Jaga Jazzist – What We Must

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Style: post-rock version electro/jazzAnnee de sortie: 2005Label: Ninja Tune

J’avais déjà vu en concert Jaga Jazzist, véritable orchestre de 10 musiciens mélangeant jazz et électro, en 2002 et avais trouvé ça pas mal mais sans plus, la musique assez répétitive du combo ayant fini par me lasser malgré un impact scénique évident. J’ai eu l’occasion de les revoir début juillet au festival de Dour et ma réaction a été tout autre, j’ai vraiment trouvé le set génial, ce qui m’a donné envie de découvrir le dernier album des norvégiens, sorti ce printemps, What We Must.

Bien m’en a pris, et pour cause, le style du groupe ayant sensiblement évolué. D’un électro-jazz sympathique mais guère mouvementé, le prolifique groupe est passé sur ce dernier album à un son plus rock, faisant de plus en plus la part belle aux guitares. Un peu comme si le jazz moderne du trompétiste français Erik truffaz se mariait avec Mogwaï, le tout à la sauce norvégienne, une sauce mélant expérimentations et sonorités pop.

Cela forme un tout se rapprochant d’un post-rock agrémenté de samples et bidouillages sonores, d’apparitions de claviers divers, de multiples instruments à vent : trompettes, sax, flutes traversières, tuba, trombone… A 10 musiciens, le spectre musical de Jaga jazzist est rarement vide, et ce big band arrive à laisser de la place à chacun pour former un tout homogène.

Mais What We Must consacre les guitares, très souvent présentes et souvent mises en avant, mélangées à des xylophones ou des Fender Rhodes sur laquelle viennent se poser les mélodies des instruments à vent. Une pop fleurie et joyeuse qui finit par muter quand des murs de sons de guitares saturées s’y empilent progressivement, ratrapées par des trompettes puissantes chargées en effets. Le groupe dépote d’ailleurs sévèrement en concert grace à un batteur explosif, et on retrouve ses rythmiques inventives et groovy sur tout l’album, au feeling jazzy comme rock alambiqué.

Assez fourre tout, cet album est un fouilli de sons, d’ambiances, d’expérimentations, les longs morceaux évoluant énormément, laissant place à des passages surprenants, comme « Swedenborgske Rom », qui s’arrête pour un synthé au son de chorale solitaire et repartira doucement, petit à petit, les montées en puisance d’un Godspeed! You Black Emperor n’étant pas loin.

J’encourage tout fan de post-rock à découvrir jaga jazzist, ils risquent d’être agréablement surpris par cet album, plutôt enchanteur dans le genre, les 7 titres de What We Must imposent une nouvelle réinvention du jazz/rock, fouillée et évolutive.

  1. all i know is tonight
  2. stardust hotel
  3. for all you happy people
  4. oslo skyline
  5. swedenborgske rom
  6. mikado
  7. i have a ghost, now what
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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3 Commentaires

  1. Crusto says:

    swedenborgske rom est un morceau terrible.

  2. Devin says:

    Excellent groupe, très easy-listening comparé à d’autres de la même scène. J’ai découvert avec ‘The Stix’ qui m’a evoqué le Tortoise des débuts pour le brassage des rythmes et l’aspect cyclique. La session « In the Fishtank » avec Motorpsycho tue également et constitue une porte d’entrée surtout si vous n’êtes pas trop porté sur les beats.

  3. Devin says:

    ..néamoins c’est le moins bon album du groupe je trouve.

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