sera certainement pas du goût de tout le monde, même si il reste la marque de fabrique du groupe et ne dépaysera pas les habitués.

Le grand cirque (ou grand bordel) est donc de retour pour une dernière représentation et compte bien balancer encore quelques coups de gueule. Une guitare tranchante et cradingue, un saxo hypnotisant, ainsi qu’une boîte à rythme galopante mettent en musique les textes toujours aussi revendicateurs et engagés du groupe.
Qu’il s’agisse de textes appelant au réveil social (« Coup d’état de la jeunesse », « Empire state bulldog », « On en a marre », « Liberté »…), traitant du respect de la nature (« L’enfant bleu », « Le cerf, le druide, et le loup » …), ou plus personnels (« Love in Laos »), les Béruriers Noirs sont restés fidèles à leur réputation et continuent à nous balancer des refrains à reprendre en cœur, le poing levé, comme ils savent si bien le faire.

Je ne suis certainement pas la personne la plus objective pour parler de ce nouvel album des Bérus, car il est vrai que j’ai passé une bonne partie de mon adolescence à pogotter sur leurs morceaux – d’ou l’absence de note pour cette chronique –, et que j’estime que cet album est tout simplement un cadeau fait aux fans par le groupe. Donc à vous d’y jeter une oreille et de voir si l’aventure Bérus vous tente ou non.

Honnêtement, si vous n’avez jamais été fan du groupe, ce n’est pas avec cet album que les choses vont changer, car nous avons là affaire à la suite logique de leur dernier album sorti en 1989 (tant au niveau musical qu’au niveau des textes). Si par contre vous souhaitez vous faire plaisir et découvrir douze nouvelles compositions du groupe, cet album vous tend les bras et comblera votre soif de rébellion à grand renfort de coups de gueule comme savent si bien le faire les Bérus.

Si la scène reste le terrain de prédilection du combo, les chances de le revoir sur les planches restent maigres, car même si Loran et Masto continuent à faire quelques apparitions scéniques sous le nom « Les Amputés », la page semble belle et bien être tournée.

On se dit à dans quinze ans alors ?

  1. le cerf, le druide, et le loup
  2. coup d’état de la jeunesse
  3. dans un rêve flamboyant
  4. love in laos
  5. empire state bulldog
  6. l’enfant bleu
  7. la pluie
  8. on en a marre
  9. la fille du delta
  10. liberté
  11. la piste inconnue
  12. quelque part
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Commentaire

  1. Maxime says:

    Ah la fille du delta, le cerf le druide et le loup, love in laos … ya du bon la dedans !

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