Strapping Young Lad – Alien

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Style: heavy cyber thrash death townsendienAnnee de sortie: 2005Label: Century Media

Ok on reste calme… On sort tranquillement le cd de sa pochette promo… Ah bah il veut pas sortir le vilain… Bon je me détends (« zen »)… Rhha putain tu vas sortir de ta pochette, saloperie de %*$ !§ %* de %$£*-* ! ! !

Bon inutile d’essayer de feindre l’indifférence, j’avoue. J’ai été complètement surexcité à l’idée d’entendre du nouveau matériel de mon héros, sans doute le seul personnage dans le monde du métal que je considère comme un véritable génie (avec Mika Akerfeldt ok). Je suis bien conscient que tout le monde ne partage pas forcément mon avis mais j’assume et revendique mon opinion. Il faut me comprendre aussi. Après avoir écouté en boucle le Sex & Religion de Steve Vai en 1993 (un de mes premiers disques de « hard rock ») sur lequel l’ami Devin (alors âgé de 19 ans) poussait déjà la chansonnette avec une virtuosité déjà proprement exceptionnelle, j’ai pris une première vraie claque avec le furieux et délirant Heavy as a Really Heavy Thing, 1er album de Strapping sorti en 1995. Même si c’est aujourd’hui l’album du groupe que j’aime le moins, il contenait quelques titres (« SYL » et « In The Rainy Season », aujourd’hui des classiques du groupe) qui préfiguraient largement de l’avenir de SYL. Mais c’est vraiment en 1997 que j’ai subi un véritable traumatisme avec la sortie de 2 albums emblématiques pour moi : City de Strapping Young Lad et Ocean Machine – Biomech première œuvre solo de Devin Townsend.
Le 1er, d’une violence intense et pourtant mélodique à en pleurer (grâce notamment à la voix du maître), est aujourd’hui encore considéré par beaucoup comme le chef d’œuvre du groupe, et l’une des pierres angulaires du métal extrême.
Ocean Machine pour sa part révélait tout le talent mélodique et de composition de Devin, distillant des ambiances planantes, atmosphériques, installées sur des sonorités inédites et là-encore mises en relief par cette putain de voix incroyable. Cet album est aussi considéré comme le chef d’œuvre ultime de Devin Townsend sous son nom propre.

C’est peut-être le rattachement que je fais de ces albums à ma vie personnelle qui leur permet d’occuper cette place particulière pour moi, mais il n’empêche, depuis je n’ai quasiment jamais été déçu par les sorties (nombreuses) de celui que je me plais à appeler en toute simplicité, « Dieu ». Certes aucune n’a été aussi marquante que celles de cette année 1997, mais j’ai toujours retrouvé ce « truc » qui fait qu’un disque de Devin est forcément pour moi un évènement.

Après cette digression historique (fort touchante, vous en conviendrez) revenons à SYL et à ce nouvel opus Alien que, vous l’aurez compris, je ne saurais être capable de juger qu’en tant que fan.

Première chose surprenante à la lecture des informations qui figurent sur le promo : on nous annonce que cet album serait le 1er de Strapping qui traduise un réel travail de groupe et non de « DT et son groupe ». Or c’est déjà ce qu’on avait pu lire lors de la sortie du précédent opus SYL. Autant j’avais carrément pu adhérer à l’idée s’agissant de ce dernier qui s’éloignait quelque peu des gimmicks traditionnels de DT, autant j’avoue être très sceptique par rapport à Alien (scepticisme confirmé par Devin lui-même puisque selon ses propres dires cet album n’est en fait PAS un travail de groupe).

Cet album me semble en effet plus que jamais être celui de Devin Townsend sous le nom de SYL. En effet, jamais auparavant un album de Strapping n’avait aussi bien synthétisé sur un seul cd, l’esprit de l’ensemble des travaux du maître. Ainsi, si la violence et l’agressivité naturelles de Strapping sont bel et bien présentes, elles sont canalisées et adoucies par des éléments qu’on retrouvait jusque là uniquement dans les œuvres solos de DT.

Que ce soit ces chœurs (d’« enfants » ? ?) sur « Possessions », qui rappellent la période Infinity , ou le calme et la douceur presque pop de « Two Weeks » qui évoquent immanquablement Ocean Machine ou Terria, les références et les liens avec l’univers de DT sont constants.

Et ce n’est rien de dire que le résultat est une réussite absolue. Le son DT est toujours bel et bien là, et pour ceux qui ne connaissent pas, vous aurez l’impression d’être pris dans un déluge de sons et de voix qui vous percutent de toute part et vous laissent chancelant, étourdi, ivre de plaisir. Vous serez tour à tour agressé, transporté ou bercé par la voix exceptionnelle du canadien.

