Rotting Christ – Theogonia

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Style: black metalAnnee de sortie: 2007Label: Season Of Mist

Ce n’est pourtant pas faute d’essayer, mais rien ne semble y faire : Rotting Christ, à l’orée de ses 20 bougies, continue à garder cette injuste image de second couteau du métal noir, alors même que Septic Flesh n’est plus, et que la place est donc théoriquement libre au sommet de l’Olympe. C’est d’autant plus incompréhensible vue la magistrale qualité de Sanctus Diavolos sorti en 2004 (et sans parler des opus précédents). C’est à n’y rien comprendre et à désespérer pour eux.

Mais le grec est combatif, et Sakis en est un parfait exemple. Le leader incontesté du Christ Pourrissant en a encore dans les manches, et Theogonia, s’il n’est pas parti pour changer la face du métal, donnera au moins encore l’occasion à bien des commentateurs potentiellement éclairés, de se lamenter sur l’injustice de l’absence de reconnaissance qui frappe ce grand groupe.

Du reste, Sakis ne change pas une recette qui (n’) a (pas encore) fait ses preuves. Ce nouvel album est encore (comme les 2 précédents du moins) un album de black/dark metal moderne aux ambiances particulièrement marquées et marquantes (le superbe « Nemecic », son chant féminin et ses violons orientaux entêtants) : une orchestration magnifique, des riffs solides et la voix toujours aussi particulière de Sakis (et son accent anglais « inimitable ») sont toujours au rendez-vous de ce nouveau chapitre, avec en sus, une production à mille lieux des productions trve, puissante et chaude, assurée par Sakis lui-même.

Les bases sont les même, mais que cela ne nous empêche pas de relever de subtiles différences, au moins avec Sanctus Diavolos le grand frère direct. Theogonia est en effet a priori plus accessible et plus direct que son prédécesseur (« Enuma Elish » tout en restant du Roti de Christ, semble lorgner quelque peu du côté de Amon Amarth dans son riffing) mais sans que cela nuise à la qualité et à la finesse des arrangements proposés par le groupe. Le son est aussi plus puissant et moderne que sur Sanctus qui jouissait d’un son assez sec et moins ample.
Notons aussi que l’ambiance semble encore plus « world » ou en tout cas folklorique que par le passé et toujours aussi délicieusement dépaysante : pas forcément grecque en tant que telle, mais clairement orientale dans les sonorités (« Gaia Tellus » par exemple). L’on sait du reste que Sakis loin d’être tenté, comme certains le sont, par l’injection d’éventuelles sonorités futuristes ou cyber dans sa musique, reste au contraire très attaché à une conception épique et traditionnelle du genre, lorgnant toujours sur les contrées de la bande originale de film guerrier et non moins épique (vous chevauchez les dunes de sable à la rencontre de l’ennemi sur « Rege Diabolicus ») à grands renforts de chœurs encore une fois pièce maîtresse de l’échiquier du chrichri d’amour.

Les grands moments ne manquent pas : le précité « Nemecic », le magnifique et épique « Gaia Tellus », le très bourrin « Helios Hyperion » et son intro mystique, et les inratables typiquement chrétiens pourris « The Sign Of Prime Creation » et « Keravnos Kivernitos ». Nul doute que les amateurs du groupe (il y en a quand même merde !) seront à coup sûr ravis.
Mais les autres maintenant, il est plus que temps de découvrir ce groupe et de prendre le train en marche. Vous êtes amateurs d’ambiances épiques, aimez Melechesh ou (dans une moindre mesure) Amon Amarth ? Sachez que Rotting Christ tape dans un style proche (plus dark, moins thrash) et avec au moins autant de classe (l’expérience en plus) et une sincérité inébranlable.

Si je conserve personnellement une préférence pour Sanctus Diavolos, un rien plus ambitieux et plus varié dans son propos (et sur lequel « Athanati Este » reste indétrônable), ce Theogonia se situe au moins au niveau de Genesis duquel il est certainement le plus proche en terme de style. Un excellent album, une fois de plus, qui devrait à coup sûr faire partie des sorties marquantes de cette nouvelle année.

PS : A noter que l’album sort notamment dans une édition limitée qui contient un DVD bonus certes moyennement intéressant, mais parée d’un packaging absolument magnifique qui vaut le détour.

  1. the sign of prime creation
  2. keravnos kivernitos
  3. enuma elish
  4. gaia tellus
  5. helios hyperion
  6. nemecic
  7. he, the aethyr
  8. phobos’ synagogue
  9. rege diabolicus
  10. threnody
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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2 Commentaires

  1. Manumal says:

    La flemme de décrire vraiment cet album ,ce qui est sûr c’est que c’est un très bon album que je situe entre le black et le dark metal en fait . La production est très bonne ,les riffs sont efficaces les arrangements aussi ,bref tout pour plaire

  2. Khayman says:

    ca fait plaisir de lire ce genre de chroniques, ce groupe manque cruellement de support chez nous malgre ses qualites evidentes.
    Theogonia est plus porte sur les guitares que Sanctus Diavolos et ses orchestrations flippantes, de ce fait je le comparerais egalement a Genesis.
    Un tres bon album, Rotting Christ continue son petit bonhomme de chemin et il serait temps que les gens s’y interessent de plus pres.

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