Pitbulls In The Nursery – Lunatic

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Style: death technique mélodiqueAnnee de sortie: 2006Label: Black Lotus

Pilou : Ma rencontre avec Pitbulls In The Nursery (que je vais désormais appeler PITN pour d’évidentes raisons de fatigue tactile) remonte à octobre 2003 lorsque je les ai vus sur scène à Montreuil, avec entre autres Kaizen et 7th Nemesis. Ils ouvraient, et ne les connaissant pas je n’en attendais rien. Tout au plus un groupe metalcore au nom un peu bizarre. Et pourtant ce fut la première d’une longue série de baffes dans la tête à base de death technique et moderne. Je me suis empressé d’acquérir leur 3 titres Impact, enregistré en 2001 chez Alexis Phélipot, avec un line-up qui s’est complété plus tard avec la venue de Mat en 2ème guitare. Le groupe a aligné plusieurs dizaines de concerts un peu partout ; j’ai dû les voir une bonne douzaine de fois dans toutes les conditions ou presque, et on a fini par se connaître un peu et une chouille assez énorme chez le chanteur Panda (au surnom assez imagé qui lui correspond bien d’ailleurs) a scellé notre connaissance. C’est beau d’être admis dans le cénacle des stars, n’est-ce pas ? Pour ce Lunatic les compères originaires des Yvelines sont allés s’enfermer au studio des Milans fin 2004, dont le travail me laisse dubitatif j’y reviendrai plus tard. De nombreuses galères ont fait qu’entre enregistrement, mastering et sortie il s’est écoulé plus d’un an. C’est le label grec Black Lotus qui s’est enfin décidé à signer les PITN. Label qui n’est pas forcément bien distribué en France et dont le travail sur leur précédente signature française Hypnosis a été proche du néant intersidéral. Voici donc les réserves que j’émettrai pour les PITN cru 2006 : le son et la couverture médiatique du label.
Après cette présentation sommaire du groupe, je laisse la parole à Jonben, alias Bayonne : quid de la zik, vieux garçon ?

Jonben : A vrai dire je n’étais pas non plus totalement vierge à l’écoute de ce 1er album, les ayant déjà vus en concert, dans des conditions misérables il est vrai (fête de la musique sous la pluie!), mais qui m’avaient tout de même laissé entrevoir les qualités technique et l’imagination de ce groupe s’essayant à élargir les frontières du death. Leur récent concert à Savigny en 1ère partie de Gojira m’a d’ailleurs confirmé le potentiel scénique des PITN.

Alors ce Lunatic? Déjà ça commence par une intro où des bruits de nature sauvage laissent place progressivement à un rythme mécanique martelé, esprit SF qu’on retrouve dans l’artwork et qui caractérise assez la musique du groupe, à cheval entre classissisme death et personnalité définitivement tournée vers l’avenir. On a le droit à 10 titres bien percutants et variés, que je qualifierai sans engage d’excellents. C’est en fait exactement le genre de death « melodico-moderno-technique » que j’apprécie, sans cesse en mouvement, au jeu de batterie foisonnant, où des riffs plus intéressants les uns que les autres se succèdent. Entre groove puissant et blasts devastateurs, le groupe aime particulièrement les rythmiques alambiquées sur des riffs saccadés soulignés à la double. Les guitares jouent sur la finesse plus que sur l’agression sonore et laissent une place de choix à la rythmique, la batterie est omniprésente, très fournie, double en avant, et la basse est loin de se contenter d’un rôle d’accompagnement, défiant en dextérité les guitares à coup de tapping tapageur ou légers slaps et évolutions véloces sur le manche.
Entre deux impacts métalliques, le groupe ménage quelques accalmies des plus inspirées, passages tripants en son clair, entre prog et jazz/rock, qui pourront évoquer Cynic, sur « Lunatic Factory » par exemple, même si la personnalité est différente. Le tout ne compose pas un patchwork incongru, chaque morceau est bien construit et ne laisse pas de place à l’ennui, les changements d’ambiances sont parfaitement coordonnés, les trouvailles sonores nombreuses : harmoniques, effets peu communs, dialogues de guitares, autant d’éléments qui étonnent à chaque coin de riff.
Tout n’est pas parfait non plus, je regrette un peu la voix qui s’échappe rarement du growl death primaire, bien grave et caverneux mais désespérément linéaire, malgré quelques rares essais de variation. A noter un morceau en français, « La Norme », dont les paroles ne sont pas des plus intelligibles. C’est dommage que cet aspect réduise, je pense, le public du groupe aux amateurs de death.