Au menu de cet Alien : après l’introductif grandiloquent « Imperial », du pur SYL d’intro, « Skeksis » (référence à un film apparemment très apprécié par Devin, « Dark Crystal », merci N.) démarre et pose les bases de ce qui va être un voyage fantastique dans l’univers du canadien. Les titres sont presque tous parfaits, que ce soit « Skeksis » donc, ou le destructeur « Shine », la cavalcade effrénée « We Ride » (2 minutes de furie avec solos de gratte à la « heavy metaaaaaaaaal »), ou le furieux et poétique « Shitstorm ». Quand Devin nous expose sa vision de l’amour (« Love ? ») on ne peut qu’adhérer et le suivre tant l’alternance entre rage et mélodie illustrent à merveille le fracas et la puissance des sentiments amoureux (et ce malgré des paroles un peu bidon mais on s’en fout)…

Après les 8 premiers titres, encore tout groggy, vous aurez la tête retournée, ce sera donc le moment idéal pour qu’arrive « Two Weeks », balade douce et sucrée sur laquelle Devin révèle une fois de plus qu’il est certainement l’un des plus grands vocalistes de la scène métal actuelle et qui renvoie immanquablement à la période Ocean Machine. Suivra alors un intermède tout en atmosphère, « Thalamus », titre honnête mais un peu trop classique, seule baisse de régime de l’album à mon goût…
Il serait cependant dommage d’en rester là et de presser la touche « stop » à ce moment, car vous passeriez à côté du morceau phare de l’album à mon humble avis. « Zen ». Ouah j’en suis encore tout retourné. A chaque écoute ce morceau me réduit en miettes et me colle une chair de poule de folie. Je le considère comme un des meilleurs morceaux du maître, réellement époustouflant avec son refrain si simple mais d’une puissance ahurissante (« zeeeeeeeeeeeeennnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ! ! »)…
11ème et dernier titre de l’album, « Infodump » présenté comme un instrumental, s’avère en fait être 12 minutes de bruits et de parasitage sonore qui pourraient évoquer les délires expérimentaux d’un Aphex Twin, mais qui honnêtement sont plus désagréables qu’autre chose et en tout état de cause rendent ce titre tout à fait inutile.

Il n’empêche, tout le reste est tellement bon que ce n’est pas ça qui me fera descendre ce bijou. La production est parfaite, toujours très riche et fouillée (typique DT en somme), les musiciens sont toujours aussi énormes (rhaaa le jeu de batterie de Gene Hoglan, phénoménal comme d’habitude) et les compos, vous l’aurez compris, sont riches et inspirées.

Je ne me poserai même pas la question de savoir si cet album est meilleur ou non que le cultissime City car là n’est pas le propos. Ce dernier représentait le son de 1997, Alien, qui enterre en tout cas largement le précédent album du groupe (SYL), sera le son de 2005.

Les fans seront comblés, les novices rejoindront peut-être la secte, et les résistants continueront à résister et à nier l’évidence : Devin est grand !

  1. imperial
  2. skeksis
  3. shitstorm
  4. love?
  5. shine
  6. we ride
  7. possessions
  8. two weeks
  9. thalamus
  10. zen
  11. infodump
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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21 Commentaires

  1. Ocean? says:

    Krakou, tu me catégorises où ? :D
    Enfin on va pas débattre une fois de plus. Je trouve simplement qu’il faudrait qu’il sache ce qu’il fait papy Townsend : SYL ou DTB ?
    Bref… Ca reste un bon album, c’est certain… ;-)

  2. kollapse says:

    et bien je dirais qu’il fait les 2, DTB et SYL bien que ces 2 projets soient diamétralement opposés(ou sensés l’être…) c justement parce ke Devin est à la fois attiré par le coté métal extrème ainsi tout autant que pour les mélodies, le chant et atmosphères planantes et travaillées et géniales et…enfin Devin koi! Donc ceci explique cela. Et je me suis d’ailleurs passablement mal expliké, à vous de déchiffrer le rébus;) bien bon album au demeurant, bien k’en deça du tjs grandiose « city ».

  3. FoeturNico says:

    Déjà merci pour le merci, content de t’avoir rencardé sur ce film exceptionnel qu’est Dark Crystal !! ;O)- Aussi exceptionnel que cet album dont j’ai eu la chance d’avoir un avant goût avant sa sortie (Merci K.). D’accord avec toi sur l’ensemble de la kro, SAUF sur le morceau Thalamus que je considère comme l’un des plus puissants au niveau du chant de Devin (Arrrrrghhh cette montée !!). Théatrâle à souhait, habité comme toujours (Ou presque, voir le décevant Accelerated Evolution), bien supérieur au dernier SYL. Bref, je me suis suffisemment répandu sur VS à ce sujet, moi aussi j’aime cet album et je suis profondément heureux de la livraison 2005 de SYL ou DTB enfin quelquesoit le nom du groupe, je m’en branle !! Vive le Heavy Metaaaaaaaaal, vive Ocean Machien et la claque qu’il m’a mise et merci à Devin. Je te rappelle seulement Krakoukass, que Dieu s’appelle en fait Bruce et qu’il chante dans un groupe britannique de Heavy Metaaaaal qui débarque en juin en France… :OD Anyway… I’ve got Devin under my skin… (Et c’est vrai en plus).

