American Football – American Football

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Style: indie rock / emoAnnee de sortie: 1999Label: Polyvinyl Records

A l’instar de Texas Is The Reason, American Football fait partie de ces groupes qui n’ont malheureusement jamais passé le cap du deuxième album, mais qui laissent derrière eux des disques qui ont marqué toute une scène, et qui sont souvent cités comme références.
Formé vers la fin des années quatre-vingt-dix par Mike Kinsella (Cap’n Jazz, Joan Of Arc, Owen), Steve Lamos (The One Up Downstairs, The Firebird Band, The Geese), et Steve Holmes (The Geese) à Urbana dans l’Illinois, le groupe ne sortira en effet qu’un EP en 1998, suivit de cet album l’année suivante.

Proposant un indie rock planant, un brin jazzy et teinté d’une touche d’emo, le trio prouve qu’il maîtrise son sujet tout au long de ces neuf titres tout simplement somptueux et dépaysants à souhait. Pas de grosses guitares ni de rythmes effrénés au programme : juste trois musiciens qui pratiquent une musique touchante, envoûtante et qui vient des tripes. Flirtants parfois avec le post-rock (Stay home, The one with the wurlitzer), les compositions du combo offrent de nombreuses facettes et explorent diverses sonorités tout en évoluant toujours dans un registre très calme et apaisant.
En un peu plus de quarante minutes, le groupe vous fera naviguer entre des titres aux ambiances feutrées et jazzy agrémentés de trompette et d’orgue (The summer end, For sure, The one with the wurlitzer), et d’autres qui optent pour une approche un poil plus nerveuse, mais toujours aussi aérienne et mélodique (Never meant, Honestly, You know you should be leaving soon, I’ll see you when we’re both not so emotional).
Impossible de ne pas se laisser happer par cette succession de titres plus prenants les uns que les autres et avec lesquels l’évasion est garantie. On se laisse aller aux aléas des coups de médiator alors que les guitares tissent leur toile de notes cristallines, tandis que la basse et la batterie – au jeu discret, chaleureux, et subtil – rythment vos pulsations, qui ralentissent au fur et à mesure que les secondes défilent. Les yeux se ferment, on oscille entre conscience et somnolence, et c’est là que la magie de la musique du groupe commence à opérer. On s’imagine en haut d’une colline, contemplant de vastes étendues sauvages verdoyantes à perte de vue, alors qu’une douce brise nous caresse le visage et s’entremêle dans nos cheveux. L’image peut faire sourire, mais il est indéniable que cet album offre un dépaysement total et garanti. L’essayer c’est l’adopter…

Malgré un passage éclair au sein d’une scène alors en plein essor, le groupe a réussi à marquer les esprits avec cet album qui n’a pas pris une ride, et dont la puissance musicale et émotionnelle est restée intact. Alors si la scène emo a tendance à vous gaver et vous laisser un goût de redite dans la bouche, je ne saurai que trop vous conseiller de donner sa chance à cet album qui trouvera certainement sa place dans votre CDthèque.

  1. never meant
  2. the summer ends
  3. honestly ?
  4. for sure
  5. you know i should be leaving soon
  6. but the regrets are killing me
  7. i’ll see you when we’re both not so emotional
  8. stay home
  9. the one with the wurlitzer
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2 Commentaires

  1. pf-inferno says:

    bravo pour cette chro. ça fait plaisir d’entendre parler en bien de cet excellent groupe malheureusement méconnu dans nos contrées, comme la plupart des projets de la famille Kinsella d’ailleurs…

  2. grokonar says:

    Cette chronique homosexuelle est une très mauvaise mise en marché pour un produit pourtant exceptionnel de qualité dosée. American Football c’est l’émo-mathrock à son meilleur, des cisèlements sonores qui te mettent sur le haut. Et on comprend mieux d’où viennent This Town Needs Guns par exemple.

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