Impure Wilhelmina + Knut + Sons of Saturn – 10 mars 2006 – Point Éphémère – Paris

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jonben : Ca faisait un moment qu’on attendait cette tournée de 2 groupes suisses parmi les plus marquants du moment, Knut et Impure Wilhelmina, dont les derniers albums respectifs auront marqué les esprits l’année dernière. Venant de Suisse Romande donc francophones, les 2 groupes ont l’air assez proche de la France et y faisaient ainsi une tournée complète d’une dizaine de dates se terminant par cette date parisienne au Point Ephémère, petite salle parisienne bien sympa.

The Sons of Saturn, groupe lyonais de screamo, ont débuté le concert sur cette date. Le quatuor tourne assez fréquemment depuis 2/3 ans et on attend leur premier album prochainement. Il comprenne depuis peu l’ancien chanteur de Gameness, Morgan, qui est venu remplacer leur ancien chanteur. Celui-ci a toujours cette voix aigue arrachée mi-scandée mi-hurlée, malgré qu’il n’ait plus le physique émo à mèche, ayant bien pris du volume depuis l’époque Gameness. Le groupe pratique un hardcore moderne entre hardcore n’roll et chaotique, souligné par un batteur excité qui pulvérisera sa batterie avec un jeu très fourni et rapide assez impressionnant mais parfois un peu exagéré. Le reste du groupe n’est pas en reste et le set sera bien mené, guitariste et bassiste assurant des riffs techniques, parfois originaux, en tous cas toujours bien tranchants même si un son assez approximatif ne nous a pas permis de toujours tout bien comprendre. Le côté émotionnel du groupe est bien présent, marqué par le chant déchirant de Morgan, aidés quelques fois par les cris des autres membres du groupes sans micros, il partira d’ailleurs sur un passage plus calme dans une tirade hurlée non amplifiée, le micro dans le dos, émouvante mais révélant également un chant en anglais assez approximatif.
Bon set du groupe malgré un son un peu brut camouflant souvent les mélodies, qui m’a en tous cas donné d’autant plus envie d’écouter ces morceaux sur album.

hororo : Le coté un peu trop émo de l’habillement des Sons of Saturn, bien que l’habit ne fasse pas le moine, projette tout de suite des images négatives dans mon esprit. Alors quand ces quatre jeunes gens commencent à s’exciter sur des rythmes presque chaotique et parfois grind, agrémentés de riffs sentant bon l’émotion compressée à cent à l’heure (et pas la petite ballade niaise chanté sous la fenêtre) tout de suite cela fait un monde de différence. Et je ne pense pas être le seul à le penser vu que malgré le manque de réaction du public à leur arrivé, les applaudissements se firent entendre entre chaque morceaux, ainsi qu’un ou deux contestataires, dont un manifestement imbibé d’autre chose que de la grenadine et se révélant assez amusant finalement. Se situant dans une veine similaire à the Number Twelve Looks Like You ou Orchid, Sons of Saturn a beaucoup d’atout pour convaincre et possède déjà de l’énergie à revendre et des chansons agréables même si pas exceptionnellement mémorables. Petit défaut tout de même, le chanteur a un accent anglais exécrable. Un groupe au final à ne pas éviter et même à suivre.

jonben : Knut et Impure Wilhelmina effectuant cete tournée en co-headlining, c’était à Paris Knut qui poursuivait la soirée. Knut qui nous ont surpris à l’annonce de cette tournée, eux qui affirmaient ne plus vouloir faire de concerts il y a encore 1 an. L’accueil unanime de leur dernier album « Terraformer » a sûrement joué, d’autant que leur musique est clairement faite pour le live.
Le groupe arrive sur scène et balance directement un son bien plus épais et travaillé que celui des Sons of Saturn, la lourdeur est ici de mise, les lumières sont tamisées, les visages fermés, c’est du sérieux.

Les premiers titres joués seront des morceaux bien violents et rapides issus des 3 derniers albums, et j’avoue avoir été un peu estomaqué, ayant du mal à rentrer dans le concert alors que je suis amateur de ces mêmes morceaux sur album. Peut-être la faute à un chanteur au comportement étrange, presque je-m’en’foutiste dont la voix sur scène était quand même moins réussie que celle de l’album, beaucoup moins puissante et présente. Mais le groupe dévie progressivement vers des titres plus lourds et lents -et d’ailleurs presque instrumentaux- et je me fond progressivement dans l’ambiance. Les titres les plus tripants de Terraformer et du précédent Challenger seront joués dont les biens noisy et lancinants « Solar Flare » et « H/Armless », le pendant doom/sludge de Knut et au final celui qui, j’ai trouvé, rendra le mieux sur scène. En effet le groupe possède un son pachydermique bien adapté à ce genre de morceaux. Mais quand je dit pachydermique c’est du genre bien bien massif et clair, le groupe maitrisant sa musique à la perfection, tous les musiciens étant très carrés, et derrière le batteur assure un rythme complexe imperturbable, le tempo ne déviant pas d’un poil, les coups sont portés de façon chirurgicale. Un rendu très pro donc qui participe à l’impression de netteté des coups de butoirs qu’ils assènent. Dommage au final le set se finira bien vite.
La salle est bien pleine et le public semble être là majoritairement pour Knut, qui seront bien acclamés à leur sortie de scène.

hororo : Quand Knut entra en scène et débuta son set avec un son bien immense et étouffant, mon avis par rapport à cette soirée venait de changer du tout au tout. Contrairement a ce que je pensais, ce n’est pas parce que Terraformer est un album au son plus organique et moins dense qu’il est plus calme et moins explosif que Challenger.
De surcroit, la présence effacée du chanteur n’affecta pas l’énergie d’un poil. Comme quoi il n’est pas nécessaire de bouger de long en large sur le devant de la scène pour en imposer. Le reste des musiciens est tout aussi peu enclin à sauter dans tout les sens mais quand on interprète des riffs monolithiques et destructeurs comme ceux là, on peut se permettre de laisser la musique parler sans avoir besoin de prouver quoi que ce soit d’autre. De plus, sur l’ensemble du set, ce concert m’aura appris quelque chose sur Knut. Alors que sur album on peut toujours s’évertuer à les comparer à d’autres entités, sur scène ils sont insaisissables et méritent toutes les acclamations que l’on a pu leur offrir ce soir, et même encore plus. Le public applaudit ses héros et ils reviennent alors bien vite après la fin du set pour un rappel constitué de deux titres de Challenger. Encore plus violents et joués avec une facilité déconcertante, ces deux morceaux achèvent de me convaincre quand à la nécessité de voir et de revoir ces types là sur scène. Merci d’avoir changé d’avis et recommencé à tourner.

jonben : Le temps d’aller prendre un peu l’air au bord du canal St Martin, Michael commence déjà quelques arpèges quand on retourne dans la salle, et la magie s’installe immédiatement, le chanteur/guitariste monopolisera littéralement l’attention tout du long du set d’Impure Wilhelmina, habité par sa musique, qu’il retranscrit au travers des riffs caractéristiques du groupe, et de sa voix lasse et écorchée. Que sa soit dans l’apitoiement ou dans la rage, Impure Wilhelmina exacerbe la tristesse, quittant rarement le mode mineur. Les riffs travaillés du groupe, souvent en arpèges saturés sont bien maitrisés sur scène malgré un son brut. Les cris hardcore sont parfaits, le chant clair parfois approximatif mais pas plus que sur album et il en est d’autant plus touchant, fragile au bord de la rupture.
La majorité des titres joués proviennent du dernier album du groupe, mais on aura également droit à un « The river » magistral d’intensité, provenant de i can’t believe i was born in july et quelques titres de leurs précédentes sorties. Quasiment pas de temps mort ni d’ailleurs beaucoup de parlotte, quelques blagues hésitantes (humour suisse powa). Seul moment de lumière, le titre « Sunburst », hymne rock à la saveur d’été ensoleillé, mais qui garde toujours cette connotation malsaine qui se manifeste rapidement au travers de breaks plus noisy, ou la basse saturée prend son ampleur.
Le groupe ne ménagera pas ses efforts, jouant assez longtemps, 1 heure et demie je pense. Inlassable et plongé dans la musique, je n’ai pas vu le set passer et je suis d’ailleurs étonné du peu de monde restant à la fin de concert, plus de la moitié de la salle qui était bien pleine ayant disparu. Forcément je ne m’en étais pas rendu compte mais il est 1h, et les derniers métros sont passés depuis déjà un moment.

hororo : Après la prestation de Knut, vous en conviendrez qu’il était difficile d’enchaîner avec quelque chose d’encore plus énorme. Alors pour Impure Wihelmina ce n’était pas gagné et j’avoue avoir eu très envie de rentrer me coucher tellement la prestation de Knut m’avait mis sur les genoux. Moins hardcore, moins technique, plus intime et plus mélodique, Impure Wilhelmina est aussi un groupe aux chansons aux mélodies douces et amères vraiment à part. Le poste de guitariste chanteur est honoré avec brio et bien que la voix criée de celui ci ne sois pas aussi intense en émotion que sur album, il reste tout de même de bien belles mélodies à se mettre dans les oreilles. Et puis le simple fait qu’il réussisse à assurer les deux fonctions en même temps est déjà assez remarquable. Cependant quand Knut se révèle véritablement sur scène, Impure Wihemina perd un peu en précision mais gagne en dynamisme en étant tout simplement plus rock et plus brut. Qu’importe si les chansons ne sont pas parfaitement retranscrites sur scène, la conviction est manifeste chez chacun d’entre eux.
Je ne suis pas sorti de la salle la larme à l’oeil mais avec le sourire de contentement de celui qui vient d’assister à des représentations aussi complètes les unes que les autres. Dommage tout de même que le son des guitares ne laissait parfois pas assez filtrer les mélodies par rapport à la distorsion des riffs les plus lourds. Alors voila, au final deux émotions bien différentes et des groupes aux personnalités bien taillées qui méritent tout les deux autant d’être vus sur scène.

jonben : Au final un très bon concert bien prenant, avec un Knut très pro et d’une puissance phénoménale, mais un peu froid et mécanique, surtout en comparaison avec l’émotion exacerbée d’Impure Wilhelmina, dont le set malsain et bien mené m’a vraiment impressionné.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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7 Commentaires

  1. FireCat says:

    Excellent concert, avec un Knut écrasant de puissance. Le chanteur effectivement avait une voix assez faible par rapport a celle sur album. Par contre Jambi ils n’ont pas joué H/Armless ;) C’est une de mes chansons préférées du groupe et j’espere qu’il sla oueront au Batofar. En titres lents on a eu « Solar Flare » et « Crouch ».
    Impure Wilhelmina était excellent aussi mais j’etias assez fatigué et je n’ai pas pu profiter pleinement de ce qu’ils dégagaient , dommage …

  2. Florent says:

    Knut, qu’est ce que c’était chiant…. Pas de charisme, 3 mns de blanc entre chaque morceau, pas d’osmose au sein du groupe…. Rarement je me suis autant emmerdé à un concert. Impure W par contre c’était bien rock (avec tout ce que ça comporte d’imperfections), j’ai vraiment apprécié. Mitigé donc, d’autant que j’ai vraiment pas accroché à SoS :s

  3. fewz says:

    excellent concert… une bonne surprise de la part de Sons of Saturn,renvoyant au meilleur du screamo US.
    Un Knut semblableà un pachiderme sous sédatif: ENAAUUURRRME!
    Impure Wilhelmina sensible, accrocheur, rageur, et puissant.
    Vraiment un excellent concert!!!

    par contre jonben,je ne sais pas si on peut parler « d’accueil unanime pour Terraformer »… j’ai lu vraiment beaucoup de détracteurs.

  4. jonben jonben says:

    Ouaih peut-être, alors unanime sur Eklektik! :)

  5. jonben jonben says:

    Elles sont cool les photos de krakou je trouve!

  6. fewz says:

    wè elles sont cool parce qu’il a taxé mon spot pendant le concert! :p

  7. zurb says:

    ha non Joben, c’était pas unanime sur Eklektik… j’y avais mis mon graine de sel héhéhé

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