  4. Ocean says:

    Ah ouais ?
    C’est marrant je l’ai vu une fois dieu, au graspop 2003 j’ai rarement autant rigolé tellement ce brave quinquagénaire fait pitié sur scène…
    Bref….
    « City » rulzzzz !

  5. krakoukass Krakoukass says:

    Clair! Arrête avec ton Bruce Bitinson Nico!! ;)

  6. kollapse says:

    accelerated evolution, un album décevant? comme quoi les gouts et les oreilles, euh les couleurs pardon, ça ne ce discute pas…Perso cet accelerated evolution est une merveille, pas loin d’être mon préféré de toute la disco de Monsieur Townsend ni plus ni moins. ecoutez des titres comme « suicide »(arghhh), « deadhead »(re-arghhh), « storm », « away »(arghhh encore)ou « sunday afternoon(arghhh encore!)…c’est-y pas beau tout ce bel ouvrage?Enfin bon chacun voit les choses à sa manière je dis pas, « terria » ou « biomech-ocean machine » sont loin d’être des merdes, très loin de là même!

  7. damien luce says:

    un album vrai, une claque, un génie au service de la musique. devin tu es un dingue. on s’en fout de tes influences, tu as livré un album de dingue, bravo tu as crées c k tu es!!!!!
    un génie à l’état pure!!!!!

  8. sano says:

    J’ai envie j’ai envie, je vous envie je vous envie^^. Je veux cet album! tout simplement parce qu’en à peine 1 mois SYL est devenu l’un de mes 5 groupes preferés (avec machine head et fear factory) et que city est tout simplement une bombe, si cet album est de la meme trempe et aussi bon si ce n’est plus alors cet album sera le meilleur de tout les temps. Je connais déjà shitstorm qui m’as vraiment plu et j’attend le reste (avec un ami on va aborder gibert joseph le 22). Devin townsend a toujours été très bon et d’après l’éloge que tu en fait (pas très objective tu me dira mais je m’en fous) il a l’air d’etre mieux qu’avant. SYL peut me compter parmis les gens qui iront à leurs concerts.

    J’ATTEND

  9. fewz says:

    honte sur moi, cet album n’est que le deuxième que j’écoute de Devin Townsend, et force est de constater que j’ai rarement, voire jamais entendu aussi bon en terme de métal…comment dire…ça plane au-dessus du reste…à croire qu’il y a la scène métal et qu’au-delà de ça il y a Devin Townsend, c’est pourquoi je pense que Strapping Young Lad est un groupe de « métamétal »…

  10. Ocean? says:

    Ouais, honte à toi, parce que ce qu’il a fait avant est 1000 fois mieux qu' »Aliens » :D

  11. krakoukass Krakoukass says:

    « Alien », y a pas de « s » saloperie d’infidèle! :D

  12. Ocean? says:

    Ah bon ? :D
    Jsuis un infidèle, meuahahahaaaa :(

  13. Pierre says:

    N’empêche que les prises de batterie ont été faites en 3 jours seulement, chapeau à Gene.

  14. sano says:

    chapeau à gene surtout pour son talent. Si raymond herrera est une boite à rythme humaine que dire de gene? j’appelle byron stroud et gene les bucherons (vu leur physique imposant) pas vous? J’ai été très etonné qu’a part alien il n’yait aps de crhoique de city ou de SYL sur eklektik, c’est en préparation?

    GEEEEEEEEENE YOU ARE MY GOD

  15. dah-neir says:

    Bah le piti Krakou va vite reparer cette injustice non?

  16. krakoukass Krakoukass says:

    On va étudier la question d’une chronique de City d’accord…

  17. Ocean? says:

    Jveux bien voir ce que ça va donner tiens :p

  18. sano says:

    Ca yest je l’ai acheté et je l’ai ecouté plusieurs fois, il est moins bien que city mais vraiment très bon, la derniere chanson j’entend rien c normal?

  19. FireCat says:

    Oui sano c’est normal ;) Perso je trouve aussi Info Dump passablement inutile, il(s) aurait pu mettre quelques éléments de plus dans ce morceau de noise…
    Sinon je ne me le suis mis que 2 fois, mais il est vraiment énorme…Le son est plus touffu que jamais, c’est plus complexe qu’avant (moins varié que City, certes) et absolument jouissif j’en frissone partout. Et puis Zen, ce riff !! :D

  20. Yohm says:

    Enfin la chronique que j’attendais de lire non didju.
    Tout pareil que toi Krakou!

  21. alchemist says:

    Quelques années ont passé… et Dieu sait que cet « Alien » tient la dragée haute à « City » qui s’il est très bon me semble tout de même un poil surestimé. Meilleur album du groupe à mon sens.

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