Temnozor – Folkstorm of the Azure Nights

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Style: black folkAnnee de sortie: 2005Label: Stellar Winter

Voilà une rude tache qui s’offre à moi… Chroniquer un album de Temnozor c’est un peu comme pratiquer du funambulisme au dessus d’un ravin de 25 mètres avec une horde de crocodiles affamés à l’arrivée. Pourquoi ? Tout simplement parce que le message de Temnozor est très clair et que leurs orientations politique sont, disons le, plutôt extrêmes. Maintenant j’ai fait le choix de m’occuper de la musique uniquement, sans m’occuper de tout ce qui gravite autour. Et pourtant dieu sait qu’avec Temnozor, on a beau faire des efforts, quand on feuillette l’intérieur du livret de Horizons… (précédent effort du groupe) et que l’on trouve en dernière page un mec tendant le bras d’une façon très explicite c’est pas évident. Et comble du gonflé, les paroles sont intégralement traduites dans le livret pour que tout le monde puisse comprendre le message dérangeant qui s’écoule dans nos oreilles, pourtant craché en russe à la base. Mais voilà Horizons… bien que jouissant du chant clair que je qualifierais volontairement d’un des plus atroces qu’il m’ait été donné d’entendre, se classe facilement parmi les meilleurs disques de black folk. C’est dire si j’attendais le retour de Temnozor avec impatience.

Petite présentation en règle du groupe. Difficile de parler d’un line-up dans Temnozor tant il n’est jamais vraiment décrit, on sait plus ou moins que le groupe se concentre autour du noyau dur de la scène NSBM russe avec dans ses rangs un ex-Rakoth. Autour de ce noyau gravite une dizaine de personnes avec des passages remarqués de Vargoth et Saturius de Nokturnal Mortum. Evidemment, le groupe délivrant un message tellement extrême, les protagonistes semblent obligés de garder l’anonymat et c’est donc dans un flou total que sur Horizons… nous apercevons 4 musiciens présumés. Difficile donc de dire si telle ou telle personne chante, qui tient la guitare etc etc, c’est donc en aveugle qu’on se lance dans une chronique de ce genre.

Une chose est en tout cas sûre dès le premier morceau, le chanteur est toujours le même avec son chant atypique mais qui se marie tellement bien avec la musique qu’on ne peut même pas lui reprocher. On reconnait ce qui faisait de Horizons… un album si spécial avec son chant minable mais propice à la musique. Ici notre homme a, manifestement fait des progrès mais il parait de toute évidence encore bien loin d’être en mesure de gagner la nouvelle star. Evidemment ce genre de problèmes est vite réglé quand notre « ami » (à moins que ca ne soit pas le même gus) chante en voix black, dans lequel des problèmes de justesses sont plus que difficilement notables. Cette voix black justement n’est jamais vraiment extrême, plutôt une sorte de grognement très très loin des cris surpuissants de Vargoth avec NM par exemple.
Notable aussi la variété de ce nouvel album, alternant passages typiquement folk russe comme sur le très doux « Where the Lazure Skies Tear the Hearts Appart » et des passages de black bien agressifs à souhait comme sur « Vranakrik ». Le panel de sentiments brassé est donc très large tout en gardant comme dénominateur commun cette rage, cette haine qui alimente une grande partie de la scène des pays de l’est. Ainsi, même les morceaux les plus folks laissent transpirer cette rage qui transpirait déjà dans les albums précédents. Encore une force du groupe. Ecoutez par exemple ce superbe « Watch the Falcon Fly », mélangeant habilement folk et haine. Les morceaux sont d’ailleurs relativement longs, affichant pas loin de 8 minutes pour chaque, soit un total honnête de 45 minutes de musique au total. Inutile de dire qu’en autant de temps, le groupe a le temps de peaufiner ses morceaux.
Comment parler de ce disque sans s’arrêter quelques secondes sur la pochette. En même temps inutile d’en parler pendant 7 ans, on regarde et on trouve ça superbe.

La production est également à la hauteur de la qualité du disque, propre, léchée, plus travaillée encore que sur le dernier NM pour situer. Les instruments sont tous bien audibles, les flutes en avant, la basse en arrière, la batterie discrète, et bien évidemment le clavier au premier plan. Car la musique de Temnozor c’est essentiellement ça, basée sur les claviers appuyés ça et là par des guitares, parfois sèches, parfois saturées.
Alors évidemment les aspects politiques rebuteront certaines personnes, qui laisseront passer par là même un très très grand album de black folk. Les autres se réjouiront à l’écoute de ce qui est sans doute un des meilleurs combos venu de l’est.
Allez, embarquez sur le bateau, et en route ! Grand !

  1. folkstorm of the azure nights
  2. vranakrik
  3. where the lazure skies tear the hearts apart
  4. watch the falcons fly
  5. as the autumn razors sing above my veins
  6. arkona
  7. tell me, ye scarlet dewscented sunrises
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11 Commentaires

  1. krakoukass Krakoukass says:

    Avant que d’éventuels commentaires ne viennent en parler, j’enfonce le clou déjà planté par Dah-Neir : on ne cautionne pas ici les messages nauséabonds et abrutissants de ce genre de groupes à l’étiquette plus que détestable.

  2. AlCheMist says:

    Mais quels éventuels commentaires ? :OP
    On peut en débattre ici, sans que ça vire à foire d’empoigne hein… Musicalement je ne doute pas une seconde des qualités avancées par Dah-Neir. Pour le reste, chacun voit midi à sa porte. Et la mienne restera close à ce genre de groupes sans que je jette l’opprobre sur ceux qui les écoutent sans se soucier de l’idéologie qui les accompagne. Mais à mon sens, la musique est un tout et les paroles en font partie. Je ne dissocie pas les deux et quand ça ne me plaît pas, je passe mon chemin.
    Pour revenir à des points moins controversés, il est vrai que la pochette est absolument splendide. Vouélé…

  3. Ellestin says:

    Les paroles n’ont rien de tendancieux – juste pour info.
    Un album complet et inspiré dont les qualités épiques enflent la poitrine sans effort.

  4. Solarfall says:

    Un grand grand grand moment de bonheur cet album, qui me rappelle par moment le Rakoth de la belle époque, notamment par la flute et le ton particulièrement suave des mélodies.
    Inspiré, juste, et tout simplement beau, je découvre un peu tard sans doute un des tout meilleurs albums de 2005.

  5. Monster says:

    Interessant… Je connais ce groupe russe juste de nom, vais essayé de choper ça…

  6. citizen says:

    Les parties guitare accoustic merite bien 18 sur 20, mais pour le reste je mettrais pas plus de 8 sur 20. La voix, la flute et les parties de synté est absoluement insuportable !!!

  7. Solarfall says:

    T’es fou toi, le chant est particulièrement soigné, et la flûte donne un charme exceptionnel au disque.

  8. Florent says:

    Arf si Solarfall conseille ce skeud, c’est pas forcément bonne presse pour celui-ci ;-)

  9. Joss says:

    Arf, les webzines changent mais les éternelles gué-guerres restent :-s

  10. Solarfall says:

    @Joss : peut-être sauf que là j’ai raison ! ;o)
    Une des perles de 2005, et un des meilleurs album du style qu’il m’a été donné d’écouter, tout simplement.

  11. Julio says:

    Les paroles n’ont rien de tendancieuses.

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