Bon passons aux choses qui fâchent, Pilou l’a déjà évoqué, le son est assez baclé. Enfin il a beau me le ressasser, je me suis habitué sans mal à ce son particulier, cette batterie sèche et claquante, donc il ne me gêne pas l’écoute mais c’est vrai que c’est dommage de voir ces morceaux ne pas bénéficier d’un meilleur rendu.

Pilou : Hé bien mes aïeux, je ne suis pas loin de penser comme toi Jonben. J’y reviendrai plus loin mais là je voudrais pousser mon coup de gueule, PITN me fournissant à son corps et à son talent défendant le moyen de râler. Qu’est ce que c’est que ce son ? Comment se fait-il que des grattes si propres en concert soient cradées en studio ? Pourquoi cette basse certes vrombissante mais peu précise ? Je sais que ça ne vient pas du groupe, connaissant le caractère pointilleux des gaillards. Non, ce son saturé, peu précis et, disons-le, bâclé par l’ingé-son, n’est autre que celui qui m’avait fait vomir le premier album de Trepalium. Alors jeunes groupes, un truc : réfléchissez à 2 fois avant d’aller au studio des Milans, avant d’y chercher le Graal, car manifestement il ne se présente qu’à peu de groupes.

De la première écoute on ne retient que le talent (énorme) de Jerry, le batteur court sur pattes mais géant dans le jeu, au groove puissant, et, c’est là mon désaccord Bayonne, la voix de Panda. Le bougre a progressé depuis Impact et il devient un point prépondérant du son PITN, avec son growl caverneux qui donne justement le change à toute la technique et la virtuosité musicale des musiciens.
Car les autres écoutes nous font découvrir des zicos virtuoses. Niveau précision et technique ça se pose là ! Les riffs sont incisifs, inventifs, pleins de contretemps, de questions-réponses et parfaitement en place (cf le riff de « Calibrated ». Allez-y amusez-vous jeunes padawans), les solos superbement amenés et interprétés, et le tout, bien que très mélodique, reste très puissant et extrème. PITN ce n’est pas un groupe à midinettes. Pas un groupe de poseurs. Juste des mecs qui jouent bien, qui ont des idées et qui se sont donné les moyens de tutoyer les sommets. Quand en plus de la puissance viennent se greffer de superbes trouvailles (la whammy sur « Lunatic Factory », le sitar sur le ghost track….), on sait que l’on a quelque chose de fort en main. Les gammes employées témoignent d’une vraie personnalité, pas de facilités, que du talent. Les soli sont fluides, mélodiques et pas démonstratifs pour un sou. PITN ou l’art de mettre la bonne note au bon moment. L’art aussi de mettre du calme au bon moment, un petit moment de répit qui fait du bien et qui aère. Le break « Antagony » permet de respirer, calme, serein. Avant la dernière ligne droite qui repart tambour battant. Rayon regrets, dommage que les morceaux présents sur le 3 titres et cet album ne soient pas fondamentalement retravaillés, mais à part ça, pas grand-chose à dire à part un poncif : on aime ou pas. Parce que question mise en place et tout le toutim, impossible de trouver à redire.

Jonben : Bref à conseiller à tout amateur de musique extrême aventureuse, d’inspiration Death, Meshuggah, Dying Fetus, Atheist, je ne suis pas allé chercher ces noms bien loins ils sont dans leur bio. Pitbulls in the Nursery est encore un groupe qui tend à prouver la vivacité de la scène métal française qui commence à faire ses preuves à l’étranger, espérons qu’ils arrivent à en pr
ofiter avec cet album et le suivant, qui ne de devrait pas trop tarder, Lunatic ayant été enregistré il y a plus d’un an.

Pilou : Alors pourquoi PITN a-t-il eu tant de mal à trouver un label pour produire et distribuer son album ? Certainement la faute au son moyen, mais aussi au fait que le death technique ben c’est pas la mode et parce que les gosses ça ne les fait pas rêver. Forcément il n’y a pas de filles à poil sur la pochette, pas d’hémoglobine, pas de maquillages. Juste de la sueur, du travail, et un talent énorme. Je me prends à rêver d’un album de PITN produit par Bergstrand… Mais bon ne boudons pas notre plaisir. La France vient de s’offrir un de ses albums de death technique les plus aboutis de son histoire. Certainement un must-have, l’avenir nous le dira. En tous cas un skeud sincère, des compos qui suintent l’humilité et la classe en même temps.
Reste à espérer que Black Lotus fasse son boulot correctement…

  1. lente agonie
  2. lunatic factory
  3. w.crew
  4. impact
  5. corrupt tv
  6. strong
  7. antagony
  8. calibrated
  9. monkey’s masturbation
  10. la norme
  11. in my veins

http://www.youtube.com/watch?v=Qe8ZvYeX4Bw

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16 Commentaires

  1. Joss says:

    Jolie chro les gars, ça donne envie…et c’est le but de toute façon :-)

  2. Joss (again) says:

    Et sinon, y a pas de filles à poil sur la pochette mais je la trouve bien classe moi ! beau travail !!!

  3. Florent says:

    Première fois de ma vie où je suis autant en ohase avec Jonben ! Ca se fête !

  4. krakoukass Krakoukass says:

    C’est vrai que c’est très bon, mais quel dommage pour ce son… Moi c’est surtout la batterie et son son casserolesque qui me gêne… Ils méritaient mieux que ce sabotage…

  5. dark hypp says:

    Belle chronique :) faut que je prenne le temps d’écouter cet album

  6. Christ says:

    Ouep c’est vraiment une belle kro, rien à dire, si ce n’est sur le son que je trouve tout de même bien powerful, en comparaison de tous ces sons formatés que nous sortent les meilleures prods. Subjectivité, quand tu nous tiens…

  7. Julien says:

    Pareil, le son est vraiment bien je trouve, enfin perso j’aime ! (la caisse claire aurait pu être moins claquante mais bon)

    J’ai pas encore assez d’écoutes au compteur mais pour le moment je trouve que les meilleurs morceaux sont ceux venant de la demo, surement qu’il faut le temps pour apprivoiser les « nouveaux » !
    Le morceau au cithare est terrible !

    Bon album qui risque de se transformer en très bon album avec le temps !

  8. jonben jonben says:

    Eh oubliez pas de l’acheter einh! 8)

  9. Julien says:

    J-4 ! ;)

  10. darkantisthene says:

    c’est trèsbien fait, je trouve le son très bon
    MAIS
    ça me fait chier

  11. darkantisthene says:

    bon chuis une buse, j’ai réécouté bravo à PINT!!

  12. dark hypp says:

    c’est pas mal tout ça finalement !

  13. Monster says:

    Moi qui aime beaucoup le death technique, et notamment certains groupes que vous citez dans cette chronique (Death, Atheist, Cynic) ou que vous ne citez pas (Coprofago), j’avoue pas avoir du tout accroché au MP3 en ecoute. C’est technique et bien joué mais à part le solo plutôt bon, j’ai pas trouvé ça très melodique. J’entend des passages « chaotiques » qui ne me procure aucune emotion et me laisse froid. Au contraire d’un Death, d’un Atheist ou d’un Coprofago qui me remue les tripes.
    Bref…
    Ya pas trop accroché à ce morceau quoi…
    Mais votre chro m’a quand même intrigué et me donne envie d’y jeter une oreille à cet album…

  14. ro...main (saikon) says:

    Moi je le trouve pas si mauvais le son, je le trouve même pas mal! Certe quand on connait le travail de Laurentx Etxemendi, on peut espérer mieux, mais honnetement ça ne m’a pas du tout choqué!
    Bonne chronique en tous cas, ca fait plaisir ;)

  15. beubeu says:

    Ola les cheveulus !!!
    pour connaître Gartu (le bassiste) depuisun bout de temps, je n’ai qu’un conseil … allez les voir en live… le jeune homme à un des jeu de scène les plus bleufant…. je donne ma main à couper qu’il s’imposera comme une pointure dans son style. même si c’est vrai que le son n’est pas des plus propres sur l’album, la sauce et la qualité de leur son sur scène (merci DJ oliver!!!)ne laissent pas de doute sur leur talent …

  16. mc-dulla says:

    on peut dire ce qu’ont veut sur le son de l’album (d’un premier album) c’est vrai qu’en live ils font très mal, et je ne suis pas amateur de death technique. Encore bravo pour l’artwork très réussi.

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