Corrupted – Garten Der Unbewusstheit

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Style: funeral doom/post rockAnnee de sortie: 2011Label: Nostalgia Blackrain

Un nom allemand pour ce nouvel album, Corrupted nous avait jusqu’alors habitué à des titres en espagnol, mais le groupe vient du Japon, et propose depuis plus de 10 ans un sludge/doom funèbre d’une lenteur maladive.

Toujours lugubre, ralenti, minimaliste, ce 5ème album dépareille pourtant sensiblement dans le sens où il établit une sorte de lien entre post-rock et funeral doom, en laissant plus de place à des notes en son clair égrainées toutes les 10 secondes sur un battement régulier qu’aux masses grondantes de saturations d’infra-basses qui autrefois formait la consistance majoritaire de leur musique.

3 morceaux, pour une heure de musique. Il ne faut pas être pressé et vu le format des morceaux, la première écoute ne rend rien. C’est seulement quand on sait à peu près à quoi s’attendre qu’on en tire l’essentiel. « Garten » est une longue marche tout en lenteur, une sorte de procrastination sans but à moins de prendre le morceau dans son ensemble et d’admirer sa progression. Imaginez une version encore ralentie de Earth, avec l’ambiance mortifère de Bohren und der Klub of Gore et le goût pour les basses et les growls d’outre tombe de Skepticism. Les arpèges semblent interminables, le batteur les marque de coups distants mais réguliers, une pression sur la grosse caisse, un cliquetis de shirley, chaque chose en son temps. Des spoken words lugubres, en japonais, posent l’ambiance, il faudra les mériter et attendre la 10ème minute pour voir le morceau s’étoffer de guitares plus velues, puis évoluer entre hauts et bas, dans une atmopshère paisible. Pas de sursaut non plus, les tentatives pour faire remonter la pression retombent assez vite dans la léthargie.

Suit une interlude de guitare acoustique, un beau morceau acoustique minimaliste, qui dégage une tristesse puissante et introduit les 30 minutes du morceau final, le meilleur pour la fin, qui prend moins de temps à prendre forme, un mur de son de guitares saturées et une voix parmi les plus impressionnantes du style pose une ambiance massive, tourmentée, et paisible à la fois, comme un sage méditant  abrité alors que rugit à l’extérieur un orage incroyable percé de coups de tonnerre.

Corrupted ont mûri sans se renier, et si le principe même de leur musique est jusqu’auboutiste et peut pousser à bout les plus patients,  Garten Der Unbewusstheit est emprunt d’une sorte de beauté majestueuse dans les mélodies et l’ambiance mise en place qui fait de l’album une réussite dans le genre.

1. Garten
2. Against the Darkest Days
3. Gekkou No Daichi

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 490 articles sur Eklektik.

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