Pantera – Vulgar Display of Power

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Style: Power MetalAnnee de sortie: 1992Label: EastWest

Ah Pantera… Voilà un groupe qui a eu un impact extrêmement fort sur le monde du métal, un impact aussi important qu’a pu en avoir un Nirvana en terme de remise en question du genre et de ses poncifs.
Petit retour en arrière. Le groupe émerge au début des années 80, au Texas (prononcez « Teczas » bien sûr) avec quasiment la même formation qu’on lui connaîtra plus tard, à savoir Vinnie Paul à la batterie, son frère Dimebag Darrel (R.I.P.) à la guitare, et Rex Brown à la basse. Seule différence alors, c’est un certain Terrence Lee qui occupe la place de chanteur. Pantera officie alors dans un style proche du glam, du hair metal, et de cette époque particulière aucun album ne semble échapper à une médiocrité qui est alors de mise. Après Metal Magic sorti en 1983, puis Projects In The Jungle en 1984, et enfin I Am The Night en 1985, un changement majeur intervient dans le groupe, puisque Philip Anselmo arrive alors au poste de chanteur, en lieu et place de Lee. Ce remplacement aboutit très vite à un premier enregistrement avec ce line-up qui s’avèrera être LE line-up de Pantera. Power Metal sort en 1988 et peu de changements sont alors à noter dans le style du groupe. Encore une sortie très dispensable si ce n’est pour le nom de l’album qui deviendra le nom d’un genre, popularisé par le Pantera des années 90.
Soyons clair : tout le monde, des fans aux critiques, et même le groupe lui-même, s’accorde à considérer que l’existence du vrai Pantera n’a commencé qu’en 1990, date de la sortie du premier véritable bon album du groupe, le cultissime Cowboys From Hell enregistré sous la houlette du « encore peu connu » Terry Date. Cet album marque un tournant majeur dans la carrière du groupe puisque celui-ci, probablement sous l’impulsion de Phil Anselmo, est beaucoup plus chargé en agressivité et se démarque clairement de ses ancêtres glam, pas seulement qualitativement mais au niveau du style pratiqué qui s’appuie fortement sur une base thrash. Certes Phil a encore recours à quelques intonations aigues ponctuellement, mais il adopte pour la première fois ce style vocal qui deviendra le sien : une voix agressive, chantée mais très puissante, rauque, à mille lieues des niaiseries glam.
Pourquoi pas Cowboys From Hell en anthologik alors ? Tout simplement parce que Vulgar Display Of Power sorti en 1992 (et enregistré une fois de plus avec Terry Date) représente à mon sens le paroxysme de la puissance et de la qualité du songwriting du Pantera. Entendons-nous bien, les albums suivants sont tout à fait excellents, Far Beyond Driven et The Great Southern Trendkill surtout, mais c’est vraiment VDOP qui va marquer d’une empreinte très forte, le métal des années 90. Combien de groupes se diront quelques années plus tard influencés par ce monument ? Je n’ai pas le nombre exact, mais ça fait un paquet, croyez-moi…

Tout respire l’agressivité et la puissance sur cet album, de la pochette avec ce poing dans la tronche, jusqu’aux poses et au look agressifs de Phil Anselmo qui ressemble davantage alors à un bulldog coreux qu’à un metalleux. Un bulldog auquel on n’a évidemment pas envie de se frotter (« the streetwise son of a bitch knows, don’t fuck with me » prévient-il sur « Regular People »). Les plus anciens d’entre vous se rappellent peut-être du clip de « Mouth For War » qui passait à l’époque sur MTV (qui a largement relayé et fait prendre de l’ampleur au phénomène Pantera, toute une époque où le métal avait vraiment la côte aux States) et en ce qui nous concerne sur MCM (merci Blah Blah Metal, merci Zegut !!). Un clip agressif, qui montre un groupe prêt à tout détruire sur son passage, emmené par ce Phil impressionnant. Un clip qui illustre d’ailleurs ce qui reste pour moi, le meilleur titre de Pantera.
Définitivement terminées sur cet album les montées dans les aigus, Phil est énervé et il le fait savoir de sa voix rauque et sur-puissante. Une voix qui peut en remontrer aux meilleurs vocalistes de death.
Aux côtés de Phil, personne n’est en reste, Dimebag nous gratifie de riffs dont il a le secret (le mythique « Walk » par exemple) et de solos qui l’entérineront jusqu’à sa tragique disparition, comme un guitariste d’exception… Vinnie Paul martèle ses fûts comme il ne l’avait encore jamais fait et Rex ajoute la touche de lourdeur qui va bien avec sa basse.

Son style (power metal donc) parfaitement défini et en place, le groupe en profite pour nous balancer des hymnes à la pelle. Rayon pains dans la gueule vous serez assomé d’entrée par « Mouth For War » je le disais, mais aussi par « Fucking Hostile », « Rise », « No Good », « Regular People » ou « By Demons Be Driven ». Que des hits, ce n’est pas compliqué. Mais je parlais de l’agressivité et de la puissance de cet album, n’allez pas penser pour autant que cette agressivité se traduit forcément par une rapidité d’exécution constante. Non, le groupe sait très bien varier les tempos, ralentir quelques couplets sur le sombre « This Love » par exemple qui donne à Phil l’opportunité de chanter véritablement, avant de s’énerver et de retrouver la haine sur le refrain « You keep This love » que beaucoup connaissent parfaitement. « Walk » avec sa cadence de marche militaire et qui porte donc parfaitement son nom, mise sur la lourdeur et sa rythmique martiale plus que sur la rapidité. Résultat : encore un titre mythique des cowboys. De même le groupe termine avec le mélancolique (mais pas niais) « Hollow » qui clôt parfaitement un album non moins parfait.
Bon si on veut vraiment chipoter on pourra arguer que « Live In A Hole » fait peut-être un peu « tâche » coincé qu’il est au milieu de toutes ses bombes, alors qu’il n’est lui que très bon.

Malgré un son un peu sec, cet album reste incontournable pour qui espère comprendre le metal des années 90, tant Pantera en fut probablement le principal porte-parole. La popularité du groupe acquise grâce à VDOP s’est transformée en starisation incroyable suite aux ventes par millions de l’album suivant Far Beyond Driven, peut-être encore plus agressif et qui contient son lot de pépites incontournables également…

On ne s’attardera pas sur la fin de vie du groupe tiraillé par de nombreuses dissensions internes (notamment entre Phil et Dimebag, ex meilleurs amis devenus ennemis mortels par presse interposée) et qui finira par imploser quelques temps après la sortie d’un Reinventing The Steel en demi-teinte.
Restent des albums d’exception et un groupe qui n’a pas volé son statut d’icône du métal.

  1. mouth for war
  2. a new level
  3. walk
  4. fucking hostile
  5. this love
  6. rise
  7. no good (attack the radical)
  8. live in a hole
  9. regular people (conceit)
  10. by demons be driven
  11. hollow
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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16 Commentaires

  1. darkantisthene says:

    bombe atomique ! quand je l’avais découverté et conseillé à l’époque de sa sortie, je le présentais aux potes comme un black album de Metallica avec les couilles en plus. Pour l’anecdote, le type qui se prend le poinG dans la gueule en a reçu quelques autres puisqu’il avait été payé pour subir une petite séance de laquelle ils devient tirer la meilleure photo. Le son est effectivement un peu sec mais ça accentue la côté rentre-dedans qui est réellement le maître-mot de l’album. Putain je me le mets tout de suite bordelllll

  2. FireCat says:

    J’ai mis longtemps avant de m’interesser à Pantera alors que j’écoutais deja du metal plus extrème que ca, en tout cas que je m’y suis mis je suis devenu accroc à la plupart de leurs albums, et celui ci est sans conteste le plus réussi : que des titres énorme du début à la fin (excepté Live in a Hole qui est effectivement un peu moins bonne). Culte classique *__*
    (dedikace : « ouh yeah vinnie ! »)

  3. Tim No-Wear says:

    Cet album est une totale réussite que ce soit au niveau de la pochette ou bien de la musique…

  4. damien luce says:

    Un des album de Power qui a le plus tourné chez moi !!!

  5. Sano says:

    Mon album preferé de mon groupe preferé, j’ai tellement écouté cet album, je le connais par coeur et c’est mon album preferé tout groupes confondus (rejoint par Lateralus de Tool et Mer de Noms d’APC, mais moins quand même). Qu’est ce qu’il a pu tourner ce disque^^, vive Pantera le meilleur groupe du monde!
    Ouh yeah vinnie^^.

  6. mrfred says:

    excellent :D pour ma part je prefere quand meme Far Beyond Driven :)

  7. sano fan de pantera says:

    Pas moi^^, mon ordre c’est: Vulgar, Cowboys, Reinventing (que je trouve pas en demi teinte du tout, Yesterday Don’t mean shit, Hellbound, Goddman electric, quelles chansons!!!), Far beyond Driven et TGST. Mais ils sont tous excellentissimes, aucun déchet dans leur disco (si on excepte le glam :p).

  8. kollapse says:

    Excellent album, kvlt bien entendu. Mon préféré du groupe est far beyond driven itou.

  9. Julien says:

    Quelle claque, peut etre l’album qui a la pochette qui correspond le plus au contenu !!!!! Excellent, que des titres puissants et accrocheurs !!!
    SInon toute la disco (depuis CFH) est top, je ne peux pas les comparer car je trouve qu’ils ont évolués d’album en album…
    Groupe mythique !

  10. Joss says:

    Que dire de plus sinon que c’est effectivement un monument du métal des années 90′. J’ai découvert le groupe avec Far beyond Driven mais c’est pourtant ce VDOP qui va devenir mon préféré par la suite, ne serait-ce que parcequ’il est plus évident à s’enfiler d’un traite que son successeur (oui je suis une chochotte). Et puis qui n’a jamais foutu Fucking Hostile à fond dans une soirée pour faire chier tous les réfractaires au métal présents ?

  11. shaq says:

    Fuckin’ hostiiiiiiiiiiiiiiiiile !!!!!!

  12. Nola says:

    anyone seen Down live at Paris recently??? By the way, Tool’s coming back, all for the best, 28/06/2006. hope they’ll mainly stick to the old Aenima thunes though

  13. jonben jonben says:

    Yes i’ve seen Down in Paris, great show, the crowd was the most active i’ve seen in months (i’m so lazy i didn’t write a live report).
    We’ll be at Tool’s show too, it should be awesome.

  14. Keyser says:

    Très bon album mais je préfère Cowboys et Trendkill!

  15. glamterathrasher says:

    SIncèrement je vois djà que pas mal d entre vous répètent bêtement ce qu ils ont entendu, PANTERA c metal magic juskau dernier reinventing the steel, pas « à partir de CFH ».
    Moi aussi je fus comme cela , mais jusqu au jour ou ma curiosité a pris le dessus je me suis penché sur les albums de GLAM et très franchement ya de sacrés bon titres, ce ne sont pas des albums médiocres, ils se cherchaient mais proposaient déja du bon hard et heavy, oscillant tour a tour entre def leppard, kiss,van halen , le motley de shout at the devil,judas priest et déjà metallica.

    Je parle pour Project in the jungle et I am the night(dont certains riff se rapprochent déjà de ce que l on connait gratifiés djà de solo de malades!!! »)bon oui c plus insipide que ce qu ils feront par la suite.

    Prenons le cas Power metal, vous allez dire »trop facile, la pochette etc… », perso la pochette ne ma pas choquée puisqu en 1988 nombre de groupes de thrash de heavy voir d extrême avaient ce look « jean élastique/cuir/perf/boucles doreilles/spandex/permanentes »
    mais attardons nous sur le contenu musical, et ben non , bien rien de glam au sens où vous l entendez,Ce Power metal est l album de la transition mais surtout les fondations de ce cher CFH(oui vous avez bien lu).
    Oui cet état de transition (au même titre que son successeur,bien que plus affirmé) permet de proposer un metal indéfinissable, avec une variété de styles interessante.
    Cet album propose un mélange de hard US,de heavy burné et de thrash metal (dailleurs d titres comme « power metal », « death trap »,over and out « , pst 88 et lauto reprise down below ressemblent a d missiles de Megadeth) malgré une prod un peu plate bien que largement meilleure que les précédents lp.
    Pour vous situer , prenez le même motley, metallica, megadeth et une bonne louche de judas priest.
    La performance vocale , agressive et tranchante et acide de phil est bluffante(18 ans a lépoque) espoustouflante , tirant son inspiration directement chez le maitre halford(avec une violence supplémentaire).
    Les solos dprimants

  16. glamterathrasher says:

    Et les titres de ce lp furent encore interprétés live sur the CFH tour.
    Mes albums préférés de PanterA et á mon sens les plus interessant s sont power metal(1988), CFH(1990), TGST(1996), bien qu étant plus fan des envolées halford d anselmo.les autres albums montrant le groupe jouer les EXHORDER du pauvre(même son, même voix ».
    franchement pour 1992, quitte a rendre à cesar ce qui est a césar, écoutez plutot THE LaW (comme son prédecesseur plus rapide, ces chansons étaient dja présentes sur get rude demo(1986) et dautres bootlegs lives de 1988/89)d EXHORDER plutot ke vulgar.
    Autant se taper l original!!!

    pour PanterA je rajouterai les bootleg excellents que sont  » rock the world »(7th july 1988), le brutal « power metal live(25th december 1988), connu aussi sous le nom de « before we’re cowboys »(figurent dans la setlist déjà the sleep et the art of schredding )Le garni « metal gods »(20Th may 1989) sur lequel figure en second gratteux un certain kerry king(Slayer), un concert sur lequel le groupe teste les titres de CFH, combiné aux titres de Power metal, ajoutés à quelques reprises de Slayer et Judas Priest, et « Hairspray from hell »(9th july 1989) connu aussi sous le nom de Showdown, leur dernier concert a Dallas avant de partir sur la route avec Exodus et Suicidal tendencies, dixit Anselmo durant le concert après un Death trap décapant.